Venise, 21-23 octobre 2013
jeudi 24 octobre 2013
samedi 19 octobre 2013
Amériques (59)
Un jour, il y a déjà longtemps de cela — c'était au tout début des années 2000 —, je suis arrivé par hasard à Celebration, Floride. L'impression était d'autant plus forte que je n'avais aucune idée de l'existence de cette ville privée, créée de toute pièce par Disney à deux pas de ses parcs d'attraction d'Orlando. Celebration ? Des maisons de décor archétypiques d'une Amérique WASP et middle-class, des gazons impeccables, des rues et des trottoirs sans le moindre papier, sans le moindre mégot, l'impression d'entrer dans le Truman Show. Et partout le silence, pas celui, apaisant, d'une retraite loin du monde mais celui, plus inquiétant, que l'on sent confusément sourdre du souci de ne pas troubler d'un souffle la tranquillité de ses voisins. Seul îlot de vie en ce dimanche matin (où était l'église ?), un petit marché d'artisanat, visiblement vitrine des loisirs créatifs de la communauté. Aquarelles, bijoux, odeur de cannelle, café en fontaine, sourires irréels sous un soleil que l'on croirait ici lui aussi d'artifice. Une idée de ville à la sécurité programmée (co-optation, circulation piétonne, trottinettes en libre-service, caméras, bracelets GPS pour les enfants, pas de "vrais" commerces). Une idée du bonheur ?
mardi 15 octobre 2013
dimanche 13 octobre 2013
La vie des livres (21)
pour Sylvie "Cabias" M.
Lyon, 13 octobre 2013
Il y a, dans les bibliothèques en désordre, quelque chose d'une marée qui fait s'échouer sur le rivage de leurs rayonnages des livres au voisinage fortuit (a-t-on jamais vu un ressac déposer avec méthode et classer ce qu'il charrie ?). Il existe bien sûr des bibliothèques bien rangées, le plus souvent par ordre alphabétique ou thématique (parfois même par ordre exclusif de taille, comme celle de Samuel Pepys à Cambridge !), mais c'est en général affaire de professionnels ou de bibliomanes. À la maison, on ne va pas tout ré-organiser à chaque fois qu'un nouveau livre arrive, on va au plus simple et la place qu'il trouve est avant tout question de possibilité, tantôt jouant des épaules pour se glisser entre deux volumes prenant un peu trop leurs aises, tantôt s'allongeant — à tutoyer l'étagère supérieure — sur une fratrie de petits formats, ou encore se garant en double file dans l'attente d'un meilleur emplacement qui ne viendra peut-être pas avant longtemps. Et gare à ne pas trop troubler cet ordre qui n'en est pas un, mais dont la mémoire, même si elle est diffuse et parfois tâtonnante, nous fait retrouver un volume avec une assurance dont on arrive soi-même à s'étonner ! Et balayer du regard les tranches ainsi offertes nous fait suivre une trajectoire en zig-zag dont les livres sont des points d'ancrage, une promenade aléatoire faite de ricochets temporels entre les "où" et les "quand" de l'arrivée de chacun ou presque. Si dans les livres, on explore des chemins qui nous sont étrangers, c'est aussi dans notre vie que l'on voyage dans nos bibliothèques.
jeudi 10 octobre 2013
lundi 7 octobre 2013
jeudi 3 octobre 2013
mercredi 2 octobre 2013
mardi 1 octobre 2013
lundi 30 septembre 2013
Notes (16)
Maroc, 2013
1. En sortant de la gare, le rectangle aux bords arrondis de la fenêtre du compartiment découpe un paysage fait d'immeubles semblant en construction permanente — juxtaposition, empilement, accumulation de cubes de béton, tous également surmontés, décorés, grêlés d'une multitude de paraboles.
2. Dans le brassage des allées et venues, l'invariant des téléphones portables omniprésents comme dénominateur commun.
3. Le temps d'un regard, la perspective à peine entraperçue d'une large avenue aligne des réverbères le long de constructions rouge sang, sitôt remplacées par le vert et l'ocre de poches de végétation.
4. Des champs de cactus, un âne, un feu d'herbes sèches, une mobylette au phare allumé, on a bientôt quitté la ville.
5. On laisse le regard flotter et, petit à petit, on s'installe dans le voyage.
6. L'horizontalité sans faille du paysage est parfois troublée par un château d'eau, un minaret, ou un château d'eau déguisé en minaret, quand ce n'est pas par le profil d'un alignement de cyprès qui égaie la ligne d'horizon.
