jeudi 10 novembre 2011

Ce blog n'est pas un journal de voyage mais... (4)

El Calafate, 10 novembre 2011

L'ailleurs est toujours réciproque. On va "au bout du monde" et l'exotisme local nous offre, aux côtés de Marilyn, un café Casablanca où la décoration, affiches et photos, nous renvoie au Maroc, à Bogart et à Bergman ! Rentré chez soi, on ira en retour à ce Café du bout du monde où les photos accrochées aux murs nous renverront peut-être en Patagonie…

Ce blog n'est pas un journal de voyage mais... (3)


El Calafate, 10 novembre 2011

Le plan de la ville est facile à lire, c'est un vaste quadrillage s'organisant autour de Libertador, la rue principale à deux voies. C'est sur elle que se concentrent les restaurants et les commerces, pour la plupart des boutiques de souvenirs et d'équipements de montagne. Dès que l'on s'écarte un peu, l'implantation des maisons basses (nulle part plus d'un étage) s'aère. On a l'impression que les maisons nouvelles, nettes et fonctionnelles avec leurs architectures de bois aux grandes baies vitrées, viennent petit à petit remplir les espaces laissés vacants entre les constructions plus anciennes, celles faites encore de bric et de broc, tôles et jardinets en bazar, pick-ups à l'abandon dans les arrière-cours. Trait d'union entre le neuf et l'ancien, la continuité omniprésente des cheminées "en H" ; cohabitation de deux grilles d'habitations entrelacées, encore de la place pour les suivantes. Un peu plus loin du centre, les rues deviennent de terre et les maisons n'apparaissent plus que comme des points sans lien particulier entre les champs qui les séparent. Les extrémités de la ville sont alors à portée de regard, matérialisées parfois par le nuage de poussière que soulève un camion tout au bout de la perspective offerte par la ligne droite des rues. Un peu partout des chiens, en vadrouille désœuvrée ou en sieste sur les trottoirs.

El Calafate, 10 novembre 2011

Ce blog n'est pas un journal de voyage mais... (2)

El Calafate, 9 novembre 2011

Ce blog n'est pas un journal de voyage mais... (1)

Av. 9 de Julio,
Buenos Aires, 8 novembre 2011

Aeroparque Jorge Newbery,
Buenos Aires, 8 novembre 2011

Glacier Perito Moreno,
El Calafate, 9 novembre 2011

lundi 7 novembre 2011

Passerelles (54)


 pour MH

Recette des animages en miroir

Ingrédients

2 images (A et B), chacune carrée de taille NxN, avec N une puissance de 2
1 taille M pour des blocs carrés, puissance de 2 également

Réalisation (*)

1. Prendre l'image A de taille NxN et la découper en blocs adjacents de taille MxM
2. Calculer pour chaque bloc un attribut, par exemple son intensité moyenne
3. Classer ces attributs par ordre (croissant ou décroissant)
4. Faire les mêmes opérations 1 à 3 sur l'image B
5. Recomposer une image A' en disposant les blocs de l'image A suivant l'ordre de l'image B
6. Recomposer une image B' en disposant les blocs de l'image B suivant l'ordre de l'image A

(*) programme Matlab sur demande

On obtient ainsi une paire d'images que — par analogie avec le principe de l'anagramme qui construit un nouveau texte par ré-arrangement des lettres d'un texte initial — on pourrait qualifier d'animages, avec ici une structure "en miroir" dans la mesure où chaque image est à la fois source et cible.

Exemple avec N = 1024 et M = 32


samedi 5 novembre 2011

Chambres d'hôtel (Hors Série 5)

Hôtel du Cygne,
Paris, 21 septembre 2011

La rue est étroite et, de la fenêtre de la chambre, on ne perd rien de la vie d'en face. Tôt ce matin, c'était l'appartement du premier étage qui était éclairé, rideaux à moitié tirés et va-et-vient (d'étudiants ?) dans la cuisine pour le petit-déjeuner. En cette fin d'après-midi, c'est maintenant une fenêtre au second qui est ouverte sur une pièce sombre, avec la présence insolite d'une ampoule verte en arrière-plan. L'occupante des lieux, accoudée sur sa balustrade à suivre du regard l'animation de la rue, garde avec constance son poste d'observation. Elle l'occupait déjà hier et avant-hier, et il en sera sans doute encore ainsi demain, mais je repense à Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier, Nathalie Baye guettant quotidiennement la présence de sa voisine d'en face jusqu'au jour où la lumière reste éteinte pour ne plus se rallumer...

vendredi 4 novembre 2011

H - 3

Madison (WI), 28 octobre 2011

mardi 1 novembre 2011

Choses vues

 US-12W, 29 octobre 2011



Le jour se lève à peine et les champs sont encore blancs. Juste au bord de l'US-12 W, brillantes elles aussi de givre, assemblées là en formation groupée et légèrement à contre-jour, les trois carcasses rouillées d'un avion de combat, d'un tank et d'un hélicoptère marquent l'entrée du Mémorial des vétérans du Wisconsin.

