vendredi 2 septembre 2011
jeudi 1 septembre 2011
mercredi 24 août 2011
mardi 23 août 2011
dimanche 21 août 2011
Cafés (20) et Passerelles (49)
Toronto, 12 juillet 2011
C'était à Lyon à la fin des années 70. Ce n'était pas "Chez Laurette" mais, "Chez Mado", c'était tout comme. On s'y pressait pour un café aux intercours ou pour un sandwich à midi, on s'y donnait rendez-vous, on venait prendre des nouvelles. Pas de flipper ni de juke-box, juste quelques tables en enfilade — alignées face au zinc dans la salle toute en longueur — et, au fond, une arrière-salle toujours enfumée où, le rideau de fer de l'entrée baissé, on finissait parfois la journée au "blanc cass" avec elle, Mado enfin assise mais encore le torchon à la main. Joues rouges et brillantes de paysanne (ce qu'elle redevenait le week-end dans sa "campagne" des Monts du Lyonnais où elle et son mari vivaient dans une cabane en continuant de construire une grande maison dont je ne sais si elle l'aura jamais habitée…), Mado avait un regard clair qui disparaissait dans le plissement de ses yeux lorsqu'elle riait. Elle avait aussi le verbe haut et il fallait filer droit lorsqu'on passait derrière le bar pour l'aider. Nos copines l'avaient pour confidente, elle qui savait comme personne les engueuler et les consoler.
On a la sienne, unique, dans ses souvenirs mais, des "Mado", il n'y en a heureusement pas qu'une. Parfois, on s'arrête par hasard dans un café et on se dit qu'on y est de nouveau, avec ce sentiment mélangé que quelque chose d'à la fois très semblable et très différent est là. L'histoire écrite à cet endroit n'est pas la nôtre, on n'a rien à y faire et pourtant, on ressent une forme de familiarité qui renvoie à ce que l'on a connu ailleurs, il y a longtemps.
En entrant dans cette mini-taverne grecque de Toronto pour un petit-déjeuner, je sais que j'ai quelque chose d'un intrus mais je m'y sens bien. Entre son bar encombré, ses plaques et sa hotte, une "Mado" s'essuie les mains sur son tablier en houspillant celui qui doit être son mari, assis à faire des comptes (ou des mots croisés ?) au fond de la pièce — un air du "Pépé" aux maquettes dans les Demoiselles de Rochefort. Des quatre tables de l'établissement (l'endroit est minuscule), une est déjà occupée par un homme sans âge, étrangement immobile face à un gobelet blanc, longs cheveux, regard absent, veste de survêtement, pantalon de pyjamas et pantoufles. Je comprends rapidement que "Mado" lui parle comme à un enfant, l'enfant qu'il est encore quelque part dans sa tête, avec un air cette fois — j'y pense aujourd'hui que je viens de le revoir — du "portier" d'Auggie Wren dans Smoke. Un peu plus tard, alors que le café s'animera du va-et-vient visiblement familier des ouvriers du chantier tout proche venant passer commande ou emporter leur en-cas, il s'acquittera avec succès d'une course que "Mado" lui aura confiée et reviendra s'asseoir, identique à lui-même, devant son gobelet. Et puis, juste alors que je paie au comptoir et m'apprête à sortir, l'entrée pimpante d'une fille aux cheveux noirs et frisés, disparaissant presque aussitôt dans l'arrière-boutique après avoir claqué la bise à "Pépé", transforme en un instant la scène au temps jusque-là ralenti et la ramène à une évidence joyeuse. Un je-ne-sais-quoi dans son allure — et dans la situation — me rappelle la fille virevoltante de Sean Penn dans Mystic River.
Oui je sais, je vais trop au cinéma (on me l'a déjà dit).
samedi 13 août 2011
dimanche 7 août 2011
samedi 30 juillet 2011
mercredi 27 juillet 2011
mardi 26 juillet 2011
dimanche 24 juillet 2011
Ce qui change et ce qui ne change pas
Lyon, 23 juillet 2011
Présence inattendue de Monsieur le Ministre, photo à l'iPhone et post-traitement "significatif" (une fois n'est pas coutume...).
En presque trente ans, je ne suis pas sûr d'avoir jamais rouvert ses Lettres d'Amour en Somalie, que j'avais tant aimées à leur sortie. Le livre était rangé là où je pensais le trouver, il m'a été facile de remettre la main dessus et de le rajouter à mon sac en partant tôt ce matin. Je l'ai relu par bribes dans mes pauses-café sur la route Napoléon et j'ai redécouvert les photos de Diane Delahaye — les rideaux de l'Uruba page 48, les "derniers jeux avant les armes" page 88... —, et le double texte aussi bien sûr, écrit d'une langue pleine et belle, et bien peu de bois.
