Buenos Aires, 28 août 2010
lundi 21 février 2011
dimanche 20 février 2011
Amériques (26)
Crockett (TX),
15 mars 2010
Pas grand monde à Crockett, Texas, ce lundi matin. Alors que je traverse la place centrale, il s'adresse à moi avec quelque chose comme "Hey, on dirait que vous venez de loin !". Je lui réponds qu'en effet et lui demande si cela se voit donc tant, avant même que j'ouvre la bouche. "Pas difficile,"répond-il, "je vous ai vu vous garer et j'ai repéré la plaque". Petite explication sur la voiture de location immatriculée en Californie, étonnement plus grand encore : "France, waouh ! Moi, j'ai grandi du côté de Los Angeles, et je trouve que c'est déjà pas mal trop loin d'ici, alors la France... Des fois j'aimerais bien être encore en Californie mais, bon, maintenant je suis là, c'est la vie..."
— "Belle moto !"
— "Ouais, belle moto…"
— "Une photo ?"
— "OK".
15 mars 2010
Pas grand monde à Crockett, Texas, ce lundi matin. Alors que je traverse la place centrale, il s'adresse à moi avec quelque chose comme "Hey, on dirait que vous venez de loin !". Je lui réponds qu'en effet et lui demande si cela se voit donc tant, avant même que j'ouvre la bouche. "Pas difficile,"répond-il, "je vous ai vu vous garer et j'ai repéré la plaque". Petite explication sur la voiture de location immatriculée en Californie, étonnement plus grand encore : "France, waouh ! Moi, j'ai grandi du côté de Los Angeles, et je trouve que c'est déjà pas mal trop loin d'ici, alors la France... Des fois j'aimerais bien être encore en Californie mais, bon, maintenant je suis là, c'est la vie..."
— "Belle moto !"
— "Ouais, belle moto…"
— "Une photo ?"
— "OK".
vendredi 18 février 2011
jeudi 17 février 2011
mercredi 16 février 2011
mardi 15 février 2011
lundi 14 février 2011
dimanche 13 février 2011
samedi 12 février 2011
Photos que l'on aurait pu prendre (17)
Fouras, juillet 2003
À la revoir aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que cette photo a été prise une petite seconde trop tôt, mais je ne saurais jamais jusqu'à quel point celle que j'aurais pu prendre en attendant cette seconde aurait été différente…
vendredi 11 février 2011
mercredi 9 février 2011
lundi 7 février 2011
jeudi 3 février 2011
mercredi 2 février 2011
mardi 1 février 2011
Passerelles (40)
Quai de Conti,
Paris,
1er février 2011
Une passerelle vers une autre, en passant vers celle des Arts…
Paris,
1er février 2011
Une passerelle vers une autre, en passant vers celle des Arts…
samedi 29 janvier 2011
vendredi 28 janvier 2011
Cinéma, Cinémas (20)
Tokyo,
octobre 2010
En lisant "Le Lièvre de Patagonie" de Claude Lanzmann (avec, par-dessus mon épaule, l'ombre de MDA, mais c'est une autre histoire…), je tombe sur ce passage : "[...] il y a à Tokyo, dans le quartier des yakuzas, les mafieux japonais, une boîte de nuit étroite et sombre qui s'appelle "La Jetée", en hommage au film de Chris, où m'attend, sur une étagère du bar, une bouteille de Chivas Regal, marquée à mon nom. J'ai dû, un soir, l'acheter à la tenancière, elle fait désormais partie du décor."
Peut-être l'ai-je vue sans la voir, cette bouteille ? Ce que je sais, c'est que, parlant de Wim Wenders avec la même tenancière, celle-ci m'a fait remarquer sans façons que la bouteille de vodka qui était juste devant moi était précisément la sienne…
octobre 2010
En lisant "Le Lièvre de Patagonie" de Claude Lanzmann (avec, par-dessus mon épaule, l'ombre de MDA, mais c'est une autre histoire…), je tombe sur ce passage : "[...] il y a à Tokyo, dans le quartier des yakuzas, les mafieux japonais, une boîte de nuit étroite et sombre qui s'appelle "La Jetée", en hommage au film de Chris, où m'attend, sur une étagère du bar, une bouteille de Chivas Regal, marquée à mon nom. J'ai dû, un soir, l'acheter à la tenancière, elle fait désormais partie du décor."
Peut-être l'ai-je vue sans la voir, cette bouteille ? Ce que je sais, c'est que, parlant de Wim Wenders avec la même tenancière, celle-ci m'a fait remarquer sans façons que la bouteille de vodka qui était juste devant moi était précisément la sienne…
jeudi 27 janvier 2011
mardi 25 janvier 2011
Chambres d'hôtel (47)
Kanap (UT), avril 2008
La chambre 125 du Parry Lodge de Kanap (Utah) s'enorgueillit d'avoir accueilli en habitué Ronald Reagan lorsqu'il était acteur, et c'est à la chambre 113 (vue sur jardin) de l'Hôtel des Voyageurs que, tous les soirs, Monsieur Machin nous joue sa Polonaise (S. Reggiani)...
