vendredi 24 janvier 2014
jeudi 23 janvier 2014
mercredi 22 janvier 2014
mardi 21 janvier 2014
lundi 20 janvier 2014
dimanche 19 janvier 2014
samedi 18 janvier 2014
Vérification de la porte opposée (9)
1976
Quand je repense au Canut (qui fut précédemment un Marly que je n'ai pas connu), je revois deux entrées, une sur la rue Leynaud et une autre, indirecte et imposante, ouvrant sur une cour intérieure place Croix-Paquet, juste en bas de la montée Saint Sébastien. Deux entrées, mais il s'agissait peut-être d'une entrée et d'une sortie, ou alors il y avait deux salles (mes souvenirs diffus me disent quelque chose d'un temps, pourquoi pas d'un endroit, dédié ici au 16mm) ? Si l'on était vers le milieu des années soixante-dix, la fin bientôt des petites salles d'art et d'essai parmi lesquelles celle-ci tenait son rang, je n'ai gardé du Canut de cette époque que quelques images en vrac, mes premiers Wenders, un lapin un jour de crachin, le souvenir surtout d'une rétrospective Renoir et la découverte solitaire de films piochés au hasard — "Le Carrosse d'or" un jour de semaine en milieu d'après-midi, le projectionniste qui me demande si je veux bien, dans l'espoir hypothétique de l'arrivée d'un autre spectateur, que l'on attende un peu, le même ensuite qui me rejoint en salle après avoir lancé la première bobine…
Voir aussi ici.
vendredi 17 janvier 2014
jeudi 16 janvier 2014
mercredi 15 janvier 2014
mardi 14 janvier 2014
dimanche 12 janvier 2014
vendredi 10 janvier 2014
jeudi 9 janvier 2014
mercredi 8 janvier 2014
mardi 7 janvier 2014
lundi 6 janvier 2014
dimanche 5 janvier 2014
samedi 4 janvier 2014
vendredi 3 janvier 2014
jeudi 2 janvier 2014
mercredi 1 janvier 2014
Passerelles (75)
Argentine, août 2013
La maison est silencieuse. En tendant l'oreille, on perçoit le ronronnement du frigo et, cadencé à la seconde, un tic-tac d'horloge 2014 qui ressemble étonnamment à celui de 2013. Celles qui sont encore ici dorment, Z. sans doute aussi mais ailleurs et M., repartie il y a quelques jours, est de nouveau "une femme en Afrique". Hier, j'ai revu "Empty quarter", relu ce matin "Les fiancées de Saïgon". On est quelque part mais on parle toujours d'autre chose. Revoyant le film, je me revoyais en même temps le découvrir à sa sortie, il y a presque trente ans, et les images qui s'y rajoutent aujourd'hui mélangent ce temps arrêté et des bribes d'autres présents plus tard, fugitifs, évanescents. J'avais le souvenir de l'allure très années 80 de Françoise Prenant, la bretelle tombante de ses robes légères, le foulard qu'elle nouait parfois dans ses cheveux à la Rosette des films de Rohmer, et un plan arrêté me renvoie à un visage saisi l'été dernier, au vol d'une photo de rue. La comparaison s'arrête bien vite mais les fils qu'elle noue sont là, la vie qui nous fait fixer des images et les images qui nous renvoient à la vie, la même ou d'autres. Noël est déjà loin, il y aura des photographies — "dans l'album blanc" ou ailleurs —, plus tard des voyages, et des images nouvelles en garderont des traces comme elles nous parleront d'autre chose.
mardi 31 décembre 2013
lundi 30 décembre 2013
Cafés (57)
Café "Le 7ème Arrdt",
Lyon, 19 décembre 2013
Lyon, 19 décembre 2013
Deux néons sur cinq sont allumés, et la faible lumière qu'ils diffusent combat sans conviction l'obscurité qui s'obstine à l'extérieur et s'invite dans la salle presque vide. Quelques habitués se retrouvent autour d'un café en attendant qu'ouvre réglementairement leur bureau situé juste en face, à la porte duquel patientent déjà, pieds dans l'eau et luttant contre le vent, les premiers usagers. Le mur du fond, vaste et nu, ressemble à l'écran d'un cinéma de quartier.
