mardi 3 septembre 2013

L'un l'autre

Exposition Marc Riboud au Quartz,
Brest, 3 septembre 2013

Chambres d'hôtel (Hors Série 15)

Hôtel Ibis Centre, Chambre 106,
Brest, 2 septembre 2013

lundi 2 septembre 2013

dimanche 1 septembre 2013

Silenzio

Saint-Just-en-Chevalet, 1er septembre 2013

vendredi 30 août 2013

La vie des livres (20)


Les librairies d'aujourd'hui ressemblent à ces salons de peinture d'autrefois, ces galeries dont l'accrochage étouffant occupait, du sol au plafond, jusqu'au dernier centimètre carré disponible des surfaces sur lesquelles il se déployait. Toiles là-bas et livres ici, mais la même profusion, l"exposition" remplissant tout l'espace en un patchwork d'éléments disparates dont chacun attire plus que l'autre le regard et qui, ensemble, en viennent à se neutraliser mutuellement. À peine a-t-on remarqué celui-ci que l'œil glisse sur celui-là... à quoi bon aller voir l'un ou l'autre de plus près ? Et une belle couverture invite-t-elle à un bon livre ? On croise sur les jaquettes de romans des images délicatement choisies qui sont autant d'invites et de mises en confiance, Stephen Shore par ici pour le dernier Richard Ford, une sempiternelle vague d'Hokusai par là — un peu moins semble-t-il cette année le frais minois des auteures les plus photogéniques, allez savoir pourquoi ? —, mais un roman que l'on identifie à sa couverture illustrée, c'est un mélange des genres ouvrant la porte à un malentendu possible ou à un renversement perceptif, comme pour ces ouvrages anciens dont les réimpressions affichent, en sésame discutable, la photo d'un film récent qui a pu en être tiré. Car un livre n'est pas une image, c'est du temps bien plus que de l'espace, le temps de la lecture, pas plus que celui de l'écriture, ne pouvant se réduire à une instantanéité. Un dessin, un tableau, sont aussi élaborés dans la durée mais ils nous sont donnés à voir dans l'instant, dans une globalité à laquelle seul notre regard peut donner une nouvelle forme de temporalité par l'exploration qu'il en fait. Et l'image photographique repousse encore cette limite, pure captation d'espace, à la fois extensive et presque instantanée. Oublions les images, les titres eux-mêmes sont la barrière cruelle du premier tri. On lit "Ormuz", et bien sûr on est tenté, mais on se souvient de "La théorie de l'information" de l'an dernier et on se surprend à réaliser qu'on l'a oublié si vite qu'on n'a même pas pris le temps de le lire. Chaque titre est un appel, une suggestion nouvelle vers une infinité de possibles que l'on n'aura jamais la possibilité d'explorer, alors on se contente de savoir qu'ils sont potentiellement là et, de n'avoir su choisir, on ressort souvent les mains vides de ces librairies d'abondance où nos pas nous ramènent encore et encore.

mercredi 28 août 2013

Bonheurs en petite monnaie (15)

Saint-Just-en-Chevalet, 24 juillet 2013

Amériques (58)

Bethleem (Pennsylvanie), 30 avril 2011

lundi 26 août 2013

Avenida Colón (2)

Mar del Plata (Argentine), 14 août 2013

jeudi 22 août 2013

Cinéma, Cinémas (36)

Villa Mitre,
Mar del Plata (Argentine), 14 août 2013

samedi 17 août 2013

Estancia

vers Mar del Plata (Argentine), 10 août 2013

vendredi 16 août 2013

L'Ambassador fait de la résistance

pour Christian L.

Mar del Plata (Argentine), 16 août 2013

Spéculation

Mar del Plata (Argentine), 16 août 2013

Cafés (54)

La Fonte d'Oro,
Mar del Plata (Argentine), 15 août 2013

jeudi 15 août 2013

Front de mer


Mar del Plata (Argentine), 14 août 2013

Désarmement des toboggans (Hors Série 3)

Ocean Rex,
Av. Independencia 1725,
Mar del Plata (Argentine), août 2013

Vérification de la porte opposée (Hors Série 2)

Villa Mitre,
Mar del Plata (Argentine), 14 août 2013

Voir aussi ici.