Parfois les chambres d'hôtel, interchangeables et impersonnelles pour le voyageur de passage, basculent dans la singularité, et il en est même, occupées à l'année, qui peuvent se rigidifier en des refuges plus immuables qu'un appartement ou une maison à soi.
Souvenirs lointains de ces hôtels pour routards — à New York, Los Angeles ou Orlando — dont le lobby voyait passer le soir des silhouettes fantômatiques en robe de chambre, ombres glissant de l'escalier au distributeur de canettes en vous ignorant, présences quasi-statiques que l'on retrouvait plus tard dans l'entrebaillement d'une porte en allant prendre possession très temporaire d'une chambre dans les étages, observateurs immobiles vous dévisageant alors longuement, marquant leur territoire de cette familiarité avec les lieux que vous n'aviez pas ni n'auriez jamais, votre regard entrant malgré vous par cette porte entrouverte dans une intimité à la fois volée et offerte.
lundi 24 janvier 2011
Chambres d'hôtel (46)
Boothbay (ME), juillet 2002
Je me souviens qu'il pleuvait des cordes et que la nuit était déjà tombée lorsqu'on avait enfin pu trouver ce motel pas encore plein. Allez savoir pourquoi, les fauteuils jumeaux de l'entrée m'avaient de suite fait penser à des pantoufles. Deux pantoufles culottées par les ans, dans lesquelles on se glisserait comme on pourrait s'installer dans la vieillesse, petit pincement fugace sans doute bien étranger aux enfants qui se réjouissaient d'être arrivées quelque part et surtout d'avoir une chambre rien que pour elles...
dimanche 23 janvier 2011
"Gens du 26" (Photos que l'on aurait pu prendre (16))
Lyon,
janvier 2011
L'appartement était au premier étage du 26 de la rue V. mais, pour tout le monde, c'était "le 26". Avant, après, voire pendant les cours, on y venait pour étirer le temps en faisant parfois semblant de vouloir refaire le monde. Faute encore de téléphones portables, on trouvait un mini-carnet et un crayon pendus à la sonnette de la porte d'entrée pour laisser un message lorsqu'il n'y avait personne (l'allée sur la rue était toujours ouverte, pas de digicode non plus). Chacun avait — à des degrés divers — ses habitudes "au 26", passant juste ou s'y incrustant.
C'était avec une sœur et une cousine que S. vivait là ses premières années d'étudiante mais, qu'on se l'avoue ou non, c'était surtout pour elle que l'on venait : S. dans son rocking-chair de récupération, jambe repliée serrée contre elle, S. aux pulls trop grands sur des chemises de grand-père, S. appliquée à rouler des cigarettes ultra-fines en plissant les yeux, S. au regard de myope n'aimant pas les lunettes... S. n'était pas libre mais on faisait avec et, entre amitié et confidences, on savait qu'il s'agissait d'autre chose.
On était bien d'être ensemble, autour de S., et on ne ressentait pas plus que cela le besoin d'en fixer le souvenir. C'était un temps sans photos et je n'ai pas une seule image des "gens du 26", du moins "au temps du 26". Je continue de voir quelques-uns d'entre eux et il m'est arrivé parfois de croiser plus ou moins par hasard la route de certains autres, mais S. a un jour changé d'amours et j'ai depuis perdu sa trace.
janvier 2011
L'appartement était au premier étage du 26 de la rue V. mais, pour tout le monde, c'était "le 26". Avant, après, voire pendant les cours, on y venait pour étirer le temps en faisant parfois semblant de vouloir refaire le monde. Faute encore de téléphones portables, on trouvait un mini-carnet et un crayon pendus à la sonnette de la porte d'entrée pour laisser un message lorsqu'il n'y avait personne (l'allée sur la rue était toujours ouverte, pas de digicode non plus). Chacun avait — à des degrés divers — ses habitudes "au 26", passant juste ou s'y incrustant.
C'était avec une sœur et une cousine que S. vivait là ses premières années d'étudiante mais, qu'on se l'avoue ou non, c'était surtout pour elle que l'on venait : S. dans son rocking-chair de récupération, jambe repliée serrée contre elle, S. aux pulls trop grands sur des chemises de grand-père, S. appliquée à rouler des cigarettes ultra-fines en plissant les yeux, S. au regard de myope n'aimant pas les lunettes... S. n'était pas libre mais on faisait avec et, entre amitié et confidences, on savait qu'il s'agissait d'autre chose.