dimanche 29 décembre 2013
mercredi 25 décembre 2013
lundi 23 décembre 2013
Glob-o-motors
Parana (Argentine), novembre 2012
Mar del Plata (Argentine), août 2013
Tractions Citroën des FFI dans le Paris de la Libération, Vespas sur la Via Veneto de la Dolce Vita fellinienne, taxis jaunes à damier noir et blanc dans le New York de Scorcese, Studebakers rose ou vert pâle, à l'arrêt capot ouvert, dans une rue défoncée de La Havane… on a tous dans la tête des images plus ou moins convenues d'une "géomotorisation" de la planète. Et dans l'Argentine d'aujourd'hui, c'est encore la Ford Falcon que l'on rencontre un peu partout, avec ce mélange non-dit dont me parle M.-E., ce grand écart entre les fantômes de celles, circulant au ralenti sans plaques d'immatriculation, dont les "escadrons de la mort" avaient fait l'incarnation mécanique de la terreur des années Videla, et la ré-appropriation aujourd'hui de ce qui avait pu être un symbole tout autre du pays d'avant.
Voir aussi ici, ici ou là.
samedi 21 décembre 2013
Chambres d'hôtel (Hors Série 17)
Certosa di Pontignano,
Sienne (Italie), juillet 2007
S'il faut en croire ce qui est écrit ici, la Certosa di Pontignano est aujourd'hui fermée. Fardeau financier pour l'Université de Sienne à laquelle elle appartient (mais lui appartient-elle encore ?), elle ré-ouvrira peut-être un jour, mais ce sera vraisemblablement sous la forme d'un hôtel de luxe, et les rencontres et les Écoles d'Été qui ont pu s'y tenir ne seront plus qu'un souvenir, une parenthèse entre les siècles d'un destin monacal et une reconversion à son exact opposé. Des quelques fois où j'y ai séjourné, j'ai le souvenir de chambres sobres et modernes, déjà loin du confort qu'on imagine spartiate des cellules dans lesquelles elles s'étaient installées. Et le cadre avait ce mélange de magnificence et de contingence où l'on était pleinement bien, quand bien même il pouvait faire regretter à un américain, pragmatique et peu sentimental, que la salle de conférence aux plafonds peints où l'on discutait sous le regard d'angelots flottant dans un ciel baroque ne soit pas équipée de climatisation. On prenait les repas dans le déambulatoire du grand cloître, parfois sur la terrasse d'où l'on apercevait au soir les tours de Sienne se découper sur l'horizon. Aux heures creuses de l'après-midi, lorsque la chaleur sèche qui rendait aveuglante la blancheur des routes avoisinantes faisait rechercher la fraîcheur, on pouvait se réfugier dans des recoins le plus souvent déserts, des salons à l'usage déjà délaissé dont les meubles ensommeillés étaient recouverts de draps épais, attendant on ne sait quoi. Il y avait là quelque chose d'un temps suspendu et le sentiment d'un équilibre instable, la conscience instantanée de l'instant présent, la perception aiguë de la chance qu'on avait de le vivre et tout à la fois le pincement de ne pouvoir le partager et de le sentir déjà filer.
