Aiguille du Midi, 29 septembre 2010
vendredi 1 octobre 2010
jeudi 30 septembre 2010
mercredi 29 septembre 2010
mardi 28 septembre 2010
lundi 27 septembre 2010
dimanche 26 septembre 2010
samedi 25 septembre 2010
vendredi 24 septembre 2010
Dominos
Appelons-les A., B. et C.
A. ferme les yeux et glisse peu à peu dans un sommeil qui le fait échouer dans la chaleur d'un paysage méditerranéen. Dans son rêve qui doucement prend forme émerge la silhouette de B., un homme jeune qui, assis à même le sol à l'ombre d'un arbre, fait la sieste bras sur les genoux et tête inclinée sur la poitrine. B. dort et ce qui tourne dans sa tête est tout autre que la sérénité de l'endroit désert où il se trouve. Dans son rêve, B. voyage, assis au fond d'un bus bondé roulant avec fracas sur des chemins à peine carrossables. Dans ce rêve, ballottée par les cahots, il y a C., une jeune fille qui est peut-être son amie mais peut-être pas, et qui somnole à ses côtés. Bien sûr, C. rêve aussi : elle se revoit enfant, guettant le sommeil dans la chambre austère qu'elle partage avec ses sœurs dans la maison de ses grands-parents. C'est une nuit de pleine lune et les nuages qui passent dessinent des ombres qui glissent sur les murs et le plafond. Un coup de vent violent fait s'ouvrir la fenêtre en claquant et voler les rideaux. Le sentiment d'effroi qui saisit C. à cet instant suffit à mettre fin à son rêve et le cri qu'elle pousse à son réveil brutal surprend le conducteur. Le bus part dans une embardée se terminant par un crissement de frein strident qui à son tour interrompt le rêve de B. et le réveille de sa sieste. B. relève alors la tête et se tourne vers A., lequel reconnait dans les traits de ce visage qu'il croyait beaucoup plus jeune ceux de son père, disparu pourtant depuis longtemps déjà. B. regarde A. et lui dit : "Tiens, tu es là ? Alors, viens avec moi !" A. se réveille en sursaut.
A. ferme les yeux et glisse peu à peu dans un sommeil qui le fait échouer dans la chaleur d'un paysage méditerranéen. Dans son rêve qui doucement prend forme émerge la silhouette de B., un homme jeune qui, assis à même le sol à l'ombre d'un arbre, fait la sieste bras sur les genoux et tête inclinée sur la poitrine. B. dort et ce qui tourne dans sa tête est tout autre que la sérénité de l'endroit désert où il se trouve. Dans son rêve, B. voyage, assis au fond d'un bus bondé roulant avec fracas sur des chemins à peine carrossables. Dans ce rêve, ballottée par les cahots, il y a C., une jeune fille qui est peut-être son amie mais peut-être pas, et qui somnole à ses côtés. Bien sûr, C. rêve aussi : elle se revoit enfant, guettant le sommeil dans la chambre austère qu'elle partage avec ses sœurs dans la maison de ses grands-parents. C'est une nuit de pleine lune et les nuages qui passent dessinent des ombres qui glissent sur les murs et le plafond. Un coup de vent violent fait s'ouvrir la fenêtre en claquant et voler les rideaux. Le sentiment d'effroi qui saisit C. à cet instant suffit à mettre fin à son rêve et le cri qu'elle pousse à son réveil brutal surprend le conducteur. Le bus part dans une embardée se terminant par un crissement de frein strident qui à son tour interrompt le rêve de B. et le réveille de sa sieste. B. relève alors la tête et se tourne vers A., lequel reconnait dans les traits de ce visage qu'il croyait beaucoup plus jeune ceux de son père, disparu pourtant depuis longtemps déjà. B. regarde A. et lui dit : "Tiens, tu es là ? Alors, viens avec moi !" A. se réveille en sursaut.
