lundi 10 janvier 2011

Starsky et Hutch

New York (NY), avril 1988

Une voiture sur deux ressemblait encore à celles que l'on voit dans les vieux Starsky et Hutch... C'est à des petits riens comme cela que l'on réalise à quel point le monde a changé depuis la fin des années 80 !

dimanche 9 janvier 2011

Fractals everywhere

Mathematics Department, Yale University
New Haven (CT), avril 1988

L'image retrouvée d'un bureau de passage et le souvenir ravivé de celui de Benoit Mandelbrot à quelques dizaines de mètres de là...

samedi 8 janvier 2011

Parking public

Madison (WI), août 2007

vendredi 7 janvier 2011

jeudi 6 janvier 2011

Chambres d'hôtel (45)




Madison (WI), août 2007

Il fait nuit noire sur Madison (WI), et la fenêtre bien réelle du Best Western Inn on the Park ne voit plus passer depuis longtemps les silhouettes pressées dont l'ombre s'allongeait le soir sur le ciment griffé de S. Hamilton St. Ne reste éclairée que la fenêtre virtuelle du téléviseur dont on ne sait trop si elle ouvre sur un monde vers lequel s'évader, fût-il absurde et fragmenté, ou si elle ne le fait pas plutôt entrer dans la chambre, en un flot hypnotique à la fois toujours changeant et pourtant identique à lui-même, minute après minute et chaîne après chaîne.

mercredi 5 janvier 2011

n&b (12)

Madrid, octobre 2008

mardi 4 janvier 2011

Rio-Berkeley

Tokyo, octobre 2010

lundi 3 janvier 2011

Wal*Mart

Madison (WI), août 2007

dimanche 2 janvier 2011

En attendant le 67

Madison (WI), août 2007

jeudi 23 décembre 2010

Ped Xing

Madison (WI), août 2007

mercredi 22 décembre 2010

Notes (3)


Bien que sa chemise blanche soit ajustée, elle lui rappela celles que les filles de sa jeunesse aimaient d'autant plus emprunter à leur père qu'elles étaient trop grandes.

mardi 21 décembre 2010

La vie des livres (10)


Ce que l'on sait, nous, c'est que cet exemplaire-là de son livre, l'auteur l'a eu un jour en main, qu'il en a tenu ouvertes les premières pages et qu'il y a écrit quelques mots à destination d'une connaissance ou d'un obligé. Ce qu'il ne sait sans doute pas, lui, c'est que son livre — qui n'aura ainsi jamais connu les rayonnages d'une librairie — a rebondi presque aussitôt pour attendre preneur à quelques francs dans les bacs d'un libraire-éditeur, en bonne compagnie d'autres ouvrages estampillés "service de presse" ou dédicacés de même manière. Et entre lui et nous, le fil invisible de cet inconnu — rendu désormais anonyme de trois coups de ciseaux — qui en aura assuré la circulation comme il l'aurait fait d'un billet de banque.

lundi 20 décembre 2010

Notes (2)


En la voyant dessiner de petits ronds en guise de points sur les "i", il pensa que c'était là un de ces signes par lesquels il reconnaissait presque à coup sûr l'écriture d'une fille sur les copies anonymes qu'il lui arrivait de corriger.

dimanche 19 décembre 2010

Amériques (25)

Orlando (FL), avril 2002

samedi 18 décembre 2010

Paysage urbain

Marseille, octobre 2009

vendredi 17 décembre 2010

Notes (1)


De son enfance, elle avait gardé de petites habitudes comme noter les numéros de téléphone au feutre sur le dos de sa main.

jeudi 16 décembre 2010

mardi 14 décembre 2010

Jardins royaux

Copenhague,
septembre 1986

pour Alain Poisson

lundi 13 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

City lights (5)