vendredi 20 décembre 2013
jeudi 19 décembre 2013
mercredi 18 décembre 2013
mardi 17 décembre 2013
lundi 16 décembre 2013
dimanche 15 décembre 2013
samedi 14 décembre 2013
jeudi 12 décembre 2013
Notes (18)
Pune (Inde), 29 novembre 2013
On m'avait parlé de trois heures pour faire le trajet de Pune à Bombay, il en faudra presque deux pour juste sortir de la ville, enchaînant les déviations permanentes et les avenues en construction qui éventrent le centre, contournant des piles d'autoroutes à venir qui un jour délesteront la chaussée actuelle en la doublant en surplomb — à supposer que la circulation n'ait pas explosé en proportion d'ici là — mais avec lesquelles il faut pour l'instant composer au ralenti, se frayant un chemin en force entre nids de poules, ralentisseurs dissuasifs et un trafic incessant qui a l'air de s'inventer à chaque instant. Plus tard, bien plus tard, il fera nuit en entrant dans Bombay. De dense, la circulation redeviendra compacte et le trafic se figera de nouveau, la progression se gagnant au millimètre et à l'intimidation. Enchâssés entre les deux rubans d'asphalte à trois voies où le trafic s'asphyxie, on longera longtemps deux murets dérisoires de béton dont les cinquante centimètres qui les séparent sont parcourus d'une végétation sèche et famélique, terrain de jeux pour une grappe de gamins qui y tuent le temps en se chamaillant. Quatre ans peut-être, cinq au plus.
mercredi 11 décembre 2013
mardi 10 décembre 2013
Coronado memories
Hotel del Coronado,
San Diego (Californie), mars 1984
La Floride de "Certains l'aiment chaud" était en Californie. Pour des raisons de coûts je crois, la production avait décidé de localiser le tournage à San Diego, plus proche de Hollywood, en profitant d'une offre faite par l'Hotel del Coronado, vieux vaisseau échoué au bord du Pacifique qui, s'il avait connu ses heures de gloire, vivotait alors en attendant le client. L'hôtel a depuis repris du lustre et tourné palace, réservant ses chambres à des happy few fortunés. Dans l'insouciance des années 80, s'il était illusoire d'espérer jamais y dormir, il offrait cependant en libre accès des bars en terrasse où l'on pouvait jouer à Zelda et Scott en regardant le soleil se coucher dans le roulement des vagues, sirotant des piña colada sans distinction de classe, verre à cocktail, pailles et mini-parasol pour tous. À l'aube des années 90, changement de ton, les non-résidents n'avaient plus droit qu'à un espace réduit où le barman opérait à la chaîne, remplissant des gobelets en plastique à la tirette, avec ce qui ressemblait à un pistolet de pompe à essence… Lorsque je suis retourné à l'Hotel del Coronado à la fin des années 00, j'étais seul et je n'ai pas retenté ma chance, me contentant de traîner dans le lobby aux vitrines "marchandisées" et dans ce qui m'était accessible du dédale des couloirs, architecture victorienne de bois aux accents parfois d'un chalet suisse king size. Et puis, discutant l'an dernier avec Robert G., respectable professeur en visite en France, il m'apprend qu'il est né et a grandi dans ce quartier, juste en face de l'hôtel. Il avait 15 ans lors du tournage du film de Billy Wilder et, avec ses amis, il s'accrochait chaque jour aux grillages pour observer les équipes en action. Petite évaporation du regard lorsqu'il évoque la fois où Marilyn s'est arrêtée pour se tourner vers eux et leur a envoyé un salut de la main et un baiser…
lundi 9 décembre 2013
dimanche 8 décembre 2013
Notes (17)
Argentine, 1997
Ils ont vingt ans à peine — un peu plus, un peu moins, quelle importance — et la beauté tranquille des amoureux du petit matin. Des fois, c'est à la table voisine d'un café à peine ouvert qu'on les rencontre, dialogue à voix basse de leurs regards qui ne se lâchent pas et de leurs mains qui se joignent autour des tasses qu'ils laissent refroidir. D'autres fois, c'est d'un bus filant dans la presque obscurité du jour qui se lève qu'on les voit sortir ensemble d'une allée, emmitouflés, sac à l'épaule et main dans la main, s'embrassant tendrement une dernière fois avant de s'éloigner dans des directions opposées. D'autre fois encore, tout ensemble légers et sérieux, on les croise faisant leur marché et c'est le passé et le futur qui se télescopent, leur vie à venir comme le souvenir de notre jeunesse. Les amants tout neufs se reconnaissent entre mille et, sans le savoir, c'est un peu de leur bonheur qu'ils nous offrent en partage lorsqu'on les aperçoit.
samedi 7 décembre 2013
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