Affichage des articles dont le libellé est Mexique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mexique. Afficher tous les articles

vendredi 21 novembre 2014

vendredi 25 juillet 2014

mardi 22 juillet 2014

lundi 21 juillet 2014

lundi 11 novembre 2013

Phone home

Vol BA635 Lyon-Londres,
7 novembre 2013

New York (New York), août 1981. Premier voyage aux États-Unis. À peine arrivé à l'aéroport, il me faut confirmer un rendez-vous par téléphone et, si je n'ai pas de difficulté à repérer un peu partout les alignements des appareils publics — ces gros blocs de métal que l'on a appris à connaître par les films —, il me faut juste me munir auparavant de suffisamment de quarters pour la communication, patienter ensuite en entendant le grésillement caractéristique de la sonnerie à l'autre bout — avec une pensée pour Hitchcock et "Le crime était presque parfait"... —, et surtout passer l'épreuve de la conversation, en anglo-américain et dans le bruit touffu de l'aérogare. Après avoir raccroché, j'espère avoir tout bien compris du lieu, du jour et de l'heure...

Massachusetts, août 1981. Comme pour la plupart de mes déplacements de ces années-là, c'est sans réservation que j'ai débarqué à New York. Après quelques nuits en YMCA, le plus simple pour me rendre à Woods Hole où j'ai rendez-vous est de prendre un bus Greyhound mais il y a des grèves, des manifestations avec des pancartes "Stop Reagan's war on the poor", des occupations de gares routières, et je me retrouve en rade dans un motel surplombant une autoroute. J'appelle chez mes parents et c'est ma mère qui me répond. Je lui parle en regardant dans le vague à travers la fenêtre, notre conversation épisodiquement couverte par le trafic des voitures en contrebas.

Tampa (Floride), octobre 1983 (pourquoi pas ?). C'est d'abord à la chaîne que j'introduis les pièces dans la fente du taxiphone, puis je les glisse ensuite une à une, rappelé régulièrement à l'ordre par un message avertissant de la coupure imminente. Comme souvent, la monnaie vient à manquer, et je gaspille alors les derniers instants à ne rien dire d'autre que "Je n'ai plus de pièces..." ou "Il n'y en a plus pour longtemps...". D'autre fois, je jouerai la prévoyance et j'aurai le temps de transmettre le numéro de la cabine pour me faire rappeler. Je dégusterai alors le plaisir égoïste de laisser sonner plusieurs fois — là, au milieu de la rue, des passants et des klaxons — avant de décrocher.

Pékin (République Populaire de Chine), avril 1986. La chambre de l'Hôtel de l'Amitié est immense, à l'image de ce qu'il a pu être dit de l'amitié sino-soviétique du temps où celle-ci a justifié la construction de celui-là. Sur le bureau, posés à côté d'un pot de fleurs, on peut voir une lampe sur un napperon brodé et un téléphone en bakélite, dodu comme un bouddha. La ligne n'est pas directe, il faut passer par un opérateur. D'abord incrédule, je dois me rendre à l'évidence que la communication s'établit avec facilité et j'appelle la maison avec le sourire un peu bête des enfants gagas de leur nouveau jouet. Tout va encore bien.

Kingston (Rhode Island), juillet 1987. Un bureau de visiteur, c'est toujours un peu la même chose. Une pièce vide avec une ou deux tables vides et des étagères vides... Où que l'on regarde, ce ne sont partout que lignes et angles droits, à l'exception du long fil qui serpente depuis une prise au mur pour se raccrocher à un téléphone gris et solitaire servant surtout d'interphone. Le premier jour, j'attendrai l'appel du rendez-vous pour le déjeuner mais, les habitudes sitôt prises, "mon" téléphone ne sonnera plus guère et, relégué derrière des papiers aux piles peu à peu montantes, j'oublierai jusqu'à sa présence.

