dimanche 27 janvier 2013

Jacumba Hotel memories

pour Zoé

C'est en 1928 et à Jacumba — alors encore une villégiature florissante de Californie — que William Wellmann tourne Beggars of Life avec Louise Brooks. Celle-ci raconte dans ses mémoires le tournage du film et les trois semaines difficiles qu'elle aura passées là-bas, logée avec toute l'équipe au Jacumba Hotel.
Concurrencée par d'autres destinations comme Palm Springs, la petite ville aux eaux réputées déclinera peu à peu et tombera dans l'oubli. Partiellement détruit par un incendie en 1983, le Jacumba Hotel restera en ruines jusqu'en 1991 avant d'être presque complètement rasé. Entre temps, en 1985, Philippe Garnier et Claude Ventura reviendront visiter les fantômes de cette histoire pour Cinéma, Cinémas.
Aujourd'hui, Jacumba est plus que jamais un trou perdu au bord du désert, "à un jet de bouteille" du Mexique dont la frontière avec les États-Unis déroule à portée de regard les kilomètres de sa haute barrière métallique, couleur de rouille. Plus aucun train ne fait la liaison avec San Diego tout proche et des wagons abandonnés sont transformés en refuges de fortune. Le Jacumba Hotel a été remplacé par un "Spa Resort" encore en attente d'une ré-ouverture incertaine. En milieu de journée, la rare vie que l'on croise se concentre au Jacumba Lounge, un endroit dont l'intérieur clair et modernisé contraste avec les quelques bâtiments abandonnés qui longent la rue principale. Le serveur s'excuse de ce qu'il n'a plus de laitue pour le Jacumba burger.



















Jacumba (Californie), 26 janvier 2013

Store

Santa Ysabel (Californie), 26 janvier 2013

samedi 26 janvier 2013

No trespassing

entre Ludlow et Amboy (Californie), 25 janvier 2013

Cafés (36)


Bagdad Café,
Newberry Springs (Californie), 25 janvier 2013

vendredi 25 janvier 2013

Gas

entre Barstow et Calico (Californie), 24 janvier 2013

Verticales



Calico Ghost Town (Californie), 24 janvier 2013

mercredi 23 janvier 2013

mardi 22 janvier 2013

La fille du Corail

entre Lyon et Grenoble, années 90

lundi 21 janvier 2013

Les murs ont la parole


Lyon, fin des années 80

dimanche 20 janvier 2013

Oasis

Douz (Tunisie), mai 1996

samedi 19 janvier 2013

Bus

Mexique, août 1983

jeudi 17 janvier 2013

Passerelles (67)





Il y a quelques jours, un rêve. Ce matin, cette image dans un gratuit du métro… Étonnant, non ?

mercredi 16 janvier 2013

Cyprès, si loin...

Florence (Italie), 29 juillet 1980

Buy me

quelque part au bord de l'US 52 S (Minnesota), 25 octobre 2011

(avec un clin d'œil à cette image du jour pour une palette étonnamment proche…)


lundi 14 janvier 2013

Cerrado

Parana (Argentine), 14 novembre 2012

dimanche 13 janvier 2013

Photos que l'on aurait pu prendre (24)





Rêve. Nous sommes trois dans une voiture allant à l'aéroport. Trois destinations différentes, mais personne n'est vraiment en avance. L'itinéraire usuel est très encombré et nous bifurquons pour des chemins de traverse. Trafic fluide mais lieux inconnus, entre ville et banlieue. Arrêtés à un feu rouge apparaît brusquement la vision étrange d'un supermarché clinquant tout en taches de couleur primaires, quelque chose de plastique et de factice. Hasard et nécessité de la photo, il faut que je prenne une image. Je demande que l'on s'arrête — on n'en est plus à une minute près — et c'est alors que je m'aperçois que je n'ai pas pris d'appareil avec moi. Je m'entends dire que ce n'est pas grave mais, en même temps, tournent à grande vitesse dans ma tête les scénarios possibles de substitution pour le voyage et les jours à venir (trop tard pour rentrer… peut-être quelque chose à l'aéroport ? au moins un jetable ? ou alors papier/crayon ?).
Nécessité ou addiction ?

