La nostalgie n'est peut-être pas tant le regret de ce qui a été que celui de ce qui aurait pu être. Jeune, on ne vit souvent le présent qu'à moitié, profitant bien sûr de l'instant mais négligeant ou jetant aux orties ce qui porte trop ostensiblement la marque du passé, préférant projeter dans un futur que l'on imagine à portée de main l'idée d'une vie pleine et entière, nouvelle et forcément meilleure. Plus tard, bien plus tard, la vie vécue n'aura pas forcément été au rendez-vous des espérances et, lorsqu'on se retournera vers sa jeunesse, le petit pincement au cœur qui nous étreindra portera la marque — au côté du rappel de quelques instants magiques que l'on aura connus — d'un regret informulé des rendez-vous manqués. Il en va ainsi du temps qui passe mais, glissant de l'avant à l'ailleurs, les choses sont-elles si différentes pour l'espace ? Tantôt les souvenirs nous renvoient à des lieux connus et chéris en les mêlant indistinctement à des instants enfuis, et nous n'avons alors de cesse, revenant par hasard ou par un fait exprès au même endroit, de retourner le plus exactement possible où nous avons jadis été, guettant le même et le dissemblable. Et tantôt c'est de ces lieux où nous ne sommes jamais allé que nous avons une sorte de nostalgie "anticipative", les imaginant tels que nous pensons les trouver à l'aune d'images forcément déjà anciennes et sans doute dépassées. Une ville inconnue ne ressemble jamais à l'idée que l'on s'en fait a priori, que ce soit par la lecture de son plan ou les photos et les films que l'on peut en avoir vu. Une fois sur place, rien n'est jamais vraiment pareil et, troquant de l'espace pour du temps, la nostalgie s'invite alors par l'impossibilité de revivre des souvenirs par procuration.
vendredi 14 octobre 2011
dimanche 9 octobre 2011
samedi 8 octobre 2011
vendredi 7 octobre 2011
dimanche 2 octobre 2011
samedi 1 octobre 2011
vendredi 30 septembre 2011
jeudi 29 septembre 2011
mardi 27 septembre 2011
lundi 26 septembre 2011
vendredi 23 septembre 2011
mercredi 21 septembre 2011
Marches nuptiales
Paris,
21 septembre 2011
Entre l'hôtel et la bibliothèque, le hasard du matin m'a fait passer rue Coquillière et découvrir au 37 une vitrine…
La suite ici.
21 septembre 2011
Entre l'hôtel et la bibliothèque, le hasard du matin m'a fait passer rue Coquillière et découvrir au 37 une vitrine…
La suite ici.
mardi 20 septembre 2011
vendredi 16 septembre 2011
jeudi 15 septembre 2011
mercredi 14 septembre 2011
Des éclairs
Nikola Tesla Monument,
Niagara Falls,
juillet 2011
De Nikola Tesla et de Thomas Edison, de qui se souvient-on ? Beaucoup du second, tel qu'en lui-même ou en filigrane chez Gustave Le Rouge, mais bien peu du premier, que le livre d'Echenoz a heureusement remis récemment en lumière en Gregor.
Et pourtant…
Parce qu'il voulait imposer le courant continu pour diffuser l'électricité à grande échelle, Edison n'aura de cesse de discréditer la proposition de courant alternatif de son ancien assistant Tesla, allant jusqu'à payer dans des foires l'électrocution de chiens et de chevaux pour effrayer la foule, en attente de la chaise électrique qu'il inventera. Il lui fallut cependant s'incliner (car, comme on dit, "les faits sont têtus"), et l'alternatif l'emporta. Mais si Tesla avait raison, son succès fut anonyme et sa postérité n'aura jamais rien à voir avec celle d'Edison.
D'un côté ou de l'autre, on ne gagne pas tous les combats.
Niagara Falls,
juillet 2011
De Nikola Tesla et de Thomas Edison, de qui se souvient-on ? Beaucoup du second, tel qu'en lui-même ou en filigrane chez Gustave Le Rouge, mais bien peu du premier, que le livre d'Echenoz a heureusement remis récemment en lumière en Gregor.
