jeudi 20 février 2014

Gas

Nevada, 2008

mercredi 19 février 2014

À la manière de...

Death Valley (Nevada), 2008

Voir aussi ici pour le même en 1993 et là pour l'original (en 1982), ou encore ici (en 2009).

lundi 17 février 2014

Ligne blanche continue

Lyon, 17 février 2014

dimanche 16 février 2014

vendredi 14 février 2014

Saveurs d'enfance

pour Sylvie "liserons" M.





La salle, immense, énumérait en un quadrillage rigoureux des dizaines de tables, et les hauts dossiers des banquettes délimitaient des niches qui préservaient un semblant d'intimité tout en permettant de communier au brouhaha général. Un open space, pourrait-on dire aujourd'hui. Tout au fond, un écriteau accroché sur un mur fait de miroirs affichait en lettres géantes le nom ("Rinck") de la bière brassée sur place, juste en surplomb d'une zone où d'autres tables, mises bout à bout, étaient réservées pour les "noces et banquets". Sur un des côtés, un autre miroir, flottant celui-là, vibrait comme un tympan gigantesque du reflet de ses images tremblées.
Lorsque mes parents nous emmenait dans cette brasserie — parfois, rarement —, c'était toujours le dimanche midi, en une sortie familiale qui gardait une mine modeste. Jamais on ne se poussait à explorer les menus élaborés ou le grand jeu de la carte, on restait dans le simple, mais le décorum suffisait à fasciner mes dix ans. Chaque travée avait ses serveurs, ses chefs de rang, on devinait toute une hiérarchie derrière les uniformes, les tabliers, les costumes et, dans le tourbillon permanent de leurs va-et-vient, j'adorais le moment où, après que la commande ait été prise, on venait allumer les bougies d'un chauffe-plat de cuivre ajouré dont la seule vue — par l'idée de cérémonial qu'il rajoutait à la lourde nappe blanche, aux serviettes épaisses et aux assiettes armoriées — me réjouissait plus encore que le gratin qui arriverait un peu plus tard et qu'il garderait tranquillement au chaud. Mais ce qui m'enchantait par-dessus tout, c'était la magnificence du "chariot de hors-d'œuvres variés", un vrai chariot sur de vraies roulettes et dont les deux étages étaient couverts de ramequins multicolores, de l'orange éclatant des carottes râpées au rouge des tomates zébrées de sauce moutarde, de la sanguine des betteraves (que l'on appelait "carottes rouges") au jaune des œufs mimosa rehaussé du vert d'un peu de persil haché, en passant par le blanc crémeux du céleri rémoulade ou la brillance à la teinte brique indéfinissable des champignons "à la grecque".
Quinze ans plus tard, je découvrirai à Paris le Bouillon Chartier de la rue Montmartre où, pour quelques francs et quelques centimes — en un prix qui n'était jamais rond —, je sacrifierai souvent (outre à la crème de marrons chantilly…) aux hors d'œuvre variés. J'y retrouverai un écho de ceux de la Brasserie Georges du Lyon de mon enfance, mais il leur manquera un pas grand-chose, un chariot de métal et de verre auquel le souvenir diffus et sans doute enjolivé donnait des airs de carrosse…

jeudi 13 février 2014

-2

Lyon, 13 février 2014

samedi 8 février 2014

Urbanisme, travaux pratiques

Vienne (Autriche), 2005

L'image d'une ville multiple, un peu brouillonne. Un mélange de taxis et de bus décore l'anachronisme d'une chaussée pavée qui cohabite avec des tours de verre et de béton saturant l'espace. On aperçoit des entrées dérobées, des passages souterrains — sans doute un métro tout proche qui rajoute sa strate souterraine au flux des va-et-vient de la surface. Animation morne et modeste d'une heure creuse, quelques silhouettes persillent en pointillé l'esplanade qu'on imagine volontiers battue par les vents.

jeudi 6 février 2014

Cafés (61)

Café Bräunerhof,
Vienne (Autriche), 2005

mercredi 5 février 2014

Workshop am See


 