Une ferme en contrebas de la route, une de plus avec son silo métallique et sa grange de bois à la peinture écaillée. Posée au milieu du champ juste devant, l'épave rouge et blanche d'une Chevrolet des années 70 attend le client avec un large carton "For sale" posé sur le pare-brise.

Un peu partout le long de l'I-94 W, souvent installés à bonne distance mais visibles de loin, de grands panneaux surgissent au-dessus de la végétation. Apparition étrange, en pleine nature, d'une publicité gigantesque annonçant "Private Pleasures - Adult Superstore - Exit 52", avec deux profils féminins en ombres chinoises.

Juste un peu plus loin, et toujours en aussi grandes dimensions, un rappel à l'ordre moral : "Smile, your mother was pro-life!".

L'arrière du truck que l'on suit soutient son slogan publicitaire "No one pays faster" avec la photo grand format d'un type à casquette au sourire éclatant. Un plaisantin a noirci une de ses incisives.

De loin, la forme à l'arrière de ce pick-up que l'on rattrape insensiblement est difficile à identifier. Lorsqu'on est suffisamment proche, et juste avant de doubler, on comprend qu'il s'agit d'un cerf fraîchement abattu, posé là en vrac et le flanc rouge de sang.



De Madison à l'aéroport de Minneapolis-Saint Paul, il faut compter presque 5 heures de route et, même en partant tôt, il est difficile de s'arrêter aussi souvent que l'on voudrait si l'on veut arriver en début d'après-midi. Restent des photos potentielles, des images en vrac, quelques instantanés sans rime ni raison que la mémoire aura choisi de retenir et dont, au hasard d'une halte, on griffonnera sur un bout de papier quelques mots pour en marquer la trace avant qu'elle ne s'évanouisse.


Exit 45 Restaurant & Bakery,
I-94W, 29 octobre 2011

Cinéma, Cinémas (22)

Black Hawk Family Restaurant
Sauk City (WI), 29 octobre 2011

samedi 29 octobre 2011

State St & W Gorham St

Madison (WI), 28 octobre 2011

vendredi 28 octobre 2011

Amériques (30)

Madison (WI), 28 octobre 2011

Sur la route de Madison (WI) (3)

Dubuque (IA), 27 octobre 2011

Interstate 151 (entre l'Iowa et le Wisconsin), 27 octobre 2011

vers Mount Horeb (WI), 27 octobre 2011

jeudi 27 octobre 2011

Sur la route de Madison (WI) (2)

Nevada (IA), 27 octobre 2011

Cedar Rapids (IA), 27 octobre 2011

Dubuque (IA), 27 octobre 2011

Sur la route de Madison (WI)

 6th Street & I Avenue,
Nevada (IA), 27 octobre 2011

Snack Time Family Restaurant,
Nevada (IA), 27 octobre 2011

Leaving Rochester

 Clear Lake (IA), 26 octobre 2011

Interstate 35 South (IA), 26 octobre 2011

Rochester (Minnesota) doit sa prospérité à deux activités principales : d'une part son centre d'études IBM (la world company qu'il est inutile de présenter) et d'autre part — il faudrait même dire surtout — sa Mayo Clinic, un complexe hospitalo-universitaire fondé par deux frères qui, parmi les premiers, comprirent l'importance des dossiers médicaux personnalisés et de l'accès à de grandes bases de données pour le diagnostic, le traitement et le suivi des patients ; deux bonnes raisons pour l'Université du Minnesota de créer sur place une extension de son site de Minneapolis.
Des ingénieurs, des médecins, du personnel académique et quelques étudiants, voilà donc le vivier du public de ma conférence de mardi soir. Mais, autant la veille j'étais presque "comme à la maison" dans l'Université-mère de Minneapolis, autant dans cette ville inconnue, invité par quelqu'un que je n'avais jamais rencontré, je comprends assez vite que, toute "Mayo" que soit la clinique, la mayonnaise sera plus difficile à faire prendre... Après des années d'expérience, c'est quelque chose que l'on mesure instinctivement et que l'on évalue à des petits riens. Ainsi, l'amphi est de belle facture mais un peu grand pour la quarantaine de personnes présentes et, selon le principe immuable d'auto-organisation à maximum d'entropie qui prévaut lorsque les gens ne se connaissent pas ou sont peu enclins à l'interaction, la distribution des auditeurs dans la salle se thermalise rapidement en une équipartition silencieuse, chacun gardant avec chacun une distance de plusieurs sièges (et avec "chacune" un éloignement variable car il n'y a qu'une femme présente dans l'assistance !).  On pourrait aussi rajouter que, si l'annonce précisait à juste titre le sujet de l'exposé, elle mentionnait également "free pizza and soft drinks", raison pouvant sembler suffisante à certains pour venir...
Avant même que l'exposé ne commence, balayer du regard l'assistance soulève son lot de supputations. On évalue le poids relatif des chemises à carreaux et des cravates, des lunettes et des crânes dégarnis, des smartphones et des papiers-crayons. Puis très rapidement, lorsqu'on commence à parler, on repère des degrés d'attention divers entre approbation, scepticisme et indifférence, hochements de tête contre bras croisés et yeux baissés. Ainsi, on commence peu à peu à parler plutôt à destination de certains et deux stratégies peuvent se mettre en place : contenter les convaincus ou convaincre les dubitatifs. Le type en pull bleu semble assez sincèrement acquis, alors je me fais un devoir de dissiper les doutes que semble avoir "Monsieur-bras-croisés-sourcils-froncés" et, à trop essayer d'expliquer les mêmes choses de plusieurs façons, je prends du retard. Conclusion à l'arrache pour tenir quand même dans les temps, applaudissements polis, questions de convenance. C'est bien sûr le type en pull bleu qui vient me voir pour des compléments d'information.
Dispersion, demain sera un autre jour...