Et pourtant…
Parce qu'il voulait imposer le courant continu pour diffuser l'électricité à grande échelle, Edison n'aura de cesse de discréditer la proposition de courant alternatif de son ancien assistant Tesla, allant jusqu'à payer dans des foires l'électrocution de chiens et de chevaux pour effrayer la foule, en attente de la chaise électrique qu'il inventera. Il lui fallut cependant s'incliner (car, comme on dit, "les faits sont têtus"), et l'alternatif l'emporta. Mais si Tesla avait raison, son succès fut anonyme et sa postérité n'aura jamais rien à voir avec celle d'Edison.
D'un côté ou de l'autre, on ne gagne pas tous les combats.
mardi 13 septembre 2011
lundi 12 septembre 2011
mercredi 7 septembre 2011
mardi 6 septembre 2011
dimanche 4 septembre 2011
Sans fard
New York (NY), 1993
La "photo dans la photo" avait été prise à quelques pâtés de maison à peine d'où elle était accrochée ce jour-là, poster se fondant dans le décor de briques et de tuyaux d'un bar de New York comme Marlilyn l'avait fait quarante ans ou presque auparavant dans celui de son métro.
De toutes les photos que j'ai pu voir de Marilyn, c'est une de celles que je préfère. Il y en a quelques autres que j'aime aussi particulièrement pour leur côté "sans fard", comme celles prises sur le tournage des Misfits et que je rattache instantanément aux noms d'Inge Morath ou d'Eve Arnold, mais celle-ci m'avait toujours été anonyme. Comme beaucoup j'imagine, je connaissais cependant cette photo depuis longtemps. Pourtant, non seulement je n'aurais rien pu dire de son auteur mais, plus curieusement en fait, je ne m'étais jamais posé la question. Et puis il y a eu — il y a quelques mois —la parution du livre d'Adrien Gombreaud (*), et le nom d'Ed Feingersh est remonté à la lumière.
Je ne saurais dire mieux que ce qui nous est donné à lire sur la quatrième de couverture : "New York, 1955. Marilyn Monroe quitte Hollywood pour échapper à l’emprise des studios et à son image de blonde écervelée. Elle se réinvente en fréquentant l’élite intellectuelle et les cours de l’Actors Studio. Pour témoigner de cette nouvelle Marilyn, un magazine populaire engage le photographe Ed Feingersh. Ensemble, Ed et Marilyn inventent un style de reportage qui emporte le lecteur dans l’intimité de la star. Créatif et téméraire, il la suit pas à pas dans les rues, le métro ou les bars de Manhattan. De son objectif jaillissent les images sensibles d’une femme sans fard, une passante presque ordinaire, heureuse, mélancolique, impériale et solitaire. Cinquante ans plus tard, ces clichés cachent encore une énigme : alors que l’actrice entrait dans la légende, le photographe disparaissait sans laisser de trace. Le temps d’une semaine, il avait su voir Marilyn comme personne avant lui."
Voilà. Chassé-croisé, recto-verso, la réalité n'est pas toujours là où on l'attend. Et au détour d'une ou deux images, le photographe — qui à la fois en est le témoin et la construit — se glisse aussi, fugitif, sur quelques miroirs avant de disparaître.
(*) Une blonde à Manhattan, Le Serpent à Plumes (2011)
http://www.uneblondeamanhattan.com/
vendredi 2 septembre 2011
jeudi 1 septembre 2011
mercredi 24 août 2011
mardi 23 août 2011
dimanche 21 août 2011
Cafés (20) et Passerelles (49)
Toronto, 12 juillet 2011
C'était à Lyon à la fin des années 70. Ce n'était pas "Chez Laurette" mais, "Chez Mado", c'était tout comme. On s'y pressait pour un café aux intercours ou pour un sandwich à midi, on s'y donnait rendez-vous, on venait prendre des nouvelles. Pas de flipper ni de juke-box, juste quelques tables en enfilade — alignées face au zinc dans la salle toute en longueur — et, au fond, une arrière-salle toujours enfumée où, le rideau de fer de l'entrée baissé, on finissait parfois la journée au "blanc cass" avec elle, Mado enfin assise mais encore le torchon à la main. Joues rouges et brillantes de paysanne (ce qu'elle redevenait le week-end dans sa "campagne" des Monts du Lyonnais où elle et son mari vivaient dans une cabane en continuant de construire une grande maison dont je ne sais si elle l'aura jamais habitée…), Mado avait un regard clair qui disparaissait dans le plissement de ses yeux lorsqu'elle riait. Elle avait aussi le verbe haut et il fallait filer droit lorsqu'on passait derrière le bar pour l'aider. Nos copines l'avaient pour confidente, elle qui savait comme personne les engueuler et les consoler.
