Tokyo (Japon), 25-26 octobre 2012
samedi 27 octobre 2012
vendredi 26 octobre 2012
Kanda
Tokyo (Japon), 26 octobre 2012
La foule mais le silence… Quittant l'avenue et s'engageant dans la rue piétonne qui rejoint la gare de Kanda, on croise un flot ininterrompu de voyageurs que le matin délivre et, le remontant à contre-courant, on prend peu à peu conscience de l'épaisseur d'une forme de silence qui l'enveloppe. Glissement pressé mais feutré des silhouettes, le mutisme des trajectoires parallèles n'est cassé que par les claquements de talons qui résonnent et se dispersent — claquements dont, les remarquant, on croirait qu'ils vont s'amplifiant. Sinon, rien ou pas grand-chose. De temps en temps, un peu de musique qui s'échappe d'une boutique devant laquelle on passe, ici la sonnette grêle d'un vélo, là le transistor chuintant d'un vendeur de bricoles. Et puis, plus on s'approche de la gare et plus les bruits de la rue reprennent un cours habituel, le va-et-vient des trains ajoutant son roulement de métal aux annonces des hauts-parleurs et à la circulation retrouvée.
jeudi 25 octobre 2012
mercredi 24 octobre 2012
mardi 23 octobre 2012
dimanche 21 octobre 2012
Sur une image de Claude Nori
© Claude Nori
Cette photographie de Claude Nori, c'est une de ces photographies dont, de l'avoir vue et revue — pour la première fois en 4ème de couverture de Vacances à l'italienne en 1987, et puis ensuite en bien d'autres occasions, depuis Un été italien en 2002 jusqu'à La géométrie du flirt paru l'an dernier —, je pensais que je la connaissais par cœur, que j'aurais pu la décrire et presque en faire un croquis de mémoire. Et puis je la revois à la Maison Européenne de la Photographie et je découvre — vertu possible du grand format, ou peut-être simple conséquence d'un angle obligé de vision entre deux visiteurs — ce premier plan que je n'avais jamais remarqué jusqu'alors, ce bras à la cigarette qui s'invite dans l'image et la trouble d'un je ne sais quoi. On peut gager que cette intrusion n'a probablement pas été voulue par le photographe au moment de la prise de vue, que celui-ci n'en a peut-être même pris conscience qu'au tirage, avec alors ce mélange possible de regret et de "c'est finalement très bien ainsi", tant c'est une image qu'il n'était par ailleurs pas question de mettre de côté. Et puis on y voit aussi autre chose, quelque chose comme un relais (par ces cigarettes semblables dont la fumée se devine et va se mélangeant) entre cette fille immobile, dont la beauté aux faux airs de Stefania Sandrelli capte avant tout le regard, et le monde qui l'entoure, monde que l'on ne peut qu'imaginer, microcosme mouvant dont d'autres photographies semblent pourtant nous dresser un portrait familier, fragmenté et changeant mais proche, toujours entre l'immobilité et le mouvement, l'attente et l'observation. Cette fille en noir et blanc, on aurait juré que c'était elle que l'on retrouvait en couleurs sur la vidéo super 8 tremblante de l'exposition (une parmi quatre assises sur le dossier d'un banc autour duquel tourne le photographe-cinéaste autant que les ragazzi) et puis non, les dates et les lieux ne collent pas, Sicile 1983 versus Rimini 1982... Et l'Alfa sur laquelle elle est appuyée, nul ne sait à qui elle appartient mais on dirait la même que celle qui apparaît sur une autre image, prise là encore à Rimini, vue basculée d'une jetée où des couples s'éparpillent les yeux dans les yeux. Parfois les mêmes, d'autres fois non, en croyant les reconnaître on a l'impression de les connaître, et on se prend peu à peu à penser qu'on aurait aussi bien pu y être. Entre aujourd'hui et autrefois, le jeu de pistes de ces années heureuses se brouille. Trente ans après, on se demande ce qu'il en est advenu, ce que la vie a pu faire et défaire de ces beautés joyeuses et insouciantes, de ces amours naissantes. Un fragment de silhouette entre dans le champ d'une photographie qui aurait pu nous rester totalement étrangère (au sens d'un espace clos et d'un temps révolu auxquels on serait naturellement extérieur), et c'est au contraire un univers tout ce qu'il y a de plus concret qu'il convoque et fait surgir, presque un bout de notre jeunesse qu'il nous fait toucher du doigt.