Désarmement des toboggans (Hors Série 2)

Cine Atlantic,
Av. Pedro Luro 3426,
Mar del Plata (Argentine), août 2013

Voir aussi ici.

Vérification de la porte opposée (Hors Série 1)

Villa Mitre,
Mar del Plata (Argentine), 14 août 2013

Voir aussi ici.

mardi 13 août 2013

En descendant l'Av. P. Luro



Mar del Plata (Argentine), 12 août 2013

lundi 12 août 2013

Le jour d'après

Mar del Plata (Argentine), 12 août 2013

Escoliera Sur

Mar del Plata (Argentine), 11 août 2013

San Salvador



Mar del Plata (Argentine), 11 août 2013

dimanche 11 août 2013

Cafés (53)

La Fonte d'Oro,
Mar del Plata (Argentine), 11 août 2013

Passerelles (71)

 vers Mar del Plata (Argentine), 10 août 2013

Albufera Mar Chiquita (Argentine), 10 août 2013

Asado

vers Mar del Plata (Argentine), 10 août 2013

vendredi 9 août 2013

Chambres d'hôtel (Hors Série 14)

Boston (Massachusetts), 1988 (?)

Je ne me souviens plus du nom de cet hôtel et je ne suis pas vraiment sûr de l'année… Ce dont je suis certain, c'est que c'était avant les laptops, avant internet, avant le wifi, avant d'aller "sur la Toile" pour voir un film en streaming au lieu d'aller "se faire une toile" au cinéma, et que la seule ouverture sur le monde, lorsqu'on avait fermé la porte de la chambre et tiré les rideaux, passait par la télé. Zap vs. surf. Et voici que j'y suis ramené aujourd'hui, dans ce Gran Hotel Dora de Mar del Plata où les ondes s'épuisent avant d'atteindre ma chambre 505 et l'arrière-cour sur laquelle elle donne. Encore réveillé tôt ce matin — décalage horaire oblige —, j'allume et j'ai l'impression que pas grand-chose a changé depuis tout ce temps : du sport, des pubs, des films interrompus par des pubs, des séries, des clips… Un peu de couleur locale avec des telenovelas, identifiables comme telles au premier coup d'œil, mais pas d'infos ou presque (à part CNN) ou alors très locales, météo et — spectacle hypnotisant — une webcam tournée vers le front de mer encore endormi, délivrant impassiblement son flux d'images que l'on pourrait croire fixes ne serait le va-et-vient miroitant des vagues et, de temps en temps, la trajectoire évanescente de phares trouant l'obscurité. La télé mais le web quand même, avec une pensée pour François Bon et ce qui reste de ses webcams du dimanche

Cafés (52)

Club de Pesca,
Mar del Plata (Argentine), 8 août 2013

Avenida Colón

Mar del Plata (Argentine), 8 août 2013

Désarmement des toboggans (Hors Série 1)

Regina Palace,
 San Martin 2456,
Mar del Plata (Argentine), 8 août 2013

Le Regina Palace était un des nombreux cinémas de Mar del Plata, et un des plus anciens. Si on en démonte encore le toit aujourd'hui, il y a déjà plus d'un an qu'un Burger King a pris possession des lieux.

Voir aussi ici.

jeudi 8 août 2013

Le cri du cœur

Mar del Plata (Argentine), 8 août 2013

Downtown autopista (2)




Buenos Aires (Argentine), 7 août 2013

mardi 6 août 2013

2003/2013

Une décennie où la tendance lourde est au renforcement des extrêmes. On voit passer des ouragans dévastateurs, des tsunamis, des tremblements de terre king size, des accidents nucléaires. Les hauts et les bas de la finance folle font écho à des sécheresses et des inondations sans précédent, les étés deviennent caniculaires et, dans le même temps, de l'Iran à l'Égypte, de la Russie à la Tunisie, du Tea Party au "Mariage pour tous", du voile intégral aux Femen, les régimes, les religions, les opinions se radicalisent, les positions extrémistes se revendiquent et s'affichent. Et s'il fallait y voir davantage qu'une coïncidence ? Je me souviens qu'au début des années 2000, un climatologue américain rencontré dans une conférence m'avait parlé d'une étude conduite pour le gouvernement fédéral sur les liens de cause à effet — ou, à tout le moins, de corrélation — entre données météo et stabilité politique, avec un intérêt tout particulier pour les régions proches de l'Équateur (souvent plus sujettes aux instabilités, renversements brutaux, coups d'État, révolutions, etc.) et à la clé l'espoir d'une nouvelle lecture prédictive des conséquences géopolitiques du changement climatique ! Global warming everywhere