Singapour, décembre 2009

samedi 11 décembre 2010

Trottoirs de Buenos Aires

Buenos Aires, 29 août 2010

Vent et froid ce matin, ce n'est pas tant le printemps qui commence que l'hiver qui s'accroche et rechigne à finir.
Levé tôt, on marche dans des rues où le patchwork des trottoirs a quelque chose d'un pantalon de jardinier. Dents creuses bâchées des parkings offrant un peu partout une échappée vers le ciel entre deux immeubles ayant porté beau et répétition à l'identique des "kioscos" ouverts sur la rue, le centre-ville bégaie. Les terrasses qui sont en place sur les trottoirs de Santa Fe attendent l'après-midi pour se remplir un peu ; avant, on se réfugie à l'intérieur de l'un quelconque de ces bars que l'on trouve à chaque intersection ou presque.
Taxi jusqu'à la Plaza Dorrego et exploration des alentours avant que l'animation du marché aux puces s'installe. Silence de dimanche matin, squares déserts, boutiques fermées. Un peu plus tard, mélange d'improbable dès que l'on s'écarte du périmètre touristique et de répétitif lorsqu'on revient plonger dans son industrie vibrillonnante. Passé midi, la foule qui va et vient sur Defensa jusqu'à la Plaza de Mayo glisse le long d'étals d'artisanat indifférenciables. De ci de là de la musique, parfois des musiciens.
On hésite entre rentrer à pied ou prendre un taxi, ce sera à pied.

vendredi 10 décembre 2010

C'est la vie

Singapour, décembre 2009

jeudi 9 décembre 2010

Cafés (14)

Buenos Aires, 29 août 2010

mercredi 8 décembre 2010

Cafés (13)

Buenos Aires, 29 août 2010

mardi 7 décembre 2010

Cafés (12)

Lyon, 4 décembre 2010

lundi 6 décembre 2010

Alice dans la ville

Dallas (TX), mars 2010

dimanche 5 décembre 2010

Amériques (24)

octobre 1992

De Seattle à Victoria, à peine un saut de puce. Quelques dizaines de minutes de vol dans un coucou d'une vingtaine de places, oiseau de métal spartiate et sans chichis, riveté comme un Soyouz. Et, volant au ras de l'eau, l'impression d'être dans le ventre de la baleine.

samedi 4 décembre 2010

Amériques (23)

Narragansett (RI), juillet 1986

vendredi 3 décembre 2010

Amériques (22)

Baltimore (MD), novembre 1994

jeudi 2 décembre 2010

Rome 2010

Rome, 2010

mardi 30 novembre 2010

Photos que l'on aurait pu prendre (15)

En transit pour Varsovie où le train du lendemain les conduirait, ils étaient arrivés à Berlin dans l'après-midi, sans point de chute ni la moindre idée d'où en trouver un. La ville, en cet automne 81 où les frémissements venus de l'Est se faisaient insistants, offrait une image d'activité et de désordre pressé (la première photo, prise non loin de la gare, montre au loin les banderoles déployées aux façades d'immeubles squattés et, au premier plan, la chaussée jonchée de tracts d'une manifestation qui vient à peine de se disperser). Ils avaient localisé sans peine un de ces cafés "alternatifs" qui pullulaient alors, avec l'espoir qu'une rencontre les aide à trouver une solution pour la nuit. Leur allemand étant par trop approximatif, c'est en anglais qu'ils s'étaient adressés au barman, lequel leur avait proposé sans autre façon de les héberger (la photo, prise à la volée, ne rend qu'imparfaitement justice à sa moustache et son profil de viking, et pas du tout à sa longue queue de cheval). Nikolaus Kalman (nom facile à retenir) leur avait ainsi donné rendez-vous après son service — ce qui voulait dire pas avant une heure du matin — mais dans un autre bar, en fait plutôt un club de musique dont le nom, oublié, contenait sans doute au moins un "x" et un "u". Lorsqu'ils y entrèrent vers minuit, ils eurent l'impression d'être dans un article d'Actuel du genre "C'est à Berlin que ça se passe" (dommage que la photo soit en noir et blanc, on ne peut qu'imaginer les couleurs fluo des crêtes). Au milieu des cuirs de silhouettes improbables, dans une atmosphère saturée de fumée et les oreilles massées par une musique répétitive et assourdissante, ils se sentaient à la fois totalement étrangers et curieusement bien (mais sans ressentir l'envie de faire des photos). Ce n'est qu'après deux heures que NK arriva, les entraînant de suite à l'extérieur pour les conduire à moto chez lui. La traversée de la ville fut plus cinématographique que photographique, un long plan-séquence enchaînant des rues désertes et le ballet hypnotique de feux réglant dans le vide une circulation fantôme. Lorsqu'ils arrivèrent, c'était dans une rue encore animée dont les maisons, toutes à l'identique, déclinaient leur entrée à l'anglaise, avec une volée de marches conduisant à un entresol et, de part et d'autre, une vue plongeante sur les fenêtres de pièces semi-enterrées. NK habitait en hauteur, les premiers étages étant réservés à des occupations beaucoup plus temporaires. Tout en montant, NK leur présenta brièvement les jeunes femmes en faction sur les marches, qu'il embrassa et qu'ils se contentèrent de saluer. Ouvrant la porte de son appartement, il ne prit pas la peine d'entrer, leur expliqua qu'il avait un autre rendez-vous, qu'ils pouvaient s'installer comme bon leur semblait et qu'il suffirait de claquer la porte en partant au matin. Sur la dernière photo, on voit le mot de remerciements qu'ils griffonnèrent à leur départ et laissèrent en évidence sur la pochette d'un Led Zeppelin.