San Francisco (Californie), mars 1992. Il fallait en ce temps-là confirmer auprès de la compagnie aérienne son vol retour, par téléphone et au plus tard la veille. Faute de l'avoir fait, c'est à l'aéroport que je découvre que TWA a annulé le San Francisco-New York du jour, avec à la clé un départ re-programmé a priori le lendemain à la même heure, un logement de transit dans un hôtel à quelques kilomètres et la consigne d'y attendre un appel pour d'éventuelles instructions. Peu enclin à connaître l'angoisse des acteurs se morfondant devant un combiné désespérément silencieux en priant que leur agent les appelle (ou des politiques espérant leur entrée au gouvernement), je retourne dès tôt le matin me poster à proximité des guichets d'information.

Californie, juin 1993. Une route droite bordée sur des kilomètres d'un désert à perte de vue, succession de champs de pierres blanches dont le chanfrein en bordure de fossé est décoré ça et là de messages — déclarations d'amour le plus souvent —  écrits avec des galets sombres. Quelque part au milieu de ce nulle part, une cabine téléphonique alimentée par un panneau solaire qui la surplombe. Juste le plaisir de s'arrêter pour dire : "Devine d'où je t'appelle !".

Brasov (Roumanie), mai 1995. La pièce affiche une tristesse presque professionnelle et, même s'il serait bien tard pour appeler, le gros téléphone blanc posé sur la table de chevet entre les deux lits étroits, aux ressorts grinçants, n'offre de toutes façons aucune tonalité. Peut-être après tout n'est-il que décoratif, ou ses heures de fonctionnement sont-elles calquées sur celles du gardien qu'il a fallu réveiller pour prendre possession de la chambre pourtant dûment réservée (par téléphone...) ?

Trieste (Italie), septembre 1996. Les téléphones publics n'acceptent plus de monnaie mais seulement des cartes, cartes de crédit que l'on doit faire passer à la bonne vitesse et dans le bon sens dans une glissière verticale, ou cartes pré-payées achetées dans un kiosque. Il me reste une de celles-ci d'un précédent voyage et, l'introduisant dans l'appareil qui l'accepte, j'ai l'impression prétentieuse d'une familiarité me distinguant du touriste ordinaire, presque d'un retour au pays.

Mexico (Mexique), novembre 1996. La rue est bruyante, mais la coque en plastique transparent qui protège le téléphone public offre un semblant d'isolation. Finis les PCV ou la course à la petite monnaie, je suis devenu un pro de la "Carte Pastel Internationale" dont je connais le code (à une douzaine de chiffres) par cœur, ce code que je compose machinalement du pouce droit en appuyant, sans attendre les instructions, sur les touches métalliques à la surface légèrement incurvée.  C'est mon père que j'ai en ligne. Il a toujours mal au dos et je me fâche presque avec lui pour les examens qu'il se refuse à faire. Je me sens mal à l'aise en raccrochant.

Orlando (Floride), avril 2001. Mauvaise correspondance, arrivée tardive et pas de valise sur le carrousel — on m'assure qu'elle a pris le vol suivant et me sera livrée à l'hôtel. Couché à minuit passé, je suis réveillé à trois heures du matin par un coup de fil de la réception qui n'a pas le droit de garder l'objet et doit impérativement me le remettre en mains propres, sur l'instant. Récupération ronchonne au lobby et, décalage horaire aidant, trop tard pour espérer se rendormir.

Bangalore (Inde), janvier 2002. Coutumier du fait, Benoît M. n'est pas venu donner sa conférence mais il a envoyé une cassette video à projeter, tout en tenant à répondre par téléphone aux questions de l'assistance depuis la chambre de son hôtel en Californie. L'appareil est rouge vif, il trône sur une table à nappe verte posée au milieu de l'estrade et, sitôt la projection terminée, le président de séance compose cérémonieusement le numéro fatidique, les haut-parleurs saturant l'espace d'une sonnerie grêle qui s'éternise. "Professor M.? Do you hear me, Professor M.?"

