vendredi 11 juin 2010
jeudi 10 juin 2010
mercredi 9 juin 2010
mardi 8 juin 2010
lundi 7 juin 2010
dimanche 6 juin 2010
samedi 5 juin 2010
Chambres d'hôtel (38)
La chambre est vaste et stratégiquement bien placée, juste à l'angle nord-ouest du "quadrangle" de Trinity College. De la vue plongeante que j'ai sur les allées soignées et les pelouses protégées par de petits écriteaux réservant aux seuls Fellows le droit de les fouler, j'aperçois un étudiant à crête colorée croisant deux filles en uniforme, comme en une illustration facile des contrastes et restes d'excentricité de ce pays où l'on voit des médecins à boucles d'oreille et où les caissières de supermarché vous remercient d'un "Thanks, love!" sincère.
Les universitaires ont parfois quelque chose de mercenaires (pour s'en tenir à la comparaison la moins désobligeante), mais de mercenaires au petit pied qui monnayent le plus souvent leurs services — de jurys, de rapports, d'expertises ou de commissions — d'un repas ou d'une nuit d'hôtel. Alors, lorsqu'on s'endort entre les ombres de Newton et Byron, c'est tout naturellement qu'au matin on en profite de manière presque enfantine comme on ouvrirait ses cadeaux de Noël et que, plus tard, on en retrouve les images qu'on n'aurait pas pu ne pas prendre. (D'autres fois, non, et c'est dommage. Ainsi, je regrette un peu de ne pas avoir gardé trace de ce Formule 1 lugubre, quelque part dans une banlieue éloignée de Montpellier, où m'avait conduit une intervention tout sauf nécessaire dans une session de formation permanente...)
vendredi 4 juin 2010
Chambres d'hôtel (37)
Nice,juin 2003
La chambre serait notre cocon. Nous y vivrions sans plus jamais en sortir, laissant la porte ouverte et nous réfugiant dans la salle de bain lorsque passerait le room service. Parfois, la nuit tombée, nous sortirions quand même pour traverser le silence des couloirs, puis nous rentrerions en refermant la porte sans bruit. Nous serions à l'Hôtel Wetsminster de Nice mais nous pourrions être au Grand Hôtel de Balbeck ou au Ritz de Genève. Ici ou ailleurs, les bruits de la rue se dissoudraient peu à peu en un fond sonore indifférencié que nous apprendrions à ignorer et, à travers les rideaux parfois entrouverts, le monde nous apparaîtrait comme un spectacle furtif, aléatoire et dérisoire.
jeudi 3 juin 2010
mercredi 2 juin 2010
mardi 1 juin 2010
lundi 31 mai 2010
dimanche 30 mai 2010
vendredi 28 mai 2010
Bonheurs en petite monnaie (7)
jeudi 27 mai 2010
n&b (10)
Esneux (B),avril 2010
pour Florence Grisoli
Photographier, c'est (littéralement) "écrire avec la lumière". Alors, par rapport à l'écriture usuelle où l'on noircit du papier — angoisse de la feuille blanche à la clé —, c'est du noir que tout commence en photo et c'est de lui que la lumière émerge.
Si, à vouloir arrêter le temps, la photo cherche à conjurer la mort, elle est aussi, dans sa genèse même, un voyage vers la lumière. Tout comme une peinture d'icône se construisant de l'obscurité à la clarté, avec en touche finale l'éclat de blanc pur dans la pupille restée du noir le plus sombre.
mercredi 26 mai 2010
mardi 25 mai 2010
lundi 24 mai 2010
Photos que l'on aurait pu prendre (11)
Rêve.
Arrivant au sommet d'une rue escarpée dans une ville inconnue, je tombe sur un bâtiment semblant abandonné. Sur la façade court encore une guirlande d'ampoules colorées, s'accrochant à ce qui reste de lettres en métal écrivant quelque chose comme "LE. MA.....S .O...NES". Pour M.-H. qui m'accompagne, il est évident qu'il s'agit de lire "LES MAGASINS MODERNES", ce qui ne me renseigne pas vraiment sur la nature de l'endroit.
