Affichage des articles dont le libellé est Bonheurs en petite monnaie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bonheurs en petite monnaie. Afficher tous les articles

dimanche 25 janvier 2015

mercredi 9 juillet 2014

Un été italien (1)

Monte Oliveto Maggiore (Italie), 1993

samedi 14 juin 2014

Consonnes

Lyon, 14 juin 2014

M rouge, Z jaune, L bleu... chaque jour vos présences latentes :-)

samedi 7 juin 2014

samedi 12 avril 2014

vendredi 14 février 2014

Saveurs d'enfance

pour Sylvie "liserons" M.





La salle, immense, énumérait en un quadrillage rigoureux des dizaines de tables, et les hauts dossiers des banquettes délimitaient des niches qui préservaient un semblant d'intimité tout en permettant de communier au brouhaha général. Un open space, pourrait-on dire aujourd'hui. Tout au fond, un écriteau accroché sur un mur fait de miroirs affichait en lettres géantes le nom ("Rinck") de la bière brassée sur place, juste en surplomb d'une zone où d'autres tables, mises bout à bout, étaient réservées pour les "noces et banquets". Sur un des côtés, un autre miroir, flottant celui-là, vibrait comme un tympan gigantesque du reflet de ses images tremblées.
Lorsque mes parents nous emmenait dans cette brasserie — parfois, rarement —, c'était toujours le dimanche midi, en une sortie familiale qui gardait une mine modeste. Jamais on ne se poussait à explorer les menus élaborés ou le grand jeu de la carte, on restait dans le simple, mais le décorum suffisait à fasciner mes dix ans. Chaque travée avait ses serveurs, ses chefs de rang, on devinait toute une hiérarchie derrière les uniformes, les tabliers, les costumes et, dans le tourbillon permanent de leurs va-et-vient, j'adorais le moment où, après que la commande ait été prise, on venait allumer les bougies d'un chauffe-plat de cuivre ajouré dont la seule vue — par l'idée de cérémonial qu'il rajoutait à la lourde nappe blanche, aux serviettes épaisses et aux assiettes armoriées — me réjouissait plus encore que le gratin qui arriverait un peu plus tard et qu'il garderait tranquillement au chaud. Mais ce qui m'enchantait par-dessus tout, c'était la magnificence du "chariot de hors-d'œuvres variés", un vrai chariot sur de vraies roulettes et dont les deux étages étaient couverts de ramequins multicolores, de l'orange éclatant des carottes râpées au rouge des tomates zébrées de sauce moutarde, de la sanguine des betteraves (que l'on appelait "carottes rouges") au jaune des œufs mimosa rehaussé du vert d'un peu de persil haché, en passant par le blanc crémeux du céleri rémoulade ou la brillance à la teinte brique indéfinissable des champignons "à la grecque".
Quinze ans plus tard, je découvrirai à Paris le Bouillon Chartier de la rue Montmartre où, pour quelques francs et quelques centimes — en un prix qui n'était jamais rond —, je sacrifierai souvent (outre à la crème de marrons chantilly…) aux hors d'œuvre variés. J'y retrouverai un écho de ceux de la Brasserie Georges du Lyon de mon enfance, mais il leur manquera un pas grand-chose, un chariot de métal et de verre auquel le souvenir diffus et sans doute enjolivé donnait des airs de carrosse…

jeudi 6 février 2014

Cafés (61)

Café Bräunerhof,
Vienne (Autriche), 2005

mardi 31 décembre 2013

mercredi 25 décembre 2013

mardi 10 décembre 2013

Coronado memories

Hotel del Coronado,
San Diego (Californie), mars 1984

La Floride de "Certains l'aiment chaud" était en Californie. Pour des raisons de coûts je crois, la production avait décidé de localiser le tournage à San Diego, plus proche de Hollywood, en profitant d'une offre faite par l'Hotel del Coronado, vieux vaisseau échoué au bord du Pacifique qui, s'il avait connu ses heures de gloire, vivotait alors en attendant le client. L'hôtel a depuis repris du lustre et tourné palace, réservant ses chambres à des happy few fortunés. Dans l'insouciance des années 80, s'il était illusoire d'espérer jamais y dormir, il offrait cependant en libre accès des bars en terrasse où l'on pouvait jouer à Zelda et Scott en regardant le soleil se coucher dans le roulement des vagues, sirotant des piña colada sans distinction de classe, verre à cocktail, pailles et mini-parasol pour tous. À l'aube des années 90, changement de ton, les non-résidents n'avaient plus droit qu'à un espace réduit où le barman opérait à la chaîne, remplissant des gobelets en plastique à la tirette, avec ce qui ressemblait à un pistolet de pompe à essence… Lorsque je suis retourné à l'Hotel del Coronado à la fin des années 00, j'étais seul et je n'ai pas retenté ma chance, me contentant de traîner dans le lobby aux vitrines "marchandisées" et dans ce qui m'était accessible du dédale des couloirs, architecture victorienne de bois aux accents parfois d'un chalet suisse king size. Et puis, discutant l'an dernier avec Robert G., respectable professeur en visite en France, il m'apprend qu'il est né et a grandi dans ce quartier, juste en face de l'hôtel. Il avait 15 ans lors du tournage du film de Billy Wilder et, avec ses amis, il s'accrochait chaque jour aux grillages pour observer les équipes en action. Petite évaporation du regard lorsqu'il évoque la fois où Marilyn s'est arrêtée pour se tourner vers eux et leur a envoyé un salut de la main et un baiser…

dimanche 8 décembre 2013

Notes (17)

Argentine, 1997

Ils ont vingt ans à peine — un peu plus, un peu moins, quelle importance — et la beauté tranquille des amoureux du petit matin. Des fois, c'est à la table voisine d'un café à peine ouvert qu'on les rencontre, dialogue à voix basse de leurs regards qui ne se lâchent pas et de leurs mains qui se joignent autour des tasses qu'ils laissent refroidir. D'autres fois, c'est d'un bus filant dans la presque obscurité du jour qui se lève qu'on les voit sortir ensemble d'une allée, emmitouflés, sac à l'épaule et main dans la main, s'embrassant tendrement une dernière fois avant de s'éloigner dans des directions opposées. D'autre fois encore, tout ensemble légers et sérieux, on les croise faisant leur marché et c'est le passé et le futur qui se télescopent, leur vie à venir comme le souvenir de notre jeunesse. Les amants tout neufs se reconnaissent entre mille et, sans le savoir, c'est un peu de leur bonheur qu'ils nous offrent en partage lorsqu'on les aperçoit.


mercredi 4 décembre 2013

Z

Bully, 25 juillet 2013

lundi 23 septembre 2013

Bonheurs en petite monnaie (16)


 pour Margot


P&O Ferry,
entre Calais et Douvres, juillet 1998

mercredi 28 août 2013

jeudi 4 juillet 2013

mardi 2 juillet 2013

vendredi 16 novembre 2012

Père et fille

Parana (Argentine), 15 novembre 2012

jeudi 18 octobre 2012