On a la sienne, unique, dans ses souvenirs mais, des "Mado", il n'y en a heureusement pas qu'une. Parfois, on s'arrête par hasard dans un café et on se dit qu'on y est de nouveau, avec ce sentiment mélangé que quelque chose d'à la fois très semblable et très différent est là. L'histoire écrite à cet endroit n'est pas la nôtre, on n'a rien à y faire et pourtant, on ressent une forme de familiarité qui renvoie à ce que l'on a connu ailleurs, il y a longtemps.
En entrant dans cette mini-taverne grecque de Toronto pour un petit-déjeuner, je sais que j'ai quelque chose d'un intrus mais je m'y sens bien. Entre son bar encombré, ses plaques et sa hotte, une "Mado" s'essuie les mains sur son tablier en houspillant celui qui doit être son mari, assis à faire des comptes (ou des mots croisés ?) au fond de la pièce — un air du "Pépé" aux maquettes dans les Demoiselles de Rochefort. Des quatre tables de l'établissement (l'endroit est minuscule), une est déjà occupée par un homme sans âge, étrangement immobile face à un gobelet blanc, longs cheveux, regard absent, veste de survêtement, pantalon de pyjamas et pantoufles. Je comprends rapidement que "Mado" lui parle comme à un enfant, l'enfant qu'il est encore quelque part dans sa tête, avec un air cette fois — j'y pense aujourd'hui que je viens de le revoir — du "portier" d'Auggie Wren dans Smoke. Un peu plus tard, alors que le café s'animera du va-et-vient visiblement familier des ouvriers du chantier tout proche venant passer commande ou emporter leur en-cas, il s'acquittera avec succès d'une course que "Mado" lui aura confiée et reviendra s'asseoir, identique à lui-même, devant son gobelet. Et puis, juste alors que je paie au comptoir et m'apprête à sortir, l'entrée pimpante d'une fille aux cheveux noirs et frisés, disparaissant presque aussitôt dans l'arrière-boutique après avoir claqué la bise à "Pépé", transforme en un instant la scène au temps jusque-là ralenti et la ramène à une évidence joyeuse. Un je-ne-sais-quoi dans son allure — et dans la situation — me rappelle la fille virevoltante de Sean Penn dans Mystic River.
Oui je sais, je vais trop au cinéma (on me l'a déjà dit).
samedi 13 août 2011
dimanche 7 août 2011
samedi 30 juillet 2011
mercredi 27 juillet 2011
mardi 26 juillet 2011
dimanche 24 juillet 2011
Ce qui change et ce qui ne change pas
Lyon, 23 juillet 2011
Présence inattendue de Monsieur le Ministre, photo à l'iPhone et post-traitement "significatif" (une fois n'est pas coutume...).
En presque trente ans, je ne suis pas sûr d'avoir jamais rouvert ses Lettres d'Amour en Somalie, que j'avais tant aimées à leur sortie. Le livre était rangé là où je pensais le trouver, il m'a été facile de remettre la main dessus et de le rajouter à mon sac en partant tôt ce matin. Je l'ai relu par bribes dans mes pauses-café sur la route Napoléon et j'ai redécouvert les photos de Diane Delahaye — les rideaux de l'Uruba page 48, les "derniers jeux avant les armes" page 88... —, et le double texte aussi bien sûr, écrit d'une langue pleine et belle, et bien peu de bois.
Par une sorte de télescopage dans le temps et l'espace, l'autoradio calé sur France Inter débattait vers dix heures de la Somalie et de sa situation catastrophique aujourd'hui — écho obstiné, renouvelé et démultiplié de conflits et de réfugiés (avec plus qu'une pensée pour ma M. qui s'y replonge, mais c'est une autre histoire...).
Hier soir, le temps était éminemment variable sur Fourvière et son amphithéatre à ciel ouvert. Monsieur le Ministre et sa troupe sont partis quand il a commencé à vraiment pleuvoir.
dimanche 17 juillet 2011
samedi 16 juillet 2011
jeudi 14 juillet 2011
mercredi 13 juillet 2011
D'une université l'autre
Queen's University, Jeffery Hall
Kingston, 11 juillet 2011 matin
Ryerson University, Library Building
Toronto, 11 juillet 2011 soir
mardi 12 juillet 2011
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