Madison (Wisconsin), août 2007. En arrivant à l'hôtel, le réflexe n'est plus de s'enquérir de la procédure pour téléphoner ("0" pour sortir, combien la minute, etc.), mais de savoir s'il y a du wifi, quel réseau et quel mot de passe. La liaison est bonne, j'ouvre une session skype et je fais visiter ma chambre par webcam à celles de la famille qui sont à Lyon ce jour-là. Je marche l'ordinateur à bout de bras, faisant se succéder des images à donner le mal de mer du lit, de la salle de bain et de la vue depuis la fenêtre.

Londres (Grande-Bretagne), novembre 2013. Atterrissage à 7h26, SMS "Bien arrivé" envoyé/reçu à 7h27.

Shanghai (Chine), décembre 2006

vendredi 5 juillet 2013

Coco light


Mexique, 1997 / Argentine, 2012

mardi 2 juillet 2013

samedi 22 juin 2013

Mannequins (6)

Mexico (Mexique), novembre 1996

vendredi 8 mars 2013

Barbie world

Mexico (Mexique), décembre 1994

dimanche 3 mars 2013

Passages

Mexico (Mexique), 
décembre 1994

samedi 19 janvier 2013

Bus

Mexique, août 1983

mardi 12 juin 2012

Un été mexicain

San Cristobal de las Casas,
août 1983

vendredi 27 avril 2012

Dialogo

Mexico, décembre 1994

jeudi 10 mars 2011

lundi 28 février 2011

Chambres d'hôtel (48)

Palenque, août 1983

Tu es malade. Tu as dû manger ou boire quelque chose qu'il ne fallait pas et, tout à l'heure, tu as juste eu le temps de dire que ça n'allait pas très bien avant de tomber dans les pommes au milieu du restaurant. Il y avait par chance un médecin dans la salle et, d'un coup de jeep, tu t'es retrouvée dans un dispensaire en quelques minutes. Il fait trop chaud, l'endroit n'est pas vraiment hospitalier (ou plutôt, il l'est trop…) et tu as hâte de rentrer à l'hôtel. La chambre n'y est guère plus fraîche mais c'est là que tu préfères te reposer. Les pilules qu'il faut attendent ton réveil sur la table de nuit. Je te regarde dormir. On restera quelques jours de plus que prévu.

vendredi 5 novembre 2010

Es la hora

Mexico, avril 1997

jeudi 16 septembre 2010

Chambres d'hôtel (41)

Hotel Sevillano,
Mexico, août 1983

Les toutes premières fois, c'est le plus souvent avec les parents, une halte sur la route des vacances, une visite de Paris ou d'ailleurs. Plus tard, bien plus tard, on en reproduit le schéma avec ses enfants, en marge de la ronde et des hasards des déplacements professionnels. Et puis, quelque part entre les deux, il y a ce point de rupture, ce moment singulier où aller à l'hôtel par soi-même, qui plus est à deux, est un de ces petits riens qui font irrévocablement basculer dans quelque chose qui ressemble à l'âge adulte.

mercredi 25 août 2010

Clinamen

Guanajuato,
mai 1997

lundi 17 mai 2010

Chambres d'hôtel (36)

Mexico, décembre 1994

Alors de temps en temps, c'est la solitude qui s'invite. Pas celle que l'on chérit lorsqu'on la recherche, et sans laquelle le hasard lui-même peine à inventer le voyage. Plutôt celle qui surgit par défaut, occupant l'espace comme le temps et dessinant en creux l'absence.
Dieu sait que l'on a pu en rêver avant d'aller enfin au Mexique et que l'on a pu être heureux de s'y perdre à deux !... Et puis voilà qu'on y retourne seul et que l'hôtel où l'on échoue n'offre que déception. Marbre et moquette épaisse mais au milieu de nulle part. Loin du centre et loin de l'Université. Lisière de banlieue, bordure de périphérique excentré, vue imprenable sur des fast-food américanisés. Comme on approche de Noël monte de l'atrium une musique d'ascenseur distillant en boucle des cantiques claydermanisés et, pour s'être longuement aventuré dans ses couloirs le premier soir, on sait que l'hôtel est désert.
De ne pouvoir revivre ses souvenirs, on subit la solitude de la chambre, négligeant peut-être de vivre ce qui pourrait nourrir des souvenirs à venir.