jeudi 18 octobre 2012
mercredi 17 octobre 2012
lundi 15 octobre 2012
jeudi 11 octobre 2012
mercredi 10 octobre 2012
mardi 9 octobre 2012
lundi 8 octobre 2012
dimanche 7 octobre 2012
Amériques (49)
Hillsboro (TX), 20 mars 2010
Bref arrêt à une station-service sur l'IS-35. Je n'avais pas noté le nom de l'endroit, mais l'indice du code téléphonique sur la pancarte tend à dénoncer Hillsboro, Texas (supputation confirmée ici).
Temps maussade ce matin-là. Je me souviens avoir caressé le vain espoir de trouver autre chose en m'arrêtant qu'une pompe, mais non. Échoppes fermées, ni bar ouvert où prendre un café, ni âme qui vive alentour. Pas même repéré (*), en passant le 107 S Waco St, l'ancien Texas Theatre dont je ne soupçonnais évidemment pas l'existence, et dont l'état est certainement moins rutilant aujourd'hui que jadis si l'on en croit le Street View de Google Maps ou d'autres images...
(*) erreur… (note du 4 mars 2013)
samedi 6 octobre 2012
vendredi 5 octobre 2012
jeudi 4 octobre 2012
mercredi 3 octobre 2012
mardi 2 octobre 2012
lundi 1 octobre 2012
dimanche 30 septembre 2012
Amériques (47)
Parmi les tout premiers livres qui m'ont donné envie de faire (vraiment) des photos, il y a eu, au début des années 80, la série des petits volumes "Écrit sur l'image" aux Éditions de l'Étoile, avec en premier lieu la Correspondance new-yorkaise et le Le désert américain de Raymond Depardon (mais aussi l'été dans le "Deep South" de Gilles Mora). Un peu plus tard, et dans un registre graphique différent, il y a eu le Written in the West de Wim Wenders et ses errances pré-"Paris, Texas". Et beaucoup d'autres ensuite comme bien sûr Robert Frank et ses Américains, la découverte de Louis Faurer et de Saul Leiter, William Eggleston et Stephen Shore, avec une mention particulière pour The road to Reno d'Inge Morath.
À chaque fois, des visions de l'Amérique dans lesquelles je me sentais d'une certaine façon "comme à la maison" et qui, en retour, revenaient en filigrane dans mes propres images. J'ai presque commencé ce blog avec la question de la poule et de l'œuf du regard photographique, en particulier dans des lieux aussi chargés symboliquement que les USA, et j'y suis revenu plusieurs fois (cf. ici ou là).
On pourrait aussi prendre prétexte de cette singularité (multiple quand même) de l'américanité pour interroger le format, la couleur par rapport au noir et blanc, etc. Depardon n'a, me semble-t-il, jamais photographié l'Amérique en couleurs, ni Faurer ni Frank (?), alors que c'est en Amérique que Doisneau est allé chercher une colorisation qu'on ne lui connaît pas dans ses photos parisiennes. À l'inverse, Leiter est synonyme de couleurs et, lorsqu'on publie de l'Eggleston en n&b, on prend soin de le préciser. Wenders (par exemple dans "Une fois") oscille entre les deux, souvent plus narratif en n&b, davantage contemplatif et silencieux en couleurs.
Autant d'Amériques avec lesquelles et dans lesquelles on ne se lasse pas de voyager, roulant, marchant, photographiant…
samedi 29 septembre 2012
vendredi 28 septembre 2012
jeudi 27 septembre 2012
mercredi 26 septembre 2012
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