[Cette chron(olog)ique s'arrête ici, comme çà, un peu en l'air. Paradoxalement, plus les années "du jour" s'approchent de 2013, plus les fenêtres de souvenirs qu'elles ouvrent me semblent factuelles et conventionnelles. Peut-être un effet de la globalisation et de la prolifération croissante d'images de plus en plus partagées ? Peut-être une décantation insuffisante ? Ou peut-être juste un peu de lassitude pour cet exercice quotidien auquel je préfère mettre un terme avant de changer de latitude… Merci à mes quelques suiveurs !]

lundi 5 août 2013

2002

L'arrivée des "nouveaux francs" ne m'avait pas trop perturbé (j'avais 5 ans) et même si, par mimétisme et procuration, j'ai longtemps jonglé entre nouveaux et anciens francs, au moins le rapport de 1 à 100 était-il simple. Avec l'euro, ce sont de nouvelles habitudes qu'il fallut acquérir, et j'ai mis plusieurs années à intégrer les repères nécessaires à l'évaluation directe d'un prix affiché en euros, en essayant de ne pas passer par une conversion en francs (oserais-je avouer qu'il m'arrive encore d'y recourir ?). Le problème de revenir à une jauge en francs — en se raccrochant par exemple à ce que 15 euros, c'est 100 francs à la louche —, c'est qu'on se projette en des temps révolus où un café valait 3 francs et une place de cinéma guère plus d'une dizaine ! Mais ce temps-là s'est arrêté au 1er janvier 2002, et ce qui nous trouble aujourd'hui, ce n'est pas tant qu'un café puisse valoir désormais l'équivalent de 10 ou 15 francs que la confusion d'imaginer qu'on aurait dû débourser cette somme il y a une douzaine d'années. En 2002 donc, adieu les francs — en ai-je seulement gardé quelques-uns en souvenir ? Ce que je sais, c'est que, vestiges oubliés, j'ai encore quelque part une boîte avec de multiples enveloppes contenant chacune un peu de ferraille (voire quelques billets) de l'Europe d'avant l'euro. Passer les frontières était parfois un casse-tête, mais aller à la banque pour changer des francs en drachmes, lires, marks, pesetas, florins ou schillings, c'était déjà le début du voyage…

dimanche 4 août 2013

2001

Je sèche la fin des sessions de l'après-midi et je traverse Toulouse en flânant. L'air est doux et tout a l'air normal, pourquoi d'ailleurs se poser la question ? Dans les parcs, il y a des enfants qui jouent, des couples qui vont main dans la main, l'été s'étire, pourquoi la soirée serait-elle différente ? Arrivé à l'hôtel, j'allume machinalement la télé et jette un coup d'œil distrait à l'écran qui s'allume tout en composant le numéro de téléphone de la maison. Et c'est à cet instant précis que je découvre pour la première fois les images qui ne cesseront de tourner en boucle et que je dis, incrédule et cherchant à comprendre : "Attends, mais il se passe quoi, là ?". On a dit de l'assassinat de Kennedy que l'on sait tous où on était et ce qu'on faisait quand on l'a appris (je revois ma sœur déboulant de sa chambre pour nous le dire après avoir entendu la nouvelle sur son "transistor"). Ainsi sans doute aussi du 11 septembre 2001...

samedi 3 août 2013

2000

Il aura suffi que passe l'instant qui aurait pu être celui de mon triomphe pour qu'on se rende à l'évidence : je n'existe pas ! On m'avait pourtant annoncé à grand renfort d'accents dramatiques, on avait dénoncé l'inconséquence de bricolos seventies n'ayant pas vu plus loin que le bout de leur siècle, on avait claironné mes ravages à venir dans une Apocalypse numérique qui n'avait pas manqué de prophètes. Et puis les compteurs se sont remis à zéro comme redouté et rien ne s'est passé. Tout avait-t-il donc été retouché préventivement et comme il faut, force sociétés de service à l'appui en exorcistes des temps modernes, ou bien n'y avait-il rien à réparer ? On m'imaginait comme un monstre terrifiant mais, du jour au lendemain, on me rapetisse à vue d'œil, petit insecte agaçant que l'on passera bien vite et sans façons aux oubliettes de l'Histoire. J'avais un nom de code, Y2K, mais je n'existais pas.

