dimanche 19 juin 2011

Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Dans des temps encore pas si lointains, on trouvait dans les villages de France des "bureaux de tabac", des "marchands de journaux", des "papeteries", où des cartes postales improbables finissaient leur vie sur des tourniquets grinçants, dans l'attente tout aussi improbable d'un amateur de passage. Elles faisaient partie naturellement du décor, ce qu'elles racontaient reflétaient quelque chose de l'air du temps d'alors et il n'y a que le processus d'uniformisation progressive, à l'œuvre un peu partout, qui les a rendues à leur incongruïté avant de les faire simplement disparaître au gré de la fermeture des petits commerces ou de leur rénovation. Peu de chances aujourd'hui donc de trouver encore de ces cartes au hasard d'une "maison de la presse" devenue "Relay" — un de ces lieux aussi indifférenciables que peuvent l'être les centres commerciaux ou les aéroports —, où les mêmes journaux, les mêmes revues et les mêmes livres sont classés à Pontcharra-sur-Turdine comme ils le sont à Lille ou à Roissy Charles de Gaulle. Il reste les foires aux cartes postales — voire eBay… — mais, autant j'aime dénicher par surprise, autant la quasi-certitude de trouver ôte à mes yeux tout intérêt ou presque à la découverte. Pour filer une métaphore potagère, je fais plutôt de la cueillette et, comme pour les fruits ou les herbes pour lesquels le lieu et la saison importent autant que la chose (à quoi bon des fraises des bois, du basilic ou de la roquette partout et toute l'année ?), une série incomplète oubliée dans une arrière-boutique vaudra toujours mieux pour moi que l'intégrale sous plastique dans un bac bien classé.

Premier lot en partage, en ce jour de Fête des Pères. Déclinaisons appliquées d'une image de la paternité des années 60 et 70, archétypes premier degré aux attributs qui ne passeraient sans doute plus aujourd'hui la barrière juridique de la publication, reflets supposés de vies projetées. On ne sait pas si Papa drague ou cause, mais il boit et il fume. La technique est son amie, il bricole et les photos de vacances, c'est lui. Papa responsable peut avoir l'autorité un peu austère, à l'image de son bureau aux stylos bien rangés (car il a un bureau bien à lui dans la maison ou l'appartement, où il s'isole pour signer des chèques en tirant sur sa bouffarde quand il n'y convoque pas ses enfants trublions pour une mise au point nécessaire). Ou alors Papa seul salaire passe sa semaine sur les routes et, le week-end, il dénoue sa cravate et c'est le sport à la télé, les pieds sur la table basse, cigarettes, whisky et grosses cylindrées. On regarde ces clichés avec amusement et puis on se souvient de soirées diapo, de cravates offertes, de livres aussi. Un jour, on retrouvera un briquet oublié et, en faisant tourner dans nos doigts un bouton de manchette nacré, on se demandera où a bien pu passer le deuxième…
















lundi 13 juin 2011

samedi 11 juin 2011

Entracte


Un peu de lassitude, un peu d'àquoibonisme… Il y aura sûrement d'autres billets, mais la programmation entre à partir d'aujourd'hui en mode indéterminé et apériodique. Merci aux fidèles et @+

jeudi 9 juin 2011

mercredi 8 juin 2011

Parking public

Pékin, avril 1986

mardi 7 juin 2011

lundi 6 juin 2011

dimanche 5 juin 2011

n&b (13)

Grenoble,
19 mai 2011

mardi 31 mai 2011

lundi 30 mai 2011

dimanche 29 mai 2011

samedi 28 mai 2011

vendredi 27 mai 2011

mercredi 25 mai 2011

Chambres d'hôtel (Hors Série 3)

Chambre 206, Grand Hotel Praha,
Prague, 25 mai 2011

Cafés (19)

Grand Café Orient,
Prague, 25 mai 2011

Passantes


Prague, 24 mai 2011

mardi 24 mai 2011

dimanche 22 mai 2011

La vie des livres (12)