Fiat Lux

Vienne, septembre 2004

lundi 29 novembre 2010

Dorotheergasse

Vienne, septembre 2004

dimanche 28 novembre 2010

Photos que l'on aurait pu prendre (14)

Bucarest, mai 1995

Autant je pourrais expliquer pourquoi j'ai gardé cette photo, autant je ne saurais vraiment dire pourquoi je l'ai prise. Il y a dans la "photographie de rue" un côté "marché aux puces" ou "vide-grenier", au sens où y aller avec une idée précise de ce que l'on espère y trouver non seulement se transforme souvent en déception, mais encore accapare le regard et le ferme en quelque sorte à autre chose de plus inattendu. La différence est quand même qu'une photo de rue ne se marchande pas, quelque chose s'impose et tout va très vite, on verra bien après... Alors, pour une photo prise, combien de "que l'on aurait pu prendre", de découpes virtuelles restées immatérielles, d'instantanés mentaux parfois sitôt oubliés et d'autres fois étonnamment prêts à se rappeler à notre mémoire ? De temps en temps donc, une photo comme réalisation effective d'une potentialité infinie, juste une note prise à la volée d'une réalité qui a bien dû exister puisque la photo en porte la trace, jusque dans ses détails qui avaient pu alors nous échapper...

samedi 27 novembre 2010

n&b (11)

pour Franz


La Fémis
Paris, 26 novembre 2010

Noir de la nuit qui tombe sur la rue Francœur et Renoir pour la salle. Blanc de l'écran avant la projection et re-blanc après... Entre les deux, cinquante-deux minutes au Havre pour un portrait, non de ses habitants — que l'on ne voit pas ou si peu —, mais d'une ville sujet, arpentée aujourd'hui en longs travellings, exhumée de ses archives d'hier, écoutée dans la voix de ceux qui l'ont faite, regardée en gros plan dans le grain et les fausses couleurs de ses cartes postales. La reconstruction en fil directeur, celle bien réelle de la ville tout autant que celle, tremblée comme un film en super 8, des souvenirs qu'on pourrait en avoir, et avec elle ce paradoxe d'une modernité absolue et "idéale" dont aujourd'hui, à peine cinquante ans plus tard, on cherche déjà les traces à la recherche perdue d'avance de la boutique disparue d'un gantier ou d'un chapelier, de l'enseigne de "Bauer" ou du "Bar du caïd". Et puis Le Havre ville aux entresols, comme si l'architecture elle-même marquait une distance avec ce sur quoi tout a été rebâti et qui n'a pas de nom, mélange en vrac de la vie d'avant à laquelle seuls les noms gardés de quelques rues font encore écho. Et aussi, et encore... j'arrête... merci Franz de nous avoir, de si belle manière, écrit du Havre !

