jeudi 28 avril 2011

lundi 25 avril 2011

Campings



Saint-Just-en-Chevalet, 24 avril 2011

1975, Maroc — Deux tentes pour huit. Lourde toile, double-toit, piquets, armée de sardines. On les montera le moins souvent possible.

1976, Roumanie — Une tente pour quatre, à peine plus légère, mais il pleut souvent. Accident juste après la frontière… trouver un garage à Cluj-Napoca relève de l'exploit. Les deux types de garde, qui reluquent A. et S. de façon appuyée, insistent pour que l'on plante sur place. Hésitation, fatigue, demi-sommeil. Réveil en sursaut au petit matin lorsque la toile est secouée de l'extérieur : une vache.

1978, Sicile — Il a plu toute la nuit. On repart avec des toiles trempées que l'on étale aux premiers vrais rayons de soleil sur le sol sec d'une place de village. On dirait des voiles de bateaux.

1978, Alsace — Le 153ème Régiment d'Infanterie est en manœuvre et les tentes kaki sont arrivées par camion. Feu de bois, vin chaud, "oies sauvages", on se croirait chez les scouts. Se méfier quand même : demain les Russes attaquent.

1980, Italie — Pas eu le courage de planter. Grandeur et misère des nuits à la belle étoile : le ciel est magnifique et les moustiques teigneux. Des effluves de musique lointaine nous laissent penser qu'à minuit passé, une Festa de l'Unità n'est peut-être pas terminée quelque part . G. et moi nous relevons pour nous y rendre à l'oreille. Porchetta et verre de vin d'accueil dans une cour de ferme. Un vieux juché sur une table joue de l'accordéon et tout le monde danse, c'est un mariage. La fête se poursuivra ailleurs. Et pour quelques heures à peine, la 204 fera plus tard une tente très confortable.

1981, Sud-Ouest — Le camping sans charme fait penser à un hôtel de province un peu triste et un peu vieux, où l'on ne va que par stricte nécessité. Le soir, H. et moi tendons nos oreilles à la terrasse du bar local, soucieux de varier nos plaisirs apéritifs : c'est ici que je découvrirai l'existence du "fond de culotte" (un "Suze-Cassis"…).

1983-85, Italie — La toile se fait plus légère, mais il y a encore les piquets et le grésillement qui fait tout replier lorsque l'orage s'approche.
Campings municipaux introuvables, campings "internationaux" chers, sans ombre et surpeuplés. Les tentes à touche-touche mettent nos oreilles aux premières loges pour les ébats, extatiques et bruyants, de nos voisins. Au matin, on se salue comme si de rien n'était.

1990-94, France — Deux alcôves, un auvent, la tente a pris de l'ampleur avec la famille qui s'agrandit, mais on l'utilise surtout sur le chemin pour aller quelque part où une maison nous attend.
Une fois, L. demande à me photographier, debout devant l'entrée de la tente. L'image est coupée à mi-visage, mais on reconnaît facilement le jean retaillé qui me sert de bermuda.
Une autre fois, c'est à mon tour de photographier M. au réveil, juste une petite tête ébouriffée se glissant sous l'entrée de toile partiellement dézippée, œil mi-clos de sommeil, éblouie par le soleil qui lui fait face.

1992, Italie — L. et M. ont quatre ans. Attirées par la musique venant du côté de l'entrée du camping, elles nous entraînent vers ce qui se révèle être un karaoke. Ayant tout juste eu le temps de se glisser à coups de coudes jusqu'au premier rang avant qu'un nouvel amateur ne prenne le micro, elles repartent en courant dès ses premières mesures, se bouchant les oreilles avec ostentation.

2000 ? Allez savoir quand, mais un jour la grande tente a fini chez Emmaüs et a été remplacée par deux igloos légers et maniables.

2002, Vermont — Un ranger nous conduit au fond des bois et nous fait les recommandations d'usage, pas de feu sauvage, nourriture en hauteur à cause des ours, etc. Il y a un barbecue en dur mais, à longtemps chercher un emplacement dans les parcs nationaux tous complets ce samedi soir, nous n'avons pas eu le temps de faire de courses. Un mini-market nous dépanne en dernière minute de saucisses sous plastique et de chips. C'est l'anniversaire de MH. On avait d'abord pensé restaurant mais, assis en tailleur à l'entrée de nos tentes face au feu, c'est peut-être le meilleur que nous ayons jamais fêté ensemble.