7. Le train arrêté dans une courbe, un attroupement que l'on devine vers les voitures de tête, vite la rumeur que quelqu'un s'est jeté sur la voie, les enfants que l'on presse de rester dans le compartiment, les adultes en éclaireurs, les jeunes qui vont et viennent, à chaque fenêtre des immeubles qui donnent sur la voie des curieux qui attendent et regardent en silence.
8. On repart et, de plus en plus souvent, c'est la vue de quartiers en retrait, qu'on pourrait croire maintenus à une distance de sécurité de la voie ferrée dont ils sont séparés par des friches ou des terrains vagues interrompant sans transition des rues à l'implantation géométrique régulière, quadrillant avec constance un espace prélevé au milieu de nulle part.
9. La gare en cul-de-sac, le même Hôtel IBIS à l'arrivée qu'au départ et la chaleur retrouvée. Une porte, un hall, une autre porte, une esplanade, des taxis en tous sens, la ville à deux pas.
Maroc, 2013
dimanche 29 septembre 2013
vendredi 27 septembre 2013
jeudi 26 septembre 2013
mercredi 25 septembre 2013
lundi 23 septembre 2013
samedi 21 septembre 2013
mercredi 18 septembre 2013
mardi 17 septembre 2013
dimanche 15 septembre 2013
samedi 14 septembre 2013
vendredi 13 septembre 2013
jeudi 12 septembre 2013
mercredi 11 septembre 2013
dimanche 8 septembre 2013
samedi 7 septembre 2013
jeudi 5 septembre 2013
mercredi 4 septembre 2013
mardi 3 septembre 2013
lundi 2 septembre 2013
dimanche 1 septembre 2013
vendredi 30 août 2013
La vie des livres (20)
Les librairies d'aujourd'hui ressemblent à ces salons de peinture d'autrefois, ces galeries dont l'accrochage étouffant occupait, du sol au plafond, jusqu'au dernier centimètre carré disponible des surfaces sur lesquelles il se déployait. Toiles là-bas et livres ici, mais la même profusion, l"exposition" remplissant tout l'espace en un patchwork d'éléments disparates dont chacun attire plus que l'autre le regard et qui, ensemble, en viennent à se neutraliser mutuellement. À peine a-t-on remarqué celui-ci que l'œil glisse sur celui-là... à quoi bon aller voir l'un ou l'autre de plus près ? Et une belle couverture invite-t-elle à un bon livre ? On croise sur les jaquettes de romans des images délicatement choisies qui sont autant d'invites et de mises en confiance, Stephen Shore par ici pour le dernier Richard Ford, une sempiternelle vague d'Hokusai par là — un peu moins semble-t-il cette année le frais minois des auteures les plus photogéniques, allez savoir pourquoi ? —, mais un roman que l'on identifie à sa couverture illustrée, c'est un mélange des genres ouvrant la porte à un malentendu possible ou à un renversement perceptif, comme pour ces ouvrages anciens dont les réimpressions affichent, en sésame discutable, la photo d'un film récent qui a pu en être tiré. Car un livre n'est pas une image, c'est du temps bien plus que de l'espace, le temps de la lecture, pas plus que celui de l'écriture, ne pouvant se réduire à une instantanéité. Un dessin, un tableau, sont aussi élaborés dans la durée mais ils nous sont donnés à voir dans l'instant, dans une globalité à laquelle seul notre regard peut donner une nouvelle forme de temporalité par l'exploration qu'il en fait. Et l'image photographique repousse encore cette limite, pure captation d'espace, à la fois extensive et presque instantanée. Oublions les images, les titres eux-mêmes sont la barrière cruelle du premier tri. On lit "Ormuz", et bien sûr on est tenté, mais on se souvient de "La théorie de l'information" de l'an dernier et on se surprend à réaliser qu'on l'a oublié si vite qu'on n'a même pas pris le temps de le lire. Chaque titre est un appel, une suggestion nouvelle vers une infinité de possibles que l'on n'aura jamais la possibilité d'explorer, alors on se contente de savoir qu'ils sont potentiellement là et, de n'avoir su choisir, on ressort souvent les mains vides de ces librairies d'abondance où nos pas nous ramènent encore et encore.
mercredi 28 août 2013
lundi 26 août 2013
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