mercredi 25 décembre 2013
lundi 23 décembre 2013
Glob-o-motors
Parana (Argentine), novembre 2012
Mar del Plata (Argentine), août 2013
Tractions Citroën des FFI dans le Paris de la Libération, Vespas sur la Via Veneto de la Dolce Vita fellinienne, taxis jaunes à damier noir et blanc dans le New York de Scorcese, Studebakers rose ou vert pâle, à l'arrêt capot ouvert, dans une rue défoncée de La Havane… on a tous dans la tête des images plus ou moins convenues d'une "géomotorisation" de la planète. Et dans l'Argentine d'aujourd'hui, c'est encore la Ford Falcon que l'on rencontre un peu partout, avec ce mélange non-dit dont me parle M.-E., ce grand écart entre les fantômes de celles, circulant au ralenti sans plaques d'immatriculation, dont les "escadrons de la mort" avaient fait l'incarnation mécanique de la terreur des années Videla, et la ré-appropriation aujourd'hui de ce qui avait pu être un symbole tout autre du pays d'avant.
Voir aussi ici, ici ou là.
samedi 21 décembre 2013
Chambres d'hôtel (Hors Série 17)
Certosa di Pontignano,
Sienne (Italie), juillet 2007
S'il faut en croire ce qui est écrit ici, la Certosa di Pontignano est aujourd'hui fermée. Fardeau financier pour l'Université de Sienne à laquelle elle appartient (mais lui appartient-elle encore ?), elle ré-ouvrira peut-être un jour, mais ce sera vraisemblablement sous la forme d'un hôtel de luxe, et les rencontres et les Écoles d'Été qui ont pu s'y tenir ne seront plus qu'un souvenir, une parenthèse entre les siècles d'un destin monacal et une reconversion à son exact opposé. Des quelques fois où j'y ai séjourné, j'ai le souvenir de chambres sobres et modernes, déjà loin du confort qu'on imagine spartiate des cellules dans lesquelles elles s'étaient installées. Et le cadre avait ce mélange de magnificence et de contingence où l'on était pleinement bien, quand bien même il pouvait faire regretter à un américain, pragmatique et peu sentimental, que la salle de conférence aux plafonds peints où l'on discutait sous le regard d'angelots flottant dans un ciel baroque ne soit pas équipée de climatisation. On prenait les repas dans le déambulatoire du grand cloître, parfois sur la terrasse d'où l'on apercevait au soir les tours de Sienne se découper sur l'horizon. Aux heures creuses de l'après-midi, lorsque la chaleur sèche qui rendait aveuglante la blancheur des routes avoisinantes faisait rechercher la fraîcheur, on pouvait se réfugier dans des recoins le plus souvent déserts, des salons à l'usage déjà délaissé dont les meubles ensommeillés étaient recouverts de draps épais, attendant on ne sait quoi. Il y avait là quelque chose d'un temps suspendu et le sentiment d'un équilibre instable, la conscience instantanée de l'instant présent, la perception aiguë de la chance qu'on avait de le vivre et tout à la fois le pincement de ne pouvoir le partager et de le sentir déjà filer.
vendredi 20 décembre 2013
jeudi 19 décembre 2013
mercredi 18 décembre 2013
mardi 17 décembre 2013
lundi 16 décembre 2013
dimanche 15 décembre 2013
samedi 14 décembre 2013
jeudi 12 décembre 2013
Notes (18)
Pune (Inde), 29 novembre 2013
On m'avait parlé de trois heures pour faire le trajet de Pune à Bombay, il en faudra presque deux pour juste sortir de la ville, enchaînant les déviations permanentes et les avenues en construction qui éventrent le centre, contournant des piles d'autoroutes à venir qui un jour délesteront la chaussée actuelle en la doublant en surplomb — à supposer que la circulation n'ait pas explosé en proportion d'ici là — mais avec lesquelles il faut pour l'instant composer au ralenti, se frayant un chemin en force entre nids de poules, ralentisseurs dissuasifs et un trafic incessant qui a l'air de s'inventer à chaque instant. Plus tard, bien plus tard, il fera nuit en entrant dans Bombay. De dense, la circulation redeviendra compacte et le trafic se figera de nouveau, la progression se gagnant au millimètre et à l'intimidation. Enchâssés entre les deux rubans d'asphalte à trois voies où le trafic s'asphyxie, on longera longtemps deux murets dérisoires de béton dont les cinquante centimètres qui les séparent sont parcourus d'une végétation sèche et famélique, terrain de jeux pour une grappe de gamins qui y tuent le temps en se chamaillant. Quatre ans peut-être, cinq au plus.