vendredi 26 novembre 2010

jeudi 25 novembre 2010

Mariage (2)

Beaujolais, juin 2008

mercredi 24 novembre 2010

Passerelles (35)

 Toulon, années 90

Bangalore, 2002

mardi 23 novembre 2010

lundi 22 novembre 2010

Comme un arbre dans la ville

Paris, 5 novembre 2010

dimanche 21 novembre 2010

Cinéma, Cinémas (19)


Le plan fixe s’ouvrirait en silence sur l’herbe seule, peut-être juste un peu de vent et l’écho très étouffé de bribes de conversations lointaines. On entendrait ensuite un crissement allant croissant, que l’on associerait sans peine à l’approche d’une voiture sur une allée de gravillons, et le nez d’une limousine luxueuse entrerait dans le champ pour s’y arrêter aussitôt. Quelques secondes passeraient avant que le moteur n’en soit coupé et qu’une première portière, puis une deuxième, ne soient ouvertes et refermées tour à tour dans un claquement feutré. Le rire léger que l’on entendrait alors serait celui d’une femme dont on devrait se contenter de deviner la grande beauté et dont les pas pointus doubleraient ceux, plus lourds, d’un homme à ses côtés. Le gravillon crisserait encore, quoique différemment, et tout retournerait lentement au silence et à l’immobilité.

samedi 20 novembre 2010

La maison (5)


Le long de la façade côté jardin, entre précisément la partie d’habitation et l’aile qui abritait l’atelier, courait verticalement une longue fissure. S’il était bien sûr dans la nature des choses que les murs ainsi « travaillent », je ne peux m’empêcher d’y voir un signe, quelque chose comme la matérialisation du temps qui passe et qui marque imperturbablement ses points de ruptures en autant d’avants et d’après irréversibles. D’abord cette ligne de fracture entre la vie « bourgeoise » et celle d’ « artiste », amplifiée lorsque celle-ci n’a plus de raison d’être hors dans le souvenir qu’on en perpétuera — en un étonnant paradoxe — dans celle-là. Et puis toutes les autres que le hasard des liens ou des guerres auront creusées, suivre la tradition pharmacienne familiale à contre-cœur, la lâcher mais ne pas savoir choisir entre musique et peinture, changer de nom à l’ombre de son frère. Lignes de partage pour moi aussi dès l’instant tardif où j’ai commencé à savoir tout cela, mais cicatrice en même temps, d’autant plus mal refermée qu’on ne la laisse pas en paix. Alors cette maison, j’y suis très peu allé, pour de bonnes et de moins bonnes raisons, y repensant parfois de loin, très loin, par images interposées, là une porte sur un jardin par Bonnard ou, ici, l’enfant au piano de Matisse auquel, en prenant cette photo, je tourne le dos. Le MoMA est presque vide en ce matin du printemps 1988, je m’assieds pour dessiner tranquillement la toile. S’il faut un détail, c’est la mèche de l’enfant mais je m’applique à reproduire l’ensemble. Là encore, je ne sais pas si je pense à mon grand-père lorsque je superpose au dessin terminé le profil un peu flou d’un visiteur qui passe. Je referme mon carnet et reste encore assis un moment. Dehors, il pleut sur New York. Je suis bien.

vendredi 19 novembre 2010

jeudi 18 novembre 2010

Delly Fiction

"L'Exilée, c'est Myrtô Elyanni, orpheline riche de sa seule beauté, que recueille en Hongrie sa cousine la comtesse Zolyani. Les détestables filles de celle-ci mènent la vie dure à la fière et belle étrangère. La douceur de Myrtô gagne l'affection de Renat, jeune fils du prince Arpad qui a perdu sa femme et traîne un deuil orgueilleux et glacé. Pendant une dangereuse épidémie, Myrtô sauve l'enfant au péril de sa vie. Triomphera-t-elle de même des drames que la jalousie et l'ambition ont noués autour d'elle ? Verra-t-elle le bonheur lui sourire dans son exil ?" (L'Exilée;)