2004, Corse — Monter/démonter est devenu un jeu d'enfant mais il y a un temps pour tout, et le camping sédentaire, non merci.

2006, Lyon — M. part en week-end avec des amis : "Je peux prendre une des tentes ?". L. aussi, Z. bientôt. Au fait, où sont ces tentes aujourd'hui ?

2011, Saint-Just-en-Chevalet — Si la grille d'entrée est ouverte, c'est sans doute que le camping commencera bientôt sa saison. J'entre et je traverse les allées dont le gravillon crisse sous mes pas. Quelques caravanes attendent en silence. Vides, les emplacements semblent étrangement grands. Devant chacun, un écriteau numéroté et une prise électrique. J'imagine que d'ici pas longtemps, des habitués reviendront à la place qu'ils occupent depuis des années. L'après-midi, l'activité se distribuera entre ce côté de la route et l'autre, celui de la piscine à toboggan, du golf miniature et du mini-bar, snack et glaces. Il y aura des siestes et, le soir venu, des apéros et des télés allumées tard. Des campeurs de passage s'arrêteront de temps en temps, sans doute par hasard. Ils se verront attribuer une place qu'ils voudront peut-être changer après avoir jaugé de son exposition ou de son voisinage. S'ils n'arrivent pas trop tard, ils pourront trouver au Shopi d'à côté de quoi faire des grillades.

dimanche 24 avril 2011

samedi 23 avril 2011

vendredi 22 avril 2011

jeudi 21 avril 2011

Passerelles (46)

 New York (NY), mai 1993

Lyon, avril 2011

mercredi 20 avril 2011

Passerelles (45)

 Lisbonne, février 2005

Lyon, avril 2011

mardi 19 avril 2011

Notes (4)


Elle avait beau savoir que son interlocuteur ne pouvait la voir, elle ne pouvait s'empêcher d'accompagner de gestes précis ce qu'elle lui décrivait au téléphone.

Soir de match

Madrid,
octobre 2008

Foot et ping-pong… une réplique impromptue elle aussi au dernier billet d'Alain Poisson…

dimanche 17 avril 2011

But ?

Istanbul, mai 2000

samedi 16 avril 2011

Paysage urbain (5)

Lyon, 1er avril 2011

mardi 12 avril 2011

69°40'33"N



Tromsø, décembre 2003

1. Arrivé tard, déposé par un taxi ne m'offrant comme première vue de la ville qu'un enchaînement de ponts et de tunnels. Lobby désert, restaurant fermé, la chambre m'attend fenêtre grande ouverte. La neige reflète les lueurs de l'hôtel et se perd dans la forêt toute proche.

2. Onze heures du matin. Le soleil est sous l'horizon depuis plusieurs semaines et ne se montrera pas avant au moins un mois. Pendant quelques heures, une clarté hésitante et un peu irréelle, faite de rougeoiements dans le ciel et d'ombres diffuses, donne l'illusion d'un jour qui va se lever. Mais c'est très vite le retour à l'obscurité, la nuit noire dès le début de l'après-midi.

3. On m'explique que l'on ne s'installe pas vraiment ici. Soit on y est né — on y a toujours vécu ou on y revient —, soit on vient d'ailleurs (pour le travail ou l'amour), on tient quelque temps et on repart.

4. Le premier soir, repas de Noël du labo, salle comble (réservation faite des mois à l'avance, me dit-on), queue interminable au buffet pour du lutefisk élastique et des légumes à l'eau. Très cher (sans doute aussi l'akvavit ?).

5. Comme on emporte partout sous ses pieds la neige épaisse qui recouvre les allées et les jardins, on apprend sur le tas qu'il faut toujours avoir avec soi des chaussures légères pour remplacer ses croquenots tout-terrain lorsqu'on est invité chez quelqu'un. Sas entre la porte d'entrée et le salon, petit banc pour le confort. Dehors la nuit, le froid humide et la gadoue, dedans les planchers blonds, la lumière à profusion et la chaleur des maisons trop bien isolées.