vendredi 2 août 2013

1999

Il y a d'abord l'attente. Le compte à rebours, et aussi le doute sur l'emplacement choisi. Le ciel est changeant, parfois couvert ici, dégagé là. Quelques téléphones portables en circulation permettent des ajustements de dernière minute mais vouloir changer de place est hasardeux, les promontoires les plus avantageux ont été pris d'assaut depuis longtemps. Autour des voitures perlées sur la ligne de crête, l'installation va du plus simple au plus sophistiqué, des mains dans les poches au télescope avec chambre photographique. Le temps passe et le pari fait sur le ciel semble un instant perdu, les trouées entre les nuages disparaissant une à une. L'œil en va-et-vient entre le ciel et la montre, on se refuse à renoncer et, juste avant que n'arrive enfin l'instant imperceptible de la première tangence, du premier chevauchement, les nuées s'entrouvrent comme la Mer Rouge devant Moïse, un vent soutenu se met à souffler et tout s'accélère, on voit venir de l'horizon la ligne de front de l'ombre qui s'avance à travers les champs, et l'obscurité se fait dans le silence — les oiseaux ont-ils vraiment cessé de chanter ? Si l'on se retourne, l'alignement des visages qui s'offre au regard, tournés dans la même direction et chaussés des mêmes lunettes de protection, fait penser à ces photos de salles de cinéma immortalisant le public lors de la projection d'un film en relief.  C'est l'obscurité et le silence, et rien ne semble changer pendant un temps dilaté comme peut l'être celui d'un tremblement de terre. Encore quelques secondes et la lumière revient comme elle était partie, on retire ses lunettes et on se regarde sans trop savoir quoi dire. Maintenant, le ciel peut se couvrir de nouveau si cela lui chante et il peut bien se mettre à pleuvoir…

jeudi 1 août 2013

1998

Impossible d'y échapper. Ne pas s'enthousiasmer ou seulement s'en désintéresser confine presque à un diagnostic d'asocial. Le "black-blanc-beur" survendu, les filles aux joues tricolores, les estrades et les écrans géants sur les places, "Les yeux dans les Bleus", ce pourrait être la Libération ! Refuge du patriotisme et du cocorico au-dessus des partis, il aura suffi d'une victoire dans un stade pour que la cote de popularité du Président de la République et de son Premier Ministre grimpe instantanément de plusieurs points…

mercredi 31 juillet 2013

1997

Les "plaisirs minuscules" de Philippe Delerm ne font pas l'unanimité. Le public réserve à sa Première gorgée de bière un accueil enthousiaste, mais les critiques font la moue. Peut-être est-ce plutôt l'auteur qui ne fait pas l'unanimité ? Ou son succès ? Voilà un prof de Français, enseignant  dans un collège de province, qui (loin pourtant d'en être à son premier livre) se met à écrire sur des choses ordinaires, des choses et des sentiments  qui parlent à tout le monde et que tout le monde s'approprie comme naturellement… ce ne peut donc être de la littérature, c'est l'application d'une recette facile, presque un devoir de rentrée scolaire ("Racontez un souvenir de vacances, une page maximum") ! Question projet et déclinaisons, la simplicité et l'universel d'un sujet ont pourtant déjà été plusieurs fois encensés — que ce soit pour les Mythologies de Barthes, Le parti pris des choses de Ponge, Je me souviens de Perec ou le minimalisme du nouveau Nouveau Roman chez Minuit — mais, là, ce n'est pas pareil, le succès n'a pas été au rendez-vous de la même manière, il n'y a pas eu prix ou distinction montrant la voie par ceux qui savent, seulement un bouche-à-oreille (souvent de libraire à lecteur) entachant l'ouvrage de l'aura douteuse d'une étiquette "seulement" grand public. Delerm, ce n'est pourtant pas du marketing, ce n'est ni Lévy, ni Musso ou consorts… Corollaire du "paradoxe du Guide du Routard" : si tout le monde y va, s'en méfier ! 1997, c'est aussi l'année de la sortie du premier volume d'Harry Potter.

