vendredi 21 mars 2014
jeudi 20 mars 2014
mercredi 19 mars 2014
mardi 18 mars 2014
Chambres d'hôtel (Hors Série 21)
Hôtel Mercure, Chambre 206,
Rungis, 18 mars 2014
Un hôtel dans un paysage d'hôtels. Mercure bleu, Kyriad orangé, B&B vert. Vue plongeante sur des parkings déserts, des voitures endormies brillant comme des poissons argentés, des voies rapides où glissent des feux rouges croisant silencieusement des phares blancs. Quelque part au loin, la ville, la vraie, mais de quel côté ?
jeudi 13 mars 2014
mercredi 12 mars 2014
mardi 11 mars 2014
lundi 10 mars 2014
dimanche 9 mars 2014
jeudi 6 mars 2014
vendredi 28 février 2014
jeudi 27 février 2014
mercredi 26 février 2014
mardi 25 février 2014
lundi 24 février 2014
Chambres d'hôtel (Hors Série 20)
pour M.-H.
Banff Centre, Corbett Hall, Chambre 5112
Banff (Alberta, Canada), 23 février 2014
Bien qu'il n'y ait pas de livres en vue, l'entrée de Corbett Hall a l'odeur caractéristique des bibliothèques universitaires nord-américaines, une alchimie mystérieuse de papier, de bois et de moquette qui convoque confusément des images d'autres bâtiments de briques et de verre, de campus indistincts. La chambre, confortable, ne se distingue de celle d'un hôtel que par l'absence de téléviseur dont l'écran, inexistant, est tout autant remplacé par celui d'un ordinateur posé sur la table que par le cadre métallique de la fenêtre découpant une image fixe de neige, comme en écho de ce qui, naguère, crachotait parfois sur les moniteurs noir et blanc mal branchés.
dimanche 23 février 2014
-4°F
Banff (Alberta, Canada), 23 février 2014
Petite marche matinale pour retrouver un point de vue — sur le Fairmont Banff Springs Resort — aperçu hier fugitivement depuis le minibus menant au Banff Centre. Froid de gueux. On pourrait croire au silence mais c'est tout le contraire. La neige tassée crisse sous les pas, quelque chose qui ressemble à un gros corbeau passe entre les arbres en croassant, la forêt craque au rythme des branches qui se balancent au vent. Plus loin, plus bas, une rivière gronde sous la glace, prenant sa respiration par un drôle de trou en forme de poisson d'avril.
jeudi 20 février 2014
mercredi 19 février 2014
lundi 17 février 2014
dimanche 16 février 2014
vendredi 14 février 2014
Saveurs d'enfance
pour Sylvie "liserons" M.
La salle, immense, énumérait en un quadrillage rigoureux des dizaines de tables, et les hauts dossiers des banquettes délimitaient des niches qui préservaient un semblant d'intimité tout en permettant de communier au brouhaha général. Un open space, pourrait-on dire aujourd'hui. Tout au fond, un écriteau accroché sur un mur fait de miroirs affichait en lettres géantes le nom ("Rinck") de la bière brassée sur place, juste en surplomb d'une zone où d'autres tables, mises bout à bout, étaient réservées pour les "noces et banquets". Sur un des côtés, un autre miroir, flottant celui-là, vibrait comme un tympan gigantesque du reflet de ses images tremblées.
Lorsque mes parents nous emmenait dans cette brasserie — parfois, rarement —, c'était toujours le dimanche midi, en une sortie familiale qui gardait une mine modeste. Jamais on ne se poussait à explorer les menus élaborés ou le grand jeu de la carte, on restait dans le simple, mais le décorum suffisait à fasciner mes dix ans. Chaque travée avait ses serveurs, ses chefs de rang, on devinait toute une hiérarchie derrière les uniformes, les tabliers, les costumes et, dans le tourbillon permanent de leurs va-et-vient, j'adorais le moment où, après que la commande ait été prise, on venait allumer les bougies d'un chauffe-plat de cuivre ajouré dont la seule vue — par l'idée de cérémonial qu'il rajoutait à la lourde nappe blanche, aux serviettes épaisses et aux assiettes armoriées — me réjouissait plus encore que le gratin qui arriverait un peu plus tard et qu'il garderait tranquillement au chaud. Mais ce qui m'enchantait par-dessus tout, c'était la magnificence du "chariot de hors-d'œuvres variés", un vrai chariot sur de vraies roulettes et dont les deux étages étaient couverts de ramequins multicolores, de l'orange éclatant des carottes râpées au rouge des tomates zébrées de sauce moutarde, de la sanguine des betteraves (que l'on appelait "carottes rouges") au jaune des œufs mimosa rehaussé du vert d'un peu de persil haché, en passant par le blanc crémeux du céleri rémoulade ou la brillance à la teinte brique indéfinissable des champignons "à la grecque".
