dimanche 3 juin 2012

Avant

Cetinje (Monténégro), 31 mai 2012

Des traces qui s'effacent, mais en même temps le regret diffus, effleurant à la surface des conversations, de ce qui a pu être "avant". Souvenirs de héros du communisme local, on trouve encore au hasard des rues et des bords de route du Monténégro des plaques à l'étoile rouge qui semblent avoir été oubliées là, s'ensevelissant dans un temps arrêté sous l'indifférence des passants qui ne les voient plus. Mais c'est aussi S. m'évoquant les atouts perdus de l'ex-Yougoslavie, sa taille "idéale", les rendez-vous manqués avec sa volonté d'européanité.

samedi 2 juin 2012

Sur la route de Shkodër



Albanie, 1er juin 2012

vendredi 1 juin 2012

Rues de Shkodër




Shkodër (Albanie), 1er juin 2012

jeudi 31 mai 2012

Boca Bay


Tivat (Monténégro), 30 mai 2012

mercredi 30 mai 2012

Paysages intermédiaires (34)

 Budva (Monténégro), 29 mai 2012

 Budva (Monténégro), 29 mai 2012

Budva (Monténégro), 30 mai 2012

Brève

29 mai, matin — Le workshop est arrangé dans un grand hôtel moderne en bord de mer. Marbre des espaces immenses, petites mains s'activant dès le matin pour que tout brille, lustres king size, musique-muzak vous suivant jusqu'au fond des couloirs. La salle à manger occupe un étage entier, curieux mélange de tables aux nappes épaisses et à l'argenterie d'un restaurant de luxe, mais agencées en un quadrillage utilitaire la faisant ressembler à une cantine. Si la saison ne fait que commencer et les touristes sont encore rares (ce matin, quelques japonais, deux trois allemands, des russes aussi), on imagine sans peine l'abattage estival à venir. Deux fillettes déguisées en paysannes chic, cheveux blonds retenus dans un foulard brodé, amples jupes blanches à volants, arborent des T-shirts siglés Gucci. Une longue fille glisse haut perchée vers la table où, picorant en silence, elle pose son regard clair au-delà de la chemisette à carreaux de l'homme court et dégarni qui l'accompagne. En costume-cravate et lunettes noires, on reconnaît ceux qui sont là pour affaires à leurs conciliabules noués loin du buffet.

Clichés

Vol YM235,
Paris-Podgorica, 28 mai 2012

On a beau essayer de s'en déprendre, les clichés savent vous rattraper avec un naturel désarmant, et d'autant plus que la réalité semble les conforter. Mais aussi, la faute à qui si le steward taciturne qui vous accueille à bord du vol Paris-Podgorica, visage massif et cheveux longs négligés, ressemble à Emir Kusturica ? Et si l'on vous propose à tout bout de champ de l'eau minérale gazeuse en bouteille quasiment syldave ?

mardi 29 mai 2012

Presque...

Budva (Monténégro), 29 mai 2012

dimanche 27 mai 2012

Quotidien (2)


Lyon, 27 mai 2012

samedi 26 mai 2012

Musique potentielle

Kotopo,
Lyon, 26 mai 2012

vendredi 25 mai 2012

La ligne blanche

Montréal, 17 avril 2012

mercredi 23 mai 2012

Copies blanches

Musée des moulages,
Lyon, 23 mai 2012

L'Est (le vrai et la copie)

Château d'Urfé,
Champoly, 19 mai 2012

lundi 21 mai 2012

Champ-contrechamp


Cervières, 19 mai 2012

dimanche 20 mai 2012

Cafés (29)


 Champoly, 19 mai 2012

Cervières, 19 mai 2012

jeudi 17 mai 2012

mercredi 16 mai 2012

Stationnement

Montréal, juin 2003

mardi 15 mai 2012

Les preuves du hasard (11)

Lyon, 14 mai 2012

Nous ne nous étions pas vus depuis peut-être dix ans. Il y a moins de deux semaines, je le croise à Marseille et, hier, je le retrouve via un canal tout ce qu'il y a de plus académique sur ce très beau site. Quelques heures plus tard, c'est un message de la liste oulipo qui parle de lui, de façon totalement indépendante. Pas d'actualité particulière, rien de spécial dans l'air du temps, juste une coïncidence…

lundi 14 mai 2012

Cafés (28)

Café Tomaselli,
Salzburg, 28 mai 2005

dimanche 13 mai 2012

Bus 23

Saragosse, 10 mai 2012

samedi 12 mai 2012

Cinéma, Cinémas (23)


Si l'entrée principale en est sur Independencia, on peut aussi accéder au Palafox depuis Cinco de Marzo ou Cadiz, par de longs couloirs courant sous l'immeuble dans lequel il déploie ses 11 salles. De ci de là quelques indications, des flèches, des affiches attestant de la programmation courante mais, sinon, un parfum d'oubli d'une période révolue. Sans doute les guichets fermés devant lesquels on passe ont-ils jadis servi pour des entrées moins centralisées que ce qu'il en est maintenant où tout se règle comme partout en un seul et même endroit — on imagine, en haut du marbre des larges volées de marches ouvrant sur les arcades et l'avenue, un vaste hall, des automates, de la moquette un peu voyante, du pop corn… — mais aujourd'hui, leurs vitres sont condamnées, tapissées du même papier rayé à la Buren qui transforme en décor les devantures alignées de ce qui a dû un jour être une galerie marchande dont ne subsistent (survivantes pour combien de temps encore ?) que deux boutiques de lingerie, et en acteurs anonymes les silhouettes dont on entend longtemps résonner les pas et les voix.