jeudi 23 septembre 2010
Passerelles (28)
Orlando (FL), avril 2001
Traversant ce midi l'excellente librairie Passages (où, soit dit en passant, j'ai découvert un petit Plossu/Quintane sur Digne-les-Bains, mais là n'est pas le sujet), j'ai eu le regard involontairement attiré par une couverture exposée en hauteur sur une étagère latérale. Le titre m'est apparu comme étant "La science et le livre" mais, à y regarder de plus près, j'ai réalisé que c'était "Le silence et le livre" qu'il fallait lire. J'ai repensé alors à cette photo que j'avais retrouvée un peu par hasard il y a quelque temps et dont un survol rapide m'avait un bref instant laissé croire qu'y était écrit "BLOG FOR SALE"... (tout comme l'apparition dans un texte français du mot "EMAIL" tend aujourd'hui à renvoyer, inconsciemment mais davantage, au courrier électronique plutôt qu'à son acception classique.)
Sans doute nos inclinaisons, voire nos obsessions, façonnent-elles pour partie notre regard et, si les chemins que l'on emprunte se creusent de sillons d'autant plus profonds qu'on les parcourt plus souvent, passer à leur voisinage y ramène en proportion, inexorablement.
mercredi 22 septembre 2010
mardi 21 septembre 2010
Chambres d'hôtel (42)
Goulding's Lodge,
Monument Valley (UT), mars 1999
Monument Valley (UT), mars 1999
Une chambre qui pourrait se résumer à son balcon et qu'on occupe en s'astreignant bien volontiers à la consigne implicite de se lever assez tôt pour voir le soleil apparaître en majesté derrière la johnfordienne ligne d'horizon.
Au-delà des murets de briques séparant les pièces en enfilade, on imagine qu'autant d'autres observateurs attendent emmitouflés, et que les photos que l'on pourra prendre s'ajouteront aux leurs comme à celles de ceux qui nous ont précédés et de ceux qui nous succéderont dans cette même chambre, en une répétition sans cesse renouvelée, presque identique mais toujours différente.
lundi 20 septembre 2010
dimanche 19 septembre 2010
La transparence du photographe
On était venu le chercher à l'aéroport. Il ne connaissait celui qui l'attendait que professionnellement et ne savait rien de sa vie mais, lorsqu'il l'aperçut et vit qu'il était seul, il se surpris à penser qu'une présence féminine à ses côtés aurait été la bienvenue (en vol, le mélange alcool-altitude le rendait sentimental, il lui arrivait de verser une larme devant des films qui, à terre, l'auraient laissé de marbre). La sortie fut interminable. Pour atteindre le parking, il fallut contourner par des allées de bois le trou béant des travaux mettant l'aérogare sens dessus dessous et, pour quitter vraiment les lieux, il fallut encore composer avec un embouteillage qui n'en finissait pas. Lorsqu'ils se trouvèrent enfin engagés sur une autoroute à la circulation fluide, l'échange des banalités attendues s'était tari et la radio alternait ses chansons et ses publicités, répétant avec une obstination enjouée des numéros de téléphone gratuits à appeler pour faire, à n'en pas douter, de très bonnes affaires. Alors même qu'à peine arrivé, il pensait déjà au retour, il éprouva le besoin paradoxal d'arrêter le temps par une photo. Il hésita à sortir son appareil mais, lorsqu'il le fit — tout comme après qu'il eût déclenché —, il n'eut droit à aucune remarque. Il en fut quelque part un peu déçu.
vendredi 17 septembre 2010
jeudi 16 septembre 2010
Chambres d'hôtel (41)
Hotel Sevillano,
Mexico, août 1983
Les toutes premières fois, c'est le plus souvent avec les parents, une halte sur la route des vacances, une visite de Paris ou d'ailleurs. Plus tard, bien plus tard, on en reproduit le schéma avec ses enfants, en marge de la ronde et des hasards des déplacements professionnels. Et puis, quelque part entre les deux, il y a ce point de rupture, ce moment singulier où aller à l'hôtel par soi-même, qui plus est à deux, est un de ces petits riens qui font irrévocablement basculer dans quelque chose qui ressemble à l'âge adulte.