J'hésite à prendre une photo de la façade de face, préférant aller sur le côté pour un point de vue moins plat. Je m'aperçois alors qu'il y a une porte ouverte et, la franchissant, je me retrouve dans un café particulièrement animé, s'étageant sur plusieurs niveaux redescendant le long de la colline. J'essaie de me frayer un chemin entre les colonnes qui empêchent toute perspective d'ensemble et me retournant, je prends une photo en contre-plongée, un peu comme celle que j'avais prise au Café Bonnet il y a quelques jours. Lorsque je me re-dirige vers la sortie, un client dit à la cantonnade, d'une voix forte : "Attention les gars, vous risquez de finir sur "touyou" (*), y'a un type qui prend des photos !". Le patron s'adresse alors à moi : "C'est quoi ces histoires, vous allez les mettre sur "touyou", ces photos ?!". Moi : "Mais non...".
La preuve...
(*) sic ! (Note du Rêveur)
samedi 22 mai 2010
vendredi 21 mai 2010
jeudi 20 mai 2010
mercredi 19 mai 2010
mardi 18 mai 2010
lundi 17 mai 2010
Chambres d'hôtel (36)
Alors de temps en temps, c'est la solitude qui s'invite. Pas celle que l'on chérit lorsqu'on la recherche, et sans laquelle le hasard lui-même peine à inventer le voyage. Plutôt celle qui surgit par défaut, occupant l'espace comme le temps et dessinant en creux l'absence.
Dieu sait que l'on a pu en rêver avant d'aller enfin au Mexique et que l'on a pu être heureux de s'y perdre à deux !... Et puis voilà qu'on y retourne seul et que l'hôtel où l'on échoue n'offre que déception. Marbre et moquette épaisse mais au milieu de nulle part. Loin du centre et loin de l'Université. Lisière de banlieue, bordure de périphérique excentré, vue imprenable sur des fast-food américanisés. Comme on approche de Noël monte de l'atrium une musique d'ascenseur distillant en boucle des cantiques claydermanisés et, pour s'être longuement aventuré dans ses couloirs le premier soir, on sait que l'hôtel est désert.
De ne pouvoir revivre ses souvenirs, on subit la solitude de la chambre, négligeant peut-être de vivre ce qui pourrait nourrir des souvenirs à venir.
dimanche 16 mai 2010
vendredi 14 mai 2010
jeudi 13 mai 2010
Cinéma, Cinémas (13)
Lyon,novembre 2005 (?)
Si — comme aurait dit Sacha Guitry dans une formule galvaudée — le silence qui suit Mozart est encore du Mozart, alors l'attente avant d'entrer dans cette salle fait déjà partie du film et de pourquoi on va à ce cinéma.
Un couloir en arrière-cour d'immeubles donnant sur la grande rue, une queue qui, les jours d'affluence, s'étire — parfois sous la pluie — le long d'affiches, de coupures de presse et de photos sous vitrines, la caissière dans sa tourelle en pavés de verre, la distribution du programme des séances à venir au contrôle des tickets.
Bandes-annonces, court-métrage, entracte. Pas de pubs. Et puis le film.
Toujours au troisième rang...
mercredi 12 mai 2010
Citations (13)
"Le bruit du tonnerre qui roule
Et aussi, et surtout
Le goût de tes lèvres sous la pluie
Rien qu'une image un peu floue ..."
mardi 11 mai 2010
lundi 10 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
samedi 8 mai 2010
vendredi 7 mai 2010
jeudi 6 mai 2010
mercredi 5 mai 2010
Citations (12)
Lyon,3 mai 2010
"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."
(voir aussi ici l'installation vidéo de Vadim Sérandon.)
mardi 4 mai 2010
lundi 3 mai 2010
dimanche 2 mai 2010
La vie des livres (3)




À l'inverse du "singe dactylographe" qui, pour peu qu'on lui laisse suffisamment de temps, devrait pouvoir un jour ré-écrire n'importe quel livre déjà écrit, il y a peu de chances que la décimation d'un texte existant puisse en révéler un autre en particulier.
Dans une combinatoire vite explosive, chaque texte cependant contient en potentialité d'autres textes, et ceux-ci vivent en secret leur vie propre dont celui-là se nourrit sans le savoir.
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