6. Des enfants qui font seuls de la luge par ce qui, même si l'on n'est qu'en fin d'après-midi, ressemble à une nuit profonde. Une voiture glissant silencieuse et tous feux allumés sur un quai où est arrimé un bateau russe d'où proviennent des éclats de voix hachés par le vent qui les disperse. Soupçon d'angoisse sourde, parfum trouble de polar, de crimes inexpliqués ou en attente.

7. L'étonnement est aux coins des caisses-enregistreuses. Dans les supermarchés où l'on se réfugie pour échapper quelques instants au vent qui balaie les rues désertes, on trouve des succédanés de caviar et de champagne aux étiquettes criardes, vendus moins chers qu'un bigmac-coca dans le MacDo d'à côté.

8. La soutenance de thèse aura duré tout l'après-midi, mais ce sont surtout les aiguilles des horloges qui en témoignent. Sensation étrange d'un temps distendu en voyant par les fenêtres les étoiles briller sur un ciel d'encre.

9. Les tables de la salle de réunion de l'Observatoire ont été poussées contre les murs. Le frigo ne suffit pas à contenir les caisses de bière qui s'empilent à côté (y en a-t-il d'autres sur le balcon ?) et une sono — simple ghetto blaster mais aux dimensions généreuses — a été installée en équilibre précaire sur deux tabourets. Le décor attend l'after.

10. La réception offerte par le nouveau docteur est dans une salle des fêtes excentrée. Il est d'usage (ce qui veut dire obligatoire) de s'habiller chic. Dans leurs costumes-cravates sombres, les garçons ressemblent à ceux que l'on croise par grappes dans les villes de province les jours de concours d'entrée aux écoles de commerce. Perchées sur des talons trop hauts, les filles que l'on avait quittées au sortir de l'amphithéatre en survêtement, anorak et moonboots ont la beauté un peu factice de leur maquillage appliqué et de leurs jupes courtes, bouffantes ou fluo. C'est la soirée sage, les professeurs et les parents sont là pour quelques heures. Ensuite, ce sera le retour au campus, et jamais l'expression "la nuit est jeune" n'a semblé plus appropriée.

11. On pourrait croire qu'on s'y habitue et qu'on en devient blasé, mais non. Il a suffi d'une vague de bouche à oreille se propageant dans la salle de danse pour que celle-ci se vide au fur à mesure, tous sortants sur le parking pour admirer le déploiement d'une aurore boréale de belle facture (il était temps, je pars le lendemain…). Quelques cigarettes grillées jouent les lucioles. Les filles aux épaules nues grelottent un peu et se balancent d'un pied sur l'autre pour se réchauffer.

12. L'aéroport est recouvert d'une neige obstinée dont la chute ténue mais continue retarde tous les vols. L'attente sur le tarmac s'éternise, des camions se relaient pour projeter sur la carlingue des appareils cloués au sol des flots d'antigel que l'on voit couler en boue épaisse sur les hublots. Il ne faudra pas compter sur la correspondance à Stockholm.

vendredi 8 avril 2011

Dopo

Venise, septembre 1996

jeudi 7 avril 2011

mardi 5 avril 2011

MEP

Paris, 31 mars 2011

lundi 4 avril 2011

Subs in & out


Norwood (Ontario), mai 1991

Chambres d'hôtel (fin)

Des photos et des dessins de chambres d'hôtel, j'en ai encore un certain nombre en réserve et, si j'en crois mon emploi du temps des mois à venir, bien d'autres en puissance... Peut-être y aura-t-il de temps en temps de nouvelles images postées ici qui s'y rapportent mais, d'avoir catégorisé le thème, le risque est que l'exercice se transforme en procédé, et qu'une sorte d'obligation — ou, à tout le moins, de réflexe — s'invite à chaque nouvelle occasion. Je préfère donc arrêter la série, en la résumant dans ce document que j'espère plus facile à feuilleter que l'historique du blog.