On était bien d'être ensemble, autour de S., et on ne ressentait pas plus que cela le besoin d'en fixer le souvenir. C'était un temps sans photos et je n'ai pas une seule image des "gens du 26", du moins "au temps du 26". Je continue de voir quelques-uns d'entre eux et il m'est arrivé parfois de croiser plus ou moins par hasard la route de certains autres, mais S. a un jour changé d'amours et j'ai depuis perdu sa trace.
vendredi 21 janvier 2011
jeudi 20 janvier 2011
mardi 18 janvier 2011
Passerelles (37)
New York (NY), mars 2005
C'est sur ce marché aux puces de la 27ème rue que, par un dimanche matin froid et venté, j'ai rencontré Caroline Greenblatt. J'y repense en retrouvant par un autre hasard cette photo oubliée.
dimanche 16 janvier 2011
Passerelles (36)
Boston (MA), sans doute 1987
Lyon, peut-être 2005
Emporté dans le flot ininterrompu de la circulation, on peut penser n'avoir d'autre choix que de le suivre et de s'y soumettre, de se forcer à suivre le mouvement alors même qu'on voudrait s'arrêter, de se résigner à l'immobilité lorsque tout s'arrête et que l'on voudrait avancer. Et puis, à bien y réfléchir, on se dit aussi que le flux n'existe que parce que nous y prenons part, que sa loi n'est pas celle, intangible, de la gravitation, et qu'infléchir son rythme peut aussi nous appartenir.
jeudi 13 janvier 2011
Paysages intermédiaires (25)
Lyon, avril 2009
Un lieu de pas grand-chose, au bout d'une friche destinée à disparaître. Un mur, illusion de façade, que j'ai — depuis le jour où j'ai pris cette photo — retrouvé toujours plus tagué à chacun de mes passages et dont je ne suis pas sûr qu'il tienne encore debout. Le reste de vie qui s'est réfugié là se résume maintenant aux camionnettes à lumignon et aux va-et-vient des amours tarifées, à deux pas des voies rapides le long desquelles l'idée de marcher est aussi saugrenue qu'à Los Angeles. Pas grand-chose à regretter en somme, lorsque tout cela aura disparu. Juste le souvenir d'une belle journée de printemps et d'une photo pour mémoire, sans plus de raison que cela.
mercredi 12 janvier 2011
mardi 11 janvier 2011
lundi 10 janvier 2011
dimanche 9 janvier 2011
Fractals everywhere
Mathematics Department, Yale University
New Haven (CT), avril 1988
L'image retrouvée d'un bureau de passage et le souvenir ravivé de celui de Benoit Mandelbrot à quelques dizaines de mètres de là...
samedi 8 janvier 2011
vendredi 7 janvier 2011
jeudi 6 janvier 2011
Chambres d'hôtel (45)
Madison (WI), août 2007
Il fait nuit noire sur Madison (WI), et la fenêtre bien réelle du Best Western Inn on the Park ne voit plus passer depuis longtemps les silhouettes pressées dont l'ombre s'allongeait le soir sur le ciment griffé de S. Hamilton St. Ne reste éclairée que la fenêtre virtuelle du téléviseur dont on ne sait trop si elle ouvre sur un monde vers lequel s'évader, fût-il absurde et fragmenté, ou si elle ne le fait pas plutôt entrer dans la chambre, en un flot hypnotique à la fois toujours changeant et pourtant identique à lui-même, minute après minute et chaîne après chaîne.
mercredi 5 janvier 2011
mardi 4 janvier 2011
lundi 3 janvier 2011
dimanche 2 janvier 2011
jeudi 23 décembre 2010
mercredi 22 décembre 2010
Notes (3)
Bien que sa chemise blanche soit ajustée, elle lui rappela celles que les filles de sa jeunesse aimaient d'autant plus emprunter à leur père qu'elles étaient trop grandes.
mardi 21 décembre 2010
La vie des livres (10)
Ce que l'on sait, nous, c'est que cet exemplaire-là de son livre, l'auteur l'a eu un jour en main, qu'il en a tenu ouvertes les premières pages et qu'il y a écrit quelques mots à destination d'une connaissance ou d'un obligé. Ce qu'il ne sait sans doute pas, lui, c'est que son livre — qui n'aura ainsi jamais connu les rayonnages d'une librairie — a rebondi presque aussitôt pour attendre preneur à quelques francs dans les bacs d'un libraire-éditeur, en bonne compagnie d'autres ouvrages estampillés "service de presse" ou dédicacés de même manière. Et entre lui et nous, le fil invisible de cet inconnu — rendu désormais anonyme de trois coups de ciseaux — qui en aura assuré la circulation comme il l'aurait fait d'un billet de banque.
lundi 20 décembre 2010
Notes (2)
En la voyant dessiner de petits ronds en guise de points sur les "i", il pensa que c'était là un de ces signes par lesquels il reconnaissait presque à coup sûr l'écriture d'une fille sur les copies anonymes qu'il lui arrivait de corriger.
dimanche 19 décembre 2010
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