mercredi 11 décembre 2013
mardi 10 décembre 2013
Coronado memories
Hotel del Coronado,
San Diego (Californie), mars 1984
La Floride de "Certains l'aiment chaud" était en Californie. Pour des raisons de coûts je crois, la production avait décidé de localiser le tournage à San Diego, plus proche de Hollywood, en profitant d'une offre faite par l'Hotel del Coronado, vieux vaisseau échoué au bord du Pacifique qui, s'il avait connu ses heures de gloire, vivotait alors en attendant le client. L'hôtel a depuis repris du lustre et tourné palace, réservant ses chambres à des happy few fortunés. Dans l'insouciance des années 80, s'il était illusoire d'espérer jamais y dormir, il offrait cependant en libre accès des bars en terrasse où l'on pouvait jouer à Zelda et Scott en regardant le soleil se coucher dans le roulement des vagues, sirotant des piña colada sans distinction de classe, verre à cocktail, pailles et mini-parasol pour tous. À l'aube des années 90, changement de ton, les non-résidents n'avaient plus droit qu'à un espace réduit où le barman opérait à la chaîne, remplissant des gobelets en plastique à la tirette, avec ce qui ressemblait à un pistolet de pompe à essence… Lorsque je suis retourné à l'Hotel del Coronado à la fin des années 00, j'étais seul et je n'ai pas retenté ma chance, me contentant de traîner dans le lobby aux vitrines "marchandisées" et dans ce qui m'était accessible du dédale des couloirs, architecture victorienne de bois aux accents parfois d'un chalet suisse king size. Et puis, discutant l'an dernier avec Robert G., respectable professeur en visite en France, il m'apprend qu'il est né et a grandi dans ce quartier, juste en face de l'hôtel. Il avait 15 ans lors du tournage du film de Billy Wilder et, avec ses amis, il s'accrochait chaque jour aux grillages pour observer les équipes en action. Petite évaporation du regard lorsqu'il évoque la fois où Marilyn s'est arrêtée pour se tourner vers eux et leur a envoyé un salut de la main et un baiser…
lundi 9 décembre 2013
dimanche 8 décembre 2013
Notes (17)
Argentine, 1997
Ils ont vingt ans à peine — un peu plus, un peu moins, quelle importance — et la beauté tranquille des amoureux du petit matin. Des fois, c'est à la table voisine d'un café à peine ouvert qu'on les rencontre, dialogue à voix basse de leurs regards qui ne se lâchent pas et de leurs mains qui se joignent autour des tasses qu'ils laissent refroidir. D'autres fois, c'est d'un bus filant dans la presque obscurité du jour qui se lève qu'on les voit sortir ensemble d'une allée, emmitouflés, sac à l'épaule et main dans la main, s'embrassant tendrement une dernière fois avant de s'éloigner dans des directions opposées. D'autre fois encore, tout ensemble légers et sérieux, on les croise faisant leur marché et c'est le passé et le futur qui se télescopent, leur vie à venir comme le souvenir de notre jeunesse. Les amants tout neufs se reconnaissent entre mille et, sans le savoir, c'est un peu de leur bonheur qu'ils nous offrent en partage lorsqu'on les aperçoit.
samedi 7 décembre 2013
vendredi 6 décembre 2013
Inscription à :
Articles (Atom)






