PS du 17 janvier : voir ici !

samedi 12 janvier 2013

Notes (12)

Lyon, 12 janvier 2013

samedi matin café bondé buées sur les vitres autrefois nuage de fumée quelques profils connus lecteurs matinaux tiens trois nouvelles têtes derrière le comptoir décorations de Noël à l'arrache une écriture qui n'est pas celle de d'habitude sur les tableaux de menus un écran plasma apparu au-dessus de la porte d'entrée images flashy muettes de plages californiennes que personne ne regarde la France en guerre le changement c'est tout le temps

jeudi 10 janvier 2013

On the road (again)

Madison (Wisconsin), 27 octobre 2011

mercredi 9 janvier 2013

Notes (11)

Parana (Argentine), 17 novembre 2012

Samedi matin. Personne ou presque sur la route en lacets qui, serpentant à flanc de colline, descend de la ville encore endormie jusqu'au bord du fleuve. En contrebas d'un virage, l'apparition lointaine mais à portée de regard d'un costaud qui s'affaire sous un capot relevé. Mais que fait ce pick-up ainsi posé au fond de ce vallon ? Pourquoi ces caisses débarquées dans l'herbe ? Et que se cache-t-il derrière ce mur de béton qui semble celui d'une casemate à moitié enterrée ? Juste en face, le long des grillages surplombant les quais, passe un couple dont la présence, en cet endroit et à cet instant, semble aussi incongrue que la mienne.

Auto-référence

Lyon, 9 janvier 2013

lundi 7 janvier 2013

Route de sable


Venice (Californie), novembre 2008

Venice Beach le soir. L'heure devient moins sûre, la promenade du bord de mer est peu à peu désertée, seuls restent et s'installent ceux qui y vivent. Il y a, dans la lumière qui doucement s'en va, quelque chose qui s'accorde à des images aux vibrations intranquilles. Peut-être la plage, l'Amérique aussi… je pense — en enviant ses photographies si belles et si justes — à La longue route de sable de Philippe Séclier, à son voyage américain…

dimanche 6 janvier 2013

Parking

Madison (Wisconsin),
août 2007

mardi 1 janvier 2013

dimanche 30 décembre 2012

samedi 29 décembre 2012

Paysage avec carcasse

Rhyolite Ghost Town (Nevada), mars 2008

vendredi 28 décembre 2012

Notes (10)

Rhyolite Ghost Town (Nevada),
mars 2008

On trouve parfois, dans de petites villes, des musées de pas grand-chose où l'on expose des objets du quotidien, des témoins plus ou moins anciens de vies d'avant, des instruments et des outils dont on ne sait pourquoi ils ont un jour cessé de vivre leurs vies d'instruments ou d'outils et qui, après des années de purgatoire entre abandon et oubli, finissent inactifs dans une vitrine. C'est particulièrement vrai dans des endroits où l'histoire est encore à peine sèche, et j'ai le souvenir de micro-musées dans des villes-fantôme désertées, de pelles et de pioches de la ruée vers l'or, de fourchettes et de couteaux d'aventuriers, de ciseaux dorés, de lunettes cerclées aux branches souples, d'encriers. Et ces objets du quotidien ont une force qui n'est pas tant celle de la différence (ce qu'était la vie en ces temps-là) que, paradoxalement, celle de la ressemblance. Ils nous disent quelque chose d'époques révolues mais, en même temps, on se dit que l'on pourrait se les approprier et en faire usage de même manière. De façon plus troublante encore, si l'on quitte les rivages du quotidien et du passé proche pour s'enfoncer dans la noble admiration des trésors de grands musées — nous renvoyant par exemple en Égypte ancienne ou en Mésopotamie —, c'est le même sentiment que l'on se surprend à avoir face, non pas sans doute aux habits d'apparat, mais plus sûrement à une assiette, un gobelet ou un bijou dont la forme, la matière et les motifs pourraient souvent être d'aujourd'hui. Des siècles ont passé mais, par-delà des variations passagères, fugitives qu'ils ont pu laissé se développer ici ou là, il y a comme un invariant qui perdure obstinément.
Si j'y repense aujourd'hui, c'est parce qu'en page 80 de Sunset Park (Actes Sud, 2011), je viens de lire sous la plume de Paul Auster (quoique je doute qu'il en utilise encore une, mais qui sait ?) cette réflexion d'une exacte même nature : "Un après-midi, alors qu'il feuilletait un livre illustré sur les manuscrits de la Mer Morte, il était tombé sur des photographies d'objets qui avaient été déterrés avec les parchemins : des assiettes et des ustensiles de table, des paniers en osier, des casseroles, des cruches — le tout en parfait état. Il avait étudié ces objets pendant plusieurs instants sans bien comprendre pourquoi il les trouvait si fascinants, et puis, quelques minutes plus tard, ça lui était enfin venu. Les motifs qui décoraient les plats étaient identiques à ceux qu'on voyait sur la vaisselle dans la vitrine du magasin en face de son appartement. Les paniers en osier étaient identiques à ceux que des millions d'Européens utilisent aujourd'hui pour faire leurs courses. Ces objets, sur les photos, dataient de deux mille ans, et pourtant ils avaient l'air absolument neufs, absolument contemporains. Telle fut la révélation qui modifia son idée du temps humain : si un individu d'il y a deux mille ans, vivant dans un lointain avant-poste de l'Empire romain, pouvait créer un objet ménager parfaitement similaire à un objet ménager d'aujourd'hui, comment l'esprit ou l'être intérieur de cette personne pouvaient-ils être différents du sien ?".
Et si, lorsqu'on va dans des musées, lorsqu'on regarde des tableaux, des dessins, des photographies, c'était aussi cette ressemblance que l'on cherchait ? Les regards que l'on croise ont traversé les ans mais ils ne sont pas davantage d'alors que de maintenant. Échange à double sens, on se raccroche à une familiarité dans l'ailleurs tout autant que l'on voit en retour ce qui nous entoure avec d'autres yeux. Le célèbre portrait que Henri Cartier-Bresson a fait de Truman Capote en 1947 a indéniablement un parfum de contemporéanité et il nous trouble précisément par son absolue modernité, et donc finalement par son intemporalité. Et avec lui, combien d'autres, plus anonymes ? C'est un peu le miroir de l'impression habituellement inverse, celle par laquelle on croit retrouver une ambiance autre ou ancienne, dûment signée, dans notre environnement (*).
Troquant une fois de plus le temps pour l'espace, en va-t-il autrement du voyage ?