Lyon, janvier 2011

Dans le désordre apparent de leurs alignements, de leurs empilements et de leurs juxtapositions, les livres offerts aux étals des bouquinistes ne sont pas là qu'en attente de l'hypothétique nouvelle vie que nous pourrions leur offrir, ils nous parlent aussi de nous. Preuves tangibles du temps qui passe, leurs couvertures instantanément familières nous renvoient à notre jeunesse, à notre enfance, à des temps que l'on réalise brusquement comme étant déjà bien lointains. C'est un Joseph, Noémie, Célestin et autres paysans d'Ardèche (dont la typographie même du titre, de l'American Typewriter qui a pu être insolemment moderne à la une des Libé de la fin des années 70, paraît aujourd'hui étonnamment datée) et les années folk s'invitent avec chemises grand-père, sabots suédois, Malicorne, Malville et Larzac. Juste à côté, hasard ou pas, un peu de Maspero avec Libres enfants de Summerhill dans l'édition — crême et blanche — dont on parlait avec entendement, sans être tout à fait sûrs de l'avoir vraiment lu. Parfois, reconnaissable à l'annotation manuscrite de chacun de ses volumes, c'est un pan entier de bibliothèque qui est proposé, valse de titres dont on se surprend à voir à quel point la cohabitation a priori sans raison (Lodge, Frank, Holder, Cohen, Rolin, Toussaint, …) est semblable à celle de nos propres rayonnages, nous laissant  — passée l'impression confuse qu'on pourrait en avoir été le propriétaire — avec l'interrogation de savoir ce qu'il adviendra des nôtres à l'heure de la dispersion. D'autres fois, c'est l'enfance plus lointaine qui refait surface à l'occasion d'un éclair aussi inattendu que celui qu'un parfum croisé peut faire ressurgir. Le souvenir, brutalement évident, de ces tourniquets sur les trottoirs en devanture de librairie où se côtoyaient ces livres de poche aux formats oubliés dont on retrouve aujourd'hui un exemplaire isolé, "Marabout" parlant de vie pratique, "J'ai Lu" bleus dédiés à la deuxième guerre mondiale (Afrika Korps, renard du désert, procès de Nüremberg, …) dont on pressentait qu'ils devaient contenir de terribles secrets, "J'ai Lu" encore mais rouges et dorés, clinquants comme les autres mystères qu'ils étaient supposés disséquer, soucoupes volantes, civilisations extra-terrestres, trésors perdus. On balaie du regard les tables et les strates de nos vies se mélangent, d'un "Livre de Poche" au cartouche arrondi sur la tranche à trois "Poulpe" (Nazis dans le métro, La petite écuyère a cafté, Boucher double) en passant par La salle de bain qu'on rachète pour que sa fille la découvre en Minuit. Comme dit Mathieu Lindon dans Ce qu'aimer veut dire : "Je ne veux pas de ma vie que des livres mais, quand même, je ne l'imagine pas sans eux".

vendredi 20 mai 2011

Chambres d'hôtel (Hors Série 2)

Chambre 45, Hôtel de l'Europe
Grenoble, 19 mai 2011

jeudi 19 mai 2011

Paysages intermédiaires (31)

Lyon-Gerland, 4 avril 2011

La campagne à la ville… Ouvriers, familiaux, partagés, des jardins survivent et d'autres s'invitent dans l'entre-deux des quartiers qui se redessinent.

mardi 17 mai 2011

29442

Lyon, 17 mai 2011

dimanche 15 mai 2011

Black tie (2)



Philadelphie (PA), 28 avril 2011

samedi 14 mai 2011

Passerelles (48)

 Saint-Georges-de-Didonne,
12 mai 2011
Talmont, 13 mai 2011

vendredi 13 mai 2011

Hors saison

Vacanciel,
Saint-Georges-de-Didonne,
12 mai 2011

lundi 9 mai 2011

dimanche 8 mai 2011

Bigger than life (2)

Philadelphie (PA), 1er mai 2011

mercredi 4 mai 2011

Paysages intermédiaires (30)

Philadelphie (PA), 1er mai 2011

Juste en face, le Penndot Driver License Center et son parking d'entraînement. En prenant à droite, c'est la Tasker St qui rejoint Columbus Blvd. Juste derrière, les pompes de la station Xpress Gas, flanquée sur le côté de boxes où des jeunes gens, costauds et bling-bling, lavent et astiquent avec amour leurs BMW décapotables. En se tournant vers la gauche, la Tasker St traverse South Water St et passe sous la Route 95 — qui relie Phila Int'l Airport au centre — avant de s'enfoncer dans les quartiers sud. Au-dessus, le panneau publicitaire grand grand format vante les mérites du café servi au Wasa du mini centre commercial tout proche.

mardi 3 mai 2011

Chambres d'hôtel (Hors Série 1)

Travelers Rest Motel,
Intercourse (PA), 1er mai 2011

Le Travelers Rest Motel d'Intercourse (qui eût cru qu'une pieuse communauté puisse prendre un nom pareil ?) aligne méticuleusement ses 40 chambres au cœur du pays Amish. Devant chacune, deux fauteuils de jardin en plastique blanc, tous identiquement et parfaitement disposés. Au matin, l'un de ceux de mes voisins est occupé par un homme aux cheveux gris qui me salue fort civilement, levant lentement les yeux du livre dans lequel il était plongé — sans doute une Bible à en juger par l'épaisseur du volume aux caractères minuscules et sa couverture de cuir à fermeture éclair. Au buffet du petit-déjeuner, la clientèle est uniformément âgée, l'ambiance silencieusement empesée. Check-out obséquieux, la politesse est viscéralement reine. On sent à des petits riens que la fermeté aussi (c'est la première fois que j'ai dû signer, en arrivant, un engagement sur l'honneur à ne pas fumer dans la chambre non-fumeur qui m'était attribuée). Fin sans prolongation de cette "one night experience in Intercourse (PA)", direction Philadelphie.

lundi 2 mai 2011

Before hours

Lancaster (PA), 30 avril 2011

dimanche 1 mai 2011

Le long de la 222

Kutztown (PA), 30 avril 2011

D'acier

Bethlehem (PA),
30 avril 2011