Trieste,
septembre 1996
Quiproquo, malentendu, problème de fax, qu'importe ? Le résultat net, c'est que la réservation attendue n'est pas au rendez-vous.
Pour venir de la gare à cette pension qui ne veut rien savoir, on a traversé la ville une première fois, surpris de trouver des rues en pente alors que d'après le plan on aurait cru que... mais que peut-on savoir d'une ville en en lisant le plan chez soi ? Les rues elles-mêmes, étroites, grises et bruyantes, ne correspondaient pas tout à fait à l'idée qu'on se faisait de Trieste, mais on n'avait pas trop l'esprit à mieux chercher. Et maintenant on parcourt la ville une deuxième fois, avec les néons des hôtels en ligne de mire et pour seule priorité de trouver une chambre. Celle enfin dénichée à l'
Hotel Centrale pourrait accueillir toute une famille mais c'est la seule qui soit libre, alors on la prend.
Le sac posé, on repart les mains dans les poches et, étrangement, l'air auquel on n'avait pas prêté attention jusqu'alors devient marin dès que l'on ressort. Des cafés patinés apparaissent comme par enchantement au coin des rues, avec ce je ne sais quoi de nostalgique qui s'accorde si bien de la beauté des filles qui passent. Pas de doute, la troisième exploration sera la bonne.