© Henri Cartier-Bresson, 1947

(*) Conversation surprise au café il y a quelques semaines, trois femmes de quarante ans à un rendez-vous de 10 heures, papotages entre enfants, courses et vacances. La première : "Oh, il faut que je vous montre quelque chose". Elle sort son smartphone et présente une image. Les deux autres, s'esclaffant : "Maintenant, tu photographies ta télé ?". La première, comme touchée par la révélation : "Je n'ai pas pu résister, on aurait tellement dit un Hopper !".

L*** à Noël


lundi 24 décembre 2012

Traces

Buenos Aires (Argentine), 21 novembre 2012

dimanche 23 décembre 2012

San Nicolas

Buenos Aires (Argentine), 21 novembre 2012

samedi 22 décembre 2012

Downtown autopista

San Telmo,
Buenos Aires (Argentine), 24 novembre 2012

vendredi 21 décembre 2012

Clase de Tango (2)

La Catedral,
Buenos Aires (Argentine), 23 novembre 2012

jeudi 20 décembre 2012

Fin del Mundo

Ushuaia (Argentine), novembre 2011

mercredi 19 décembre 2012

mardi 18 décembre 2012

Notes (9)

"La France de Depardon" passe par Lyon. En traversant l'exposition et ses à-côtés, ce qui frappe le plus c'est que, tout comme pour la fausse carte de géographie qui est à l'entrée, tout est affaire d'échelle. Les mêmes images se déclinent dans le volume original de taille "beau livre", en 10x15 sur des lots de cartes, en catalogue réduit et même en une version minuscule sur papier bible ("La France" dans sa poche…). Et puis bien sûr en (très) grand format pour l'accrochage, et c'est une vision qui balaie toutes les autres. L'an dernier, à la sortie du livre, il pouvait être de bon ton d'émettre des réserves (peut-être aussi parce qu'il y avait un succès "populaire" à la clé). Oui, bon, d'accord, belles images mais so what ? Encore faut-il savoir de quelles images on parle. Les (très) grandes sont somptueuses, et on peut se demander si la fascination qu'elles exercent n'est pas proportionnelle à leur taille, dans la limite d'une échelle 1 qui les ferait se superposer exactement à une réalité que l'on n'aurait sans doute pas vue sans elles.

lundi 17 décembre 2012