mercredi 15 septembre 2010
La vie des livres (9)
Centro Cultural Borges,
Buenos Aires,
29 août 2010
Des librairies un peu partout, des plus humbles aux plus grandes, étals de soldes ouvrant sur la rue, fouillis indescriptible de l'Huemul et démesure de l'Ateneo dans l'ancien théatre Grand Splendid. Et puis aussi des bribes de mémoire dans la pierre et dans la vie des cafés, le souvenir de Jorge Luis Borges dans le centre culturel qui porte son nom ou en filigrane dans l'ancienne Bibliothèque Nationale (la fenêtre de son bureau était-elle de celles dont on aperçoit les volets fermés depuis la rue Mexico ?), l'ombre de Witold Gombrowicz planant sur la gare de Retiro, les volutes de fumée des cigarettes de Julio Cortazar dont, à n'en pas douter, on respire encore aujourd'hui d'infimes molécules à la Confiteria London City, la tombe de Victoria Ocampo au cimetière de la Recoleta…
Les rues du microcentro de Buenos Aires se croisent méthodiquement à angle droit, déclinant les numéros de leurs portes d'entrée comme elles le feraient des pages d'un in-folio, et les nez coupés des immeubles à chaque carrefour en sont autant de coins cornés. Les couvertures des magazines accrochés aux kioscos renvoient sur papier glacé l'écho de ces "attraits des plus aimables argentines" dont parlait Henry Jean-Marie Levet et que l'on croise sans plus même s'en apercevoir. Composant avec le patchwork des trottoirs — entre dalles de béton, petits carreaux tantôt gris tantôt blancs et cicatrices mal refermées —, on peut marcher au hasard des rues de Buenos Aires comme on feuilletterait dans le désordre un grand livre partagé, aux pages patinées et froissées d'avoir été lues et relues.
Buenos Aires,
29 août 2010
Des librairies un peu partout, des plus humbles aux plus grandes, étals de soldes ouvrant sur la rue, fouillis indescriptible de l'Huemul et démesure de l'Ateneo dans l'ancien théatre Grand Splendid. Et puis aussi des bribes de mémoire dans la pierre et dans la vie des cafés, le souvenir de Jorge Luis Borges dans le centre culturel qui porte son nom ou en filigrane dans l'ancienne Bibliothèque Nationale (la fenêtre de son bureau était-elle de celles dont on aperçoit les volets fermés depuis la rue Mexico ?), l'ombre de Witold Gombrowicz planant sur la gare de Retiro, les volutes de fumée des cigarettes de Julio Cortazar dont, à n'en pas douter, on respire encore aujourd'hui d'infimes molécules à la Confiteria London City, la tombe de Victoria Ocampo au cimetière de la Recoleta…
Les rues du microcentro de Buenos Aires se croisent méthodiquement à angle droit, déclinant les numéros de leurs portes d'entrée comme elles le feraient des pages d'un in-folio, et les nez coupés des immeubles à chaque carrefour en sont autant de coins cornés. Les couvertures des magazines accrochés aux kioscos renvoient sur papier glacé l'écho de ces "attraits des plus aimables argentines" dont parlait Henry Jean-Marie Levet et que l'on croise sans plus même s'en apercevoir. Composant avec le patchwork des trottoirs — entre dalles de béton, petits carreaux tantôt gris tantôt blancs et cicatrices mal refermées —, on peut marcher au hasard des rues de Buenos Aires comme on feuilletterait dans le désordre un grand livre partagé, aux pages patinées et froissées d'avoir été lues et relues.
mardi 14 septembre 2010
lundi 13 septembre 2010
Chambres d'hôtel (40)
Alla Salute da Cici,
Venise, novembre 2001
Venise, novembre 2001
Et puis, au fond, qu'importe la chambre ? On imaginait quelque chose de moins impersonnel mais, au moins, on échappe au tableau kitsch toujours possible. Les oreilles aux premières loges pour les cloches de la Salute, le regard peut — en se penchant à la fenêtre et en suivant l'étroit canal traversant Dorsoduro — s'échapper vers le calme des zattere. Sans doute demain fera-t-on l'économie du petit-déjeuner "continental" servi en sous-sol pour aller plutôt prendre un café-croissant debout dans le bar que l'on aperçoit tout proche. Avec un peu de chance, il y aura du brouillard.
dimanche 12 septembre 2010
samedi 11 septembre 2010
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