Par une sorte de télescopage dans le temps et l'espace, l'autoradio calé sur France Inter débattait vers dix heures de la Somalie et de sa situation catastrophique aujourd'hui — écho obstiné, renouvelé et démultiplié de conflits et de réfugiés (avec plus qu'une pensée pour ma M. qui s'y replonge, mais c'est une autre histoire...).
Hier soir, le temps était éminemment variable sur Fourvière et son amphithéatre à ciel ouvert. Monsieur le Ministre et sa troupe sont partis quand il a commencé à vraiment pleuvoir.
dimanche 17 juillet 2011
samedi 16 juillet 2011
jeudi 14 juillet 2011
mercredi 13 juillet 2011
D'une université l'autre
Queen's University, Jeffery Hall
Kingston, 11 juillet 2011 matin
Ryerson University, Library Building
Toronto, 11 juillet 2011 soir
mardi 12 juillet 2011
lundi 11 juillet 2011
Video on demand (ou presque)
Après la chute des plus grandes villes de la planète, le sergent Nantz et ses hommes doivent défendre Los Angeles contre des envahisseurs extra-terrestres.
Emma et Adam ont toujours été amis… jusqu'au jour où ils deviennent amants. Désormais, ils vont devoir apprendre à vivre comme des "sex friends".
Tim Lippe, un modeste vendeur en assurances, se voit dans l'obligation de participer à une convention annuelle d'agents d'assurance à Cesar Rapids.
Un écrivain raté voit sa vie transformée par une substance chimique expérimentale. Un thriller mené jusqu'au bout de la folie et de la paranoïa…
Danny, chirurgien esthétique et play-boy, demande à son assistante de se faire passer pour son ex-femme et déclenche ainsi toute une série d'imbroglios…
Des fans de science-fiction en pèlerinage dans la zone 51 rencontrent par hasard un extra-terrestre en détresse qui se dit poursuivi par le FBI…
Crédits : Air France Magazine de juillet 2011 pour les textes (avec, par ordre d'apparition à l'écran, "Battle: Los Angeles", "Sex Friends", "Bienvenue à Cedar Rapids", "Limitless", "La défense Lincoln" et "Paul").
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Tim Lippe, un modeste vendeur en assurances, se voit dans l'obligation de participer à une convention annuelle d'agents d'assurance à Cesar Rapids.
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Un écrivain raté voit sa vie transformée par une substance chimique expérimentale. Un thriller mené jusqu'au bout de la folie et de la paranoïa…
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Danny, chirurgien esthétique et play-boy, demande à son assistante de se faire passer pour son ex-femme et déclenche ainsi toute une série d'imbroglios…
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Des fans de science-fiction en pèlerinage dans la zone 51 rencontrent par hasard un extra-terrestre en détresse qui se dit poursuivi par le FBI…
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Crédits : Air France Magazine de juillet 2011 pour les textes (avec, par ordre d'apparition à l'écran, "Battle: Los Angeles", "Sex Friends", "Bienvenue à Cedar Rapids", "Limitless", "La défense Lincoln" et "Paul").
dimanche 10 juillet 2011
Before hours (2)
Kingston (Ontario), 9 juillet 2011
Le vent.
Le vent qui balaie les rues et les places, qui tournoie sur les parkings et avec lequel il faut ici apprendre à vivre me dit-on — surtout en hiver bien sûr.
Le vent et aussi les oiseaux, les mouettes glissant haut dans le ciel, les moineaux jacassant dans les arbres et sur les bancs, les corbeaux fouillant les poubelles des arrière-cours.
Il est encore tôt et les trottoirs de la petite ville, qui plus tard se rempliront de familles et de touristes bariolés, n'accueillent encore que quelques ombres. Un couple de routards multipiercés attend devant le Sleepless Goat Café, lui lisant assis, concentré, et elle dormant en chien de fusil à ses pieds. Un peu plus loin, un homme âgé attend aussi sur un autre banc, dos très droit, yeux fermés, mains à plat sur les genoux. Plus loin encore, un vétéran en survêtement vert pomme, un gobelet blanc à la main, a déjà placé son fauteuil roulant à l'angle stratégique des deux rues qui seront les plus passantes dans quelques heures.
Princess St descend en pente douce vers le lac au bord duquel quelques matinaux se posent, courent ou promènent leur chien. Au loin, la ligne d'horizon se décore d'une armée d'éoliennes en désordre. Peter's Place vient d'ouvrir, bientôt ce sera le tour de Coffee & Company où je dois retrouver A.
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