Quinze ans plus tard, je découvrirai à Paris le Bouillon Chartier de la rue Montmartre où, pour quelques francs et quelques centimes — en un prix qui n'était jamais rond —, je sacrifierai souvent (outre à la crème de marrons chantilly…) aux hors d'œuvre variés. J'y retrouverai un écho de ceux de la Brasserie Georges du Lyon de mon enfance, mais il leur manquera un pas grand-chose, un chariot de métal et de verre auquel le souvenir diffus et sans doute enjolivé donnait des airs de carrosse…
jeudi 13 février 2014
samedi 8 février 2014
Urbanisme, travaux pratiques
Vienne (Autriche), 2005
L'image d'une ville multiple, un peu brouillonne. Un mélange de taxis et de bus décore l'anachronisme d'une chaussée pavée qui cohabite avec des tours de verre et de béton saturant l'espace. On aperçoit des entrées dérobées, des passages souterrains — sans doute un métro tout proche qui rajoute sa strate souterraine au flux des va-et-vient de la surface. Animation morne et modeste d'une heure creuse, quelques silhouettes persillent en pointillé l'esplanade qu'on imagine volontiers battue par les vents.
L'image d'une ville multiple, un peu brouillonne. Un mélange de taxis et de bus décore l'anachronisme d'une chaussée pavée qui cohabite avec des tours de verre et de béton saturant l'espace. On aperçoit des entrées dérobées, des passages souterrains — sans doute un métro tout proche qui rajoute sa strate souterraine au flux des va-et-vient de la surface. Animation morne et modeste d'une heure creuse, quelques silhouettes persillent en pointillé l'esplanade qu'on imagine volontiers battue par les vents.
jeudi 6 février 2014
mercredi 5 février 2014
Workshop am See
Strobl (Autriche), 2005
On arrive en milieu de journée et le soleil donne un supplément d'étrangeté aux lieux que l'on traverse. On était seul ou presque dans le bus venant de la grande ville et, le terminus atteint, on est encore seul dans cette cafétéria où le serveur que l'on peine à trouver disparaît sitôt son service fait. On traverse une petite ville proprette, briquée telle un sou neuf mais austère et déserte, comme endormie dans l'attente d'un coup de baguette magique qui la réveillerait. De la gare à l'Institut, le trajet est long qui longe un lac en empruntant des chemins protégés par des grilles mystérieusement ouvertes, qui nous fait dépasser des berlines cossues et vides arrêtées au milieu de nulle part, qui passe sous des futaies à l'ombre desquelles crisse le gravillon des allées et qui, comme le temps de ce trajet qui n'en finit pas, dilate et déforme son image dans des miroirs semblant nous observer sourdement. Il n'y a pas un souffle d'air. Tout, autour de soi, n'est qu'immobilité ou attente, des pelouses à la tonte parfaite jusqu'aux couloirs vides que l'on trouve en arrivant enfin au bâtiment servant de résidence et à la chambre qui nous attend, clé sur la porte, sans que l'on ait croisé personne. En un sens, tout est parfait mais il flotte un parfum d'intranquillité et on se dit que, s'il n'y a pas d'autre échappatoire aux sessions qui ont déjà dû commencer et aux obligations sociales qui se profilent, la semaine sera longue.
lundi 3 février 2014
Une chambre en Grèce
Salonique (Grèce), juillet 1977
La photo — le carré d'origine d'une diapositive prise à l'Instamatic 50 — n'est pas formidable, mais c'est une photo qui parle de la photo et de ce temps où des opérateurs ambulants posaient encore le trépied de leur lourde chambre dans la rue pour tirer le portrait de passants patients devant un drap de fortune. On doute que la lumière soit vraiment bonne mais l'appareil force le respect et sa taille même est gage, par l'espace qu'elle offre à l'exposition de tant de clichés déjà réalisés, du savoir-faire de l'artisan. Pantalon trop court, à taille haute (on parierait pour des bretelles sous cette veste qu'il porte malgré la chaleur que l'on devine aussi), la silhouette du photographe semble déjà d'un autre temps. S'affairant machinalement à une manipulation qu'il pourrait faire les yeux fermés, son regard est tourné vers le jeune homme "moderne" en T-shirt et pattes d'éph' qui passe en jetant un œil distrait vers le modèle qui, lui, entre deux, attend sagement en fixant l'objectif, un livre à la main.
vendredi 31 janvier 2014
mardi 28 janvier 2014
lundi 27 janvier 2014
dimanche 26 janvier 2014
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