Las Salas Palafox,
Saragosse, 7-11 mai 2012

vendredi 11 mai 2012

Cafés (27)


Cafeteria Ibiza,
Saragosse, 10 mai 2012

Cafés (26)

Gran Cafe Zaragoza,
Saragosse, 10 mai 2012

jeudi 10 mai 2012

Calle de Alfonso I

Saragosse, 9 mai 2012

mercredi 9 mai 2012

mardi 8 mai 2012

Calle Coso (2)

Saragosse, 7 mai 2012

lundi 7 mai 2012

samedi 5 mai 2012

Photos que l'on aurait pu prendre (22)


Sous sa forme papier, l'article en page XII du "Mag" de Libération d'aujourd'hui se présente comme un bloc de caractères ordinaire. Un peu moins de trente lignes précédées d'une image (version en noir et blanc d'une illustration couleur accessible sur internet) représentant un drôle de prototype d'appareil "photographique" d'un nouveau genre : une petite boîte transparente dans laquelle courent quelques fils, trois voyants et un bouton sur le dessus, et surtout une bande de papier imprimée qui s'en échappe à la manière d'un reçu de distributeur bancaire. Le texte donne l'explication de ce mystère, que l'on trouvera aussi dans le lien indiqué sous la signature "M. Le.", renvoyant également à un projet qui, quoique de nature différente, partage avec lui un peu de son étrangeté.

vendredi 4 mai 2012

Cafés (25)

Al Bottegon,
Venise, juin 2003

jeudi 3 mai 2012

Cafés (24)

Anzolo Raffaelle,
Venise, juin 2003

Calle Lunga San Barnaba,
    Au-delà de la place,
La rumeur du Canal s’efface,
    Ne restent que mes pas.

Je compte les années qui passent
    Sur les pavés mouillés,
Des échos démultipliés
    Me suivent à la trace.

A l’Anzolo Raffaelle,
    Les clients sont des chats,
Les volets de la trattoria
    N’ouvriront qu’à l’été.

mercredi 2 mai 2012

Amis de la poésie, bon appétit !


Versifier les recettes ne date pas d'hier. On se souvient (ici ou ) du Ragueneau de Cyrano de Bergerac (Acte II, Scène 4), et de sa recette des "tartelettes amandines" :

"Comment on fait les tartelettes amandines.
Battez, pour qu'ils soient mousseux,
Quelques œufs ;
Incorporez à leur mousse
Un jus de cédrat choisi ;
Versez-y
Un bon lait d'amande douce ;
Mettez de la pâte à flan
Dans le flanc
De moules à tartelette ;
D'un doigt preste, abricotez
Les côtés ;
Versez goutte à gouttelette
Votre mousse en ces puits, puis
Que ces puits
Passent au four, et, blondines,
Sortant en gais troupelets,
Ce sont les
Tartelettes amandines !
"

C'était en 1897 et, à peine trois ans plus tard, un certain Achille Ozanne publie ses Poésies gourmandes,  mélange de recettes et d'envolées souvent naïves, parfois coquines. Ainsi de l'Epilogue du "Homard à l'américaine" :

"Car plus d'une beauté rigide
Au tête-à-tête familier,
Succombe, après ce plat perfide,
En cabinet particulier !
"

Trois ans encore et on trouve un exemple en catalan sous la plume d'un(e ?) F. Combes, et sans doute bien d'autres si l'on cherche mieux.

Plus près de nous, c'est Peau d'Ane qui, dans le film de Jacques Demy, chante la recette du "Cake d'amour" :

"Préparez votre, préparez votre pâte
Dans une jatte, dans une jatte plate
Et sans plus de discours
Allumez votre, allumez votre four
Prenez de la, prenez de la farine
Versez dans la, versez dans la terrine
Quatre mains bien pesées
Autour d'un puits creux, autour d'un puits creusé
Choisissez quatre, choisissez quatre oeufs frais
Qu'ils soient du ma, qu'ils soient du matin faits
Car à plus de vingt jours
Un poussin sort tou, un poussin sort toujours
Un bol entier, un bol entier de lait
Bien crémeux s'il, bien crémeux s'il vous plaît
De sucre parsemez
Et vous amalga, et vous amalgamez
Une main de, une main de beurre fin
Un souffle de, un souffle de levain
Une larme de miel
Et un soupçon de, et un soupçon de sel
Il est temps à, il est temps à présent
Tandis que vous, tandis que vous brassez
De glisser un présent
Pour votre fian, pour votre fiancé
Un souhait d'a, un souhait d'amour s'impose
Tandis que la, que la pâte repose
Lissez le plat de beurre
Et laissez cuire une, et laissez cuire une heure...
"

Et puis, inénarrable et prolifique (192 recettes en alexandrins !), c'est Emilie Bernard qui naguère, de carte postale en carte postale, porta haut les couleurs du genre. Aujourd'hui (retour de Marseille), une sélection méridionale…





mardi 1 mai 2012