Strobl (Autriche), 2005

On arrive en milieu de journée et le soleil donne un supplément d'étrangeté aux lieux que l'on traverse. On était seul ou presque dans le bus venant de la grande ville et, le terminus atteint, on est encore seul dans cette cafétéria où le serveur que l'on peine à trouver disparaît sitôt son service fait. On traverse une petite ville proprette, briquée telle un sou neuf mais austère et déserte, comme endormie dans l'attente d'un coup de baguette magique qui la réveillerait. De la gare à l'Institut, le trajet est long qui longe un lac en empruntant des chemins protégés par des grilles mystérieusement ouvertes, qui nous fait dépasser des berlines cossues et vides arrêtées au milieu de nulle part, qui passe sous des futaies à l'ombre desquelles crisse le gravillon des allées et qui, comme le temps de ce trajet qui n'en finit pas, dilate et déforme son image dans des miroirs semblant nous observer sourdement. Il n'y a pas un souffle d'air. Tout, autour de soi, n'est qu'immobilité ou attente, des pelouses à la tonte parfaite jusqu'aux couloirs vides que l'on trouve en arrivant enfin au bâtiment servant de résidence et à la chambre qui nous attend, clé sur la porte, sans que l'on ait croisé personne. En un sens, tout est parfait mais il flotte un parfum d'intranquillité et on se dit que, s'il n'y a pas d'autre échappatoire aux sessions qui ont déjà dû commencer et aux obligations sociales qui se profilent, la semaine sera longue.

lundi 3 février 2014

Une chambre en Grèce

Salonique (Grèce), juillet 1977

La photo — le carré d'origine d'une diapositive prise à l'Instamatic 50 — n'est pas formidable, mais c'est une photo qui parle de la photo et de ce temps où des opérateurs ambulants posaient encore le trépied de leur lourde chambre dans la rue pour tirer le portrait de passants patients devant un drap de fortune. On doute que la lumière soit vraiment bonne mais l'appareil force le respect et sa taille même est gage, par l'espace qu'elle offre à l'exposition de tant de clichés déjà réalisés, du savoir-faire de l'artisan. Pantalon trop court, à taille haute (on parierait pour des bretelles sous cette veste qu'il porte malgré la chaleur que l'on devine aussi), la silhouette du photographe semble déjà d'un autre temps. S'affairant machinalement à une manipulation qu'il pourrait faire les yeux fermés, son regard est tourné vers le jeune homme "moderne" en T-shirt et pattes d'éph' qui passe en jetant un œil distrait vers le modèle qui, lui, entre deux, attend sagement en fixant l'objectif, un livre à la main.

vendredi 31 janvier 2014

Emmaüs


Vénissieux, 31 janvier 2014

mardi 28 janvier 2014

Chambres d'hôtel (Hors Série 19)

Hotel Mahindra,
Karad (Inde), 25 novembre 2013

lundi 27 janvier 2014

Attentes



Casablanca (Maroc), septembre 2013

dimanche 26 janvier 2014

Cafés (60)

I Tre Merli,
New York (New York), 1988

samedi 25 janvier 2014

Compter

Pune (Inde), novembre 2013

vendredi 24 janvier 2014

Tard/tôt


Nice, 22/23 janvier 2014

jeudi 23 janvier 2014

Chambres d'hôtel (Hors Série 18)

Hotel Utsav,
Pune (Inde), 29 novembre 2013

mercredi 22 janvier 2014

Ligne 4 (2)

Paris, 1er octobre 2013

mardi 21 janvier 2014

Ligne 1

Paris, 14 janvier 2014

lundi 20 janvier 2014

Amériques (60)

Venice (Californie), janvier 2013

dimanche 19 janvier 2014

Cafés (59)

Paddy's Corner,
Lyon, 13 janvier 2014

samedi 18 janvier 2014

Vérification de la porte opposée (9)