mardi 25 octobre 2011

I-52 (1)


Hampton (MN), 25 octobre 2011

Hampton, Cannon Falls, Zumbrota, les minuscules localités qui jalonnent l'Interstate 52 entre Minneapolis et Rochester semblent abandonnées. Dès que l'on s'écarte de quelques dizaines de mètres à peine de ce qui ressemble à un centre — où règne un minimum d'animation —, les rues sont désertes, les rideaux tirés et, paradoxalement, ce sont les décors macabres d'Halloween, squelettes et draps flottant au vent, qui témoignent dans chaque jardin de la vie invisible de ces villes fantômes.

lundi 24 octobre 2011

Clameurs

Minneapolis (MN), 23 octobre 2011

L'ancien Memorial Stadium s'est transformé, presque au même endroit, en un TCF Stadium de la presque même forme. Tout y est flambant neuf et la végétation qui y pousse semble pour l'instant sous contrôle.

vendredi 21 octobre 2011

Un dépaysement soudain

 Misha Gromov et Jean-Michel Alberola

David Lynch

Paris, 20 octobre 2011

lundi 17 octobre 2011

dimanche 16 octobre 2011

Amériques (29)


Houston (TX), mars 2010

samedi 15 octobre 2011

Autour de minuit (2)

1/2 octobre 2011

vendredi 14 octobre 2011

Souvenir shop

La nostalgie n'est peut-être pas tant le regret de ce qui a été que celui de ce qui aurait pu être. Jeune, on ne vit souvent le présent qu'à moitié, profitant bien sûr de l'instant mais négligeant ou jetant aux orties ce qui porte trop ostensiblement la marque du passé, préférant projeter dans un futur que l'on imagine à portée de main l'idée d'une vie pleine et entière, nouvelle et forcément meilleure. Plus tard, bien plus tard, la vie vécue n'aura pas forcément été au rendez-vous des espérances et, lorsqu'on se retournera vers sa jeunesse, le petit pincement au cœur qui nous étreindra portera la marque — au côté du rappel de quelques instants magiques que l'on aura connus — d'un regret informulé des rendez-vous manqués. Il en va ainsi du temps qui passe mais, glissant de l'avant à l'ailleurs, les choses sont-elles si différentes pour l'espace ? Tantôt les souvenirs nous renvoient à des lieux connus et chéris en les mêlant indistinctement à des instants enfuis, et nous n'avons alors de cesse, revenant par hasard ou par un fait exprès au même endroit, de retourner le plus exactement possible où nous avons jadis été, guettant le même et le dissemblable. Et tantôt c'est de ces lieux où nous ne sommes jamais allé que nous avons une sorte de nostalgie "anticipative", les imaginant tels que nous pensons les trouver à l'aune d'images forcément déjà anciennes et sans doute dépassées. Une ville inconnue ne ressemble jamais à l'idée que l'on s'en fait a priori, que ce soit par la lecture de son plan ou les photos et les films que l'on peut en avoir vu. Une fois sur place, rien n'est jamais vraiment pareil et, troquant de l'espace pour du temps, la nostalgie s'invite alors par l'impossibilité de revivre des souvenirs par procuration.

dimanche 9 octobre 2011

Passerelles (53)

 Cargèse, juillet 2004

Hammamet, 5 octobre 2011

samedi 8 octobre 2011

Citations (15)

Hammamet, 8 octobre 2011

"Le Club Mickey dégouline."

vendredi 7 octobre 2011

dimanche 2 octobre 2011

Autour de minuit

1/2 octobre 2011

samedi 1 octobre 2011

Primaires



Lyon Croix-Rousse, 1er octobre 2011

vendredi 30 septembre 2011

De l'Ambassador

Mahabalipuram, janvier 2002

jeudi 29 septembre 2011

Jardin public

Bucarest,
mai 1995

mardi 27 septembre 2011

Tôt ce matin

Lyon Part-Dieu, 27 septembre 2011

lundi 26 septembre 2011

Rue des Francs Bourgeois

Paris, 23 septembre 2011