vendredi 1 avril 2011

26/3

Lyon,
janvier 2011

jeudi 31 mars 2011

Symétrie contrariée

Paris, 31 mars 2011

mardi 29 mars 2011

Paysage urbain (4)

Lyon, 29 mars 2011

lundi 28 mars 2011

Paysage urbain (3)

Paris, 8 mars 2011

dimanche 27 mars 2011

Amériques (28)

Baltimore (MD), novembre 1994

samedi 26 mars 2011

vendredi 25 mars 2011

Dans la ville silencieuse (2)

Texas, mars 2010

Oui, le silence. Celui d'un dimanche matin un peu fantôme, où l'on traverse sans bruit des petites villes, sans âme qui vive, à la recherche de quelque chose d'ouvert où prendre un petit-déjeuner. J'ai perdu le nom de l'endroit mais je me souviens de ce café familial dont on aurait pu croire — tant il était discret — qu'il cherchait à se faire oublier, déniché comme toujours à la grappe de voitures garées devant sa façade. Juste une petite parenthèse de vie, aussitôt refermée dès qu'on laisse se rabattre derrière soi la porte en repartant, et retourner au silence le tintement du carillon de l'entrée sous un soleil déjà haut.

jeudi 24 mars 2011

Cafés (18)

Lyon, janvier 2011

mercredi 23 mars 2011

mardi 22 mars 2011

Austerlitz

Paris, 22 mars 2011

dimanche 20 mars 2011

Les preuves du hasard (7)

Saint-Just-en-Chevalet, 20 mars 2011

samedi 19 mars 2011

19 mars

Paris, 12.10 2008

La photo est un peu floue, mais le souvenir tranchant.

vendredi 18 mars 2011

Passerelles (44)


Si passerelle (facile...) il y a, c'est surtout prétexte à aller voir du côté de Magdi Senadji.

mercredi 16 mars 2011

Bonheurs en petite monnaie (9)

Paris,
15 mars 2011

La réunion s'est achevée un peu avant 18 heures et mon TGV est à 19h24.
De Palais-Royal à Gare de Lyon, la ligne 1 passe par Saint-Paul, excellente opportunité pour aller voir l'exposition "Hervé Guibert, photographe" à la Maison Européenne de la Photographie.
Fermée le mardi, mauvaise pioche...
Retour à la station de métro, envie de photo. Cent mètres à peine dans la douceur d'un soir presque printanier, regard papillon, fragments de beauté instantanée...
Un couple passe, l'impulsion d'une photo volée, comme une évidence et une revanche.

mardi 15 mars 2011

Chambres d'hôtel (50)

Dallas (TX),
17 mars 2010

Même au Texas, il arrive qu'il pleuve. Par la fenêtre à guillotine de la chambre, on voit se perdre dans la brume les terrasses des immeubles d'en face, et, allongé sur le lit les yeux au plafond, on peut compter les rares voitures qui passent au crescendo-decrescendo du chuintement de leurs pneus sur la chaussée détrempée.
On ne l'avait pas choisi pour cela, mais il se trouve que l'Hotel Lawrence est à deux pas de Elm Street, celle-là même qu'une longue limousine emprunta un jour ensoleillé de novembre 1963. Et on se prend à penser que celle-ci n'aurait sans doute pas été décapotée ce jour-là s'il avait fait alors le temps d'aujourd'hui...

lundi 14 mars 2011

Route 19

Texas, mars 2010

dimanche 13 mars 2011

Vacant building

Dallas (TX),
mars 2010

samedi 12 mars 2011

vendredi 11 mars 2011

Fenêtres sur Tokyo (2)

National Institute of Informatics,
Tokyo, octobre 2010

jeudi 10 mars 2011

mercredi 9 mars 2011

Louvre-Rivoli (2)

Paris, 8 mars 2011

mardi 8 mars 2011

Louvre-Rivoli

Paris, 8 mars 2011

Vert, blanc, rouge

Confiteria London City,
Buenos Aires, août 2010

lundi 7 mars 2011

Cafés (17)

Mercato San Lorenzo,
Florence, juillet 2007