mardi 30 juillet 2013

1996

69, année érotique. 96, année olympique. Et érotique aussi pour Bill Clinton qui, avant et après sa ré-élection de novembre, prend soin de façon "inappropriée" de sa stagiaire préférée dans le secret d'un bureau aussi ovale que les stades construits à Atlanta pour les Jeux. J'étais de passage à Atlanta au printemps, et sans doute les préparatifs battaient-ils leur plein quelque part, mais les images qui me reviennent sont surtout celles d'une Amérique de buildings hauts et serrés comme une équipe de footballeurs prêts à la mêlée, de parkings en arrière-cour où volent des papiers gras et de highways traversant le centre-ville, une Amérique de la vitesse et un concentré de symboles, Martin Luther King, Coca-Cola et CNN réunis. De l'autre côté de l'Atlantique, François Mitterrand vient de disparaître, et avec cette autre vie amoureuse agitée qui s'achève — d'une façon si différente de l'affaire Lewinsky à venir —, on sent qu'une époque s'est terminée. Pour ma fille Z., un an en octobre, Mitterrand et Clinton seront des noms un peu lointains dans des livres d'Histoire.

lundi 29 juillet 2013

1995

Première des douze années Chirac à venir. Un nouveau président, c'est une nouvelle photo officielle, avec chaque fois l'occasion pour le nouvel élu de se démarquer du précédent, la question centrale semblant être : bibliothèque (de l'Élysée) ou pas bibliothèque ? Un coup sur deux donc depuis De Gaulle-bibliothèque et Pompidou-bibliothèque, avec d'abord Giscard-pas-bibliothèque en pseudo-dilettante ayant choisi le vrai dilettante Jacques-Henri Lartigue pour l'immortaliser en plein air, ensuite Mitterrand-bibliothèque saisi par Gisèle Freund dans la lignée de Malraux, Sartre, Joyce et tant d'autres, puis Chirac-pas-bibliothèque sous l'œil un peu inattendu de Bettina Rheims dans les jardins du Palais, suivi par Sarkozy-bibliothèque (!), forcément people avec le "photographe des stars" Philippe Warrin, et enfin Hollande-pas-bibliothèque dans une photo au jardin (les corréziens se retrouvent) dont il faut bien reconnaître qu'elle n'est pas la meilleure de Raymond Depardon… Gageons que le prochain (ou la prochaine) devrait retrouver les volumes de cuir aux dos reliés à l'or fin, avec bien sûr un je ne sais quoi pour renouveler le genre. Difficile de faire appel à Yann Arthus-Bertrand pour une "vue de ciel", mais pourquoi ne pas solliciter les dessinateurs de Charlie Hebdo ou du Canard Enchaîné, déjà longuement aguerris à l'exercice ?

dimanche 28 juillet 2013

1994

Olivier Rolin reçoit le Prix Fémina pour Port-Soudan. Le romancier jusqu'ici plutôt confidentiel devient un personnage public dont on (re-)découvre la trajectoire chahutée et, disons-le, terriblement romanesque — voire romantique —, l'auteur et l'œuvre se mêlant sans vraies frontières, à l'image de l'ex-clandestin et du bourlingueur que l'on a connu prolixe en ses portraits de villes distillés dans des revues (City) et de petits opuscules à l'édition soignée (Sept Villes chez Rivages, En Russie ou La Havane chez Quai Voltaire). Pour qui a découvert ce Rolin-là au fil du temps et de ces récits pour (et avec) lesquels on rêvait de partir sur le champ à Trieste, Prague, Valparaiso ou Alexandrie, on ne peut s'empêcher de ressentir une pointe d'agacement à l'espèce de consensualité entendue que donne au Rolin de Port-Soudan, comme par un coup de baguette magique, sa médiatisation toute neuve. Un peu comme il y aura eu, pour Wim Wenders, un avant et un après au tournant de la Palme d'Or de Paris Texas, nonobstant Faux Mouvement, Alice dans les Villes ou Au Fil du Temps. C'est un peu le "paradoxe du Guide du Routard", une ruée inéluctable vers des endroits vantés pour être en-dehors des sentiers battus, avec à la clé une transition de phase abrupte entre confidentialité et promiscuité qui peut faire s'en détourner… ou n'y aller que "hors saison" en attendant d'y retourner l'effet de mode passé.