1976

Quand je repense au Canut (qui fut précédemment un Marly que je n'ai pas connu), je revois deux entrées, une sur la rue Leynaud et une autre, indirecte et imposante, ouvrant sur une cour intérieure place Croix-Paquet, juste en bas de la montée Saint Sébastien. Deux entrées, mais il s'agissait peut-être d'une entrée et d'une sortie, ou alors il y avait deux salles (mes souvenirs diffus me disent quelque chose d'un temps, pourquoi pas d'un endroit, dédié ici au 16mm) ? Si l'on était vers le milieu des années soixante-dix, la fin bientôt des petites salles d'art et d'essai parmi lesquelles celle-ci tenait son rang, je n'ai gardé du Canut de cette époque que quelques images en vrac, mes premiers Wenders, un lapin un jour de crachin, le souvenir surtout d'une rétrospective Renoir et la découverte solitaire de films piochés au hasard — "Le Carrosse d'or" un jour de semaine en milieu d'après-midi, le projectionniste qui me demande si je veux bien, dans l'espoir hypothétique de l'arrivée d'un autre spectateur, que l'on attende un peu, le même ensuite qui me rejoint en salle après avoir lancé la première bobine…

Voir aussi ici.

Désarmement des toboggans (16)

Le Canut,
32 rue René Leynaud, 69001

Voir aussi ici.

vendredi 17 janvier 2014

Quai des Tuileries (2)

Paris, 14 janvier 2014

jeudi 16 janvier 2014

Si par hasard... (2)

Pont des Arts,
Paris, 14 janvier 2014

mercredi 15 janvier 2014

Quai des Tuileries

Paris, 14 janvier 2014

mardi 14 janvier 2014

Smoking / No smoking

Paris, 14 janvier 2014

dimanche 12 janvier 2014

Cafés (58)

Buvette du Marché,
Lyon Croix-Rousse, 2011

vendredi 10 janvier 2014

Clic clac


Fondation Cartier pour l'art contemporain,
Paris, octobre 2011

Se retrouver à photographier Raymond D. photographiant David L., les maths mènent décidément à tout...

jeudi 9 janvier 2014

Passerelles (77)

Lyon, 2012

Quelque chose d'un El Greco...

mercredi 8 janvier 2014

mardi 7 janvier 2014

Green man

Inde, 2013

lundi 6 janvier 2014

PIWO

Brest, 2013

dimanche 5 janvier 2014

Kids

 Inde, 2013

Maroc, 2013

samedi 4 janvier 2014

vendredi 3 janvier 2014

Désarmement des toboggans (15)

Cristal Palace,
102-104 avenue des Frères Lumière, 69008

jeudi 2 janvier 2014

mercredi 1 janvier 2014

Passerelles (75)

Argentine, août 2013

La maison est silencieuse. En tendant l'oreille, on perçoit le ronronnement du frigo et, cadencé à la seconde, un tic-tac d'horloge 2014 qui ressemble étonnamment à celui de 2013. Celles qui sont encore ici dorment, Z. sans doute aussi mais ailleurs et M., repartie il y a quelques jours, est de nouveau "une femme en Afrique". Hier, j'ai revu "Empty quarter", relu ce matin "Les fiancées de Saïgon". On est quelque part mais on parle toujours d'autre chose. Revoyant le film, je me revoyais en même temps le découvrir à sa sortie, il y a presque trente ans, et les images qui s'y rajoutent aujourd'hui mélangent ce temps arrêté et des bribes d'autres présents plus tard, fugitifs, évanescents. J'avais le souvenir de l'allure très années 80 de Françoise Prenant, la bretelle tombante de ses robes légères, le foulard qu'elle nouait parfois dans ses cheveux à la Rosette des films de Rohmer, et un plan arrêté me renvoie à un visage saisi l'été dernier, au vol d'une photo de rue. La comparaison s'arrête bien vite mais les fils qu'elle noue sont là, la vie qui nous fait fixer des images et les images qui nous renvoient à la vie, la même ou d'autres. Noël est déjà loin, il y aura des photographies — "dans l'album blanc" ou ailleurs —, plus tard des voyages, et des images nouvelles en garderont des traces